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Etats-Unis: Le long combat des Indiens d'Amérique contre le racisme

Les Etats-Unis continuent encore aujourd'hui à lutter contre les deux fléaux que sont le racisme et la discrimination. Les Amérindiens du nord sont tout particulièrement touchés par ceux-ci, comme c'était déjà le cas par le passé. Selon le dernier recensement mené en l'an 2000, près de 2,5 millions d'Amérindiens du nord vivent aux Etats-Unis d'Amérique (soit 0.87% de la population totale du pays) [en anglais], mais ils sont oubliés ou invisibles pour la grande majorité des Américains.

Sur son blog Stuff white people do (les choses que font les Blancs), macon d reprend des extraits d'un ouvrage publié en 2006,  Revealing Whiteness: The Unconscious Habits of Racial Privilege (Révélation de l'identité blanche: Les pratiques inconscientes liées au privilège racial) par le professeur de philosophie, Shannon Sullivan [en anglais]. Ces extraits ont pour but de mettre en évidence les justifications qui ont cours actuellement aux Etats-Unis concernant la propriété des terres dont les Amérindiens ont été expropriés par le passé, mais aussi l'appropriation des populations indigènes elles-mêmes.

Les Amérindiens du nord étaient et sont encore généralement considérés comme des possessions de l'Amérique blanche, dont elle fait ce qu'elle veut. Cependant cette “façon d'appréhender” les Amérindiens relève plus de l'inconscient que du conscient de l'Amérique blanche.  Les pratiques de possession des Indiens d'Amérique du nord par les Blancs n'ont généralement pas disparu; il n'y a guère que leur mode d'expression qui ait changé.  Au lieu d'une démarche consciente de conquête d'un élément sauvage, il s'agit en fait d'une tendance qu'ont les Américains d'origine européenne à s'approprier les Indiens (et plus spécifiquement leur traditions et rituels religieux) tels des objets exotiques en vue d'une utilisation à des fins matérielles, de plaisir ou de consommation.

Ce billet a entraîné des dizaines de commentaires, allant de l'indignation contre le “génocide” contre les Indiens d’ Amérique du nord au “racisme silencieux” de ceux qui ne se perçoivent pas comme étant racistes. Ce dernier élément devient, selon le professeur de sociologie Barbara Trepagnier, auteure de l'ouvrage, Silent Racism How Well-Meaning White People Perpetuate the Racial Divide (le Racisme silencieux ou comment des Blancs bien-intentionnés perpétuent la division raciale) [en anglais], “un facteur central de la création d'un racisme institutionnalisé” et l'une des pièces du processus social conduisant à la réalité raciale actuelle aux Etats-Unis.

L'un des commentaires du billet mentionné ci-dessus [en anglais], provient de Brother of another color, qui écrit:

Les Amérindiens du nord ont clairement été exploités. Ils ont succombé aux maladies, aux balles des fusils et à bien pire. Ils ont accueilli les pionniers en toute amitié et ont été submergés par la vague des Européens qui venaient s'installer. Mais vous savez quoi? Lorsqu'un groupe ethnique est moins développé qu'un autre, il est dominé, c'est aussi simple que ça; et ce, surtout à l'époque des grandes explorations. Je ne dis pas que la méthode était bonne, mais à l'époque, les Amérindiens étaient inférieurs et ils se trouvaient tout simplement sur la route de ceux qui voulaient s'établir là.…
Le fait que ceux qui les ont expropriés de leurs terres étaient blancs ne change rien à la situation. Le résultat final aurait été le même s'agissant des Chinois ou d'une quelconque autre puissante nation dont les projets auraient été l'expansion: l'assimilation.

Dans un autre commentaire, Simon L'nu répond ainsi:

Au fait, je suis amérindienne, mais avec moins de mélanine dans la peau que certains de mes cousins et je peux témoigner du privilège d'être blanc, du colonialisme intériorisé et d'autres situations concrètes liées à ce racisme stupide. On me traite différemment lorsque les gens se rendent compte/découvrent que je suis amérindienne ; peu m'importe qu'on me traite mieux ou plus mal, c'est le fait d'être traité différemment qui est nul, j'assiste à des scènes où mes amis sont traités comme des rien du tout à cause de leurs origines. C'est affreux. Nous sommes tous des êtres humains et si vous me traitez avec respect, vous pourrez attendre de même en retour. Par contre, si vous vous montrez irrespectueux, ne vous étonnez pas que je vous batte froid ou pire.

Zelkova, commente à son tour en disant:

Beaucoup des arguments évoqués ici semblent présenter une vision déformée de l’ “évolution sociale”, où les cultures dites inférieures sont forcément dominées par celles dites plus avancées. Ceci n'est autre que du Darwinisme social et du racisme (sans compter le fait que cette théorie sociale soit rejetée par les sociologues parce que considérée comme non valable).

Dans la même veine, Kate qui appartient à un groupe de 3 blogueuses dénommé Irene's Daughters (les filles d'Irène) [en anglais], dont le but principal est de discuter ouvertement des questions de relations raciales, s'intéresse à une pratique courante dans les écoles et les sports d'équipe. Il s'agit du détournement abusif des noms, images culturelles et des symboles des Amérindiens, comme c'est le cas avec les mascottes. Dans son billet intitulé, “Racist Mascots” [en anglais], elle explique que:

La culture américaine déborde d'un méli-mélo de portraits ambigus, humiliants et injurieux des Indiens d'Amérique du nord et parmi eux, les mascottes des équipes sportives sont les pires… Ces écoles, leurs équipes sportives et leurs fans (sans compter les médias et les publicitaires) manquent de respect aux Amérindiens en tant qu'êtres vivants, capables de se définir ainsi que de se déterminer par eux-mêmes. Même lorsqu'ils n'utilisent pas des épithètes répugnants comme “peaux-rouges”, ils réifient et déshumanisent les Amérindiens. Ils s'approprient et exploitent des images culturelles et souvent sacrées pour leur propre plaisir et diffusent et perpétuent aussi des stéréotypes vides de sens et humiliants. Ceux-ci souillent l'image qu'ont les autres des Amérindiens mais aussi celles qu'ont les Amérindiens, d'eux-mêmes. (Des études ont montré que les mascottes amérindiennes causent beaucoup de dégâts dans l'estime que les enfants amérindiens ont d'eux-mêmes.)

Kate y a inclus aussi un lien vers une vidéo intitulée avec pertinence “I am not a mascot” [en anglais], où plusieurs Amérindiens expriment leurs inquiétudes et leur opposition devant l'utilisation de l'imagerie amérindienne dans les événements sportifs.

Cette vidéo de 3 minutes, parue sous différents formats, est une autre preuve de la tendance croissante dans les communautés amérindiennes à utiliser les médias citoyens afin de lutter contre le racisme et les stéréotypes. De la même manière que les communautés autochtones ailleurs utilisent de plus en plus les TIC (technologies de l'information et de la communication) afin de diffuser le savoir autochtone [en anglais] et éduquer le monde au sujet des traditions et de l'histoire.

On trouve une grand nombre de vidéos auto-produites par les Amérindiens sur le racisme aux Etats-Unis sur la plateforme d'échange YouTube. La vidéo suivante, “Racism against Native Americans” (le racisme contre les Amérindiens) produite par Red Road Awareness [en anglais], propose une vue d'ensemble sommaire de la situation tout en mettant en lumière la problématique du racisme dans les émissions de radio américaines (comme dans le cas de commentaires gênants venant d'un animateur du Kentucky et diffusés à l'antenne.)

La plus regardée des vidéos mises en ligne sur YouTube, créée en 1994, est intitulée “Racism the way we see it” (le racisme tel que nous le voyons) [en anglais]. Elle présente l'expérience des jeunes Indiens avec le racisme dans leurs propres communautés et dans leurs relations quotidiennes avec la société extérieure.

2 commentaires

  • Lydie

    Bonjour à vous,
    Comment puis je être en contact direct avec les amérindiens ? je n’arrive pas à trouver les sources, c’est très important pour moi, Merci de m’éclairer
    Lydie

    • Olivier

      LES ? lesquels ? Selon quel critère ? De quels pays, Canada, USA, autre ? Les gens ou les représentants ?

      Il ne s’agit pas d’un pays ou d’un peuple mais d’une multitude.

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