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Brésil: Entre démocratie et doutes

Depuis le Forum social mondial de Belém en janvier, où les médias alternatifs avaient été loués pour avoir mis en avant une information progressiste et pluraliste, les initiatives indépendantes en ligne ont été florissantes au Brésil. A côté des médias communautaires bien établis, l’Independent Media Center (le Centre des médias indépendants) a des collectifs basés dans toutes les plus grandes villes brésiliennes, le Web 2.0 abrite un nombre incalculable de blogs, de sites web d'information alternative, des forums, des interfaces et le cyberactivisme [en portugais, comme les autres liens de cebillet, sauf mention contraire], est en train de se développer rapidement.

Ces exemples se sont renforcés à travers des rencontres au niveau des villes et des Etats avec les organisations de la société civile et des institutions académiques pour la préparation  de la première Conférence nationale sur la communication au Brésil en décembre. Intitulé: “Un moyen de renforcer les droits et la citoyenneté à l'ère digitale”, elle marque la toute première étape dans la démocratisation du système d information au Brésil.

Mais bien que les secteurs alternatifs témoignent de tendances démocratiques, les médias brésiliens sont notoirement caractérisés par une forte concentration dans les mains de moins de dix familles [en anglais. Il n'est, donc, pas surprenant que les protagonistes de cette lutte pour la démocratisation des médias aient de nombreuses propositions à faire, y compris le renforcement du service audiovisuel public, un meilleur réglage  du cadre réglementaire évasif en élargissant le programme de l'ancien Ministre de la culture Gilberto Gil d'inclusion numérique et en investissant plus dans les secteurs alternatifs et communautaires.

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La blogosphère est partagée sur quelle proposition est la plus importante. De nombreux blogs féministes, par exemple, nous rappellent que la règlementation, la surveillance et la révision de la législation sur les médias sont tous des points fondamentaux. Ils pourraient aussi rentrer dans le cadre du contrôle social, ce qui, pour la blogueuse Alessandra Terribili,

“É garantir que eles não podem dizer o que querem, reforçar esteriótipos, legitimar preconceitos, seduzir pelo consumo, informar pela metade, esconder uma parte… não podem fazer isso impunemente.”

“est l'assurance qu'elles [les entreprises privées qui financent les organisations médiatiques] ne puissent pas dire ce qu'elles veulent, renforcer les stéréotypes, légitimer les préjugés, séduire les consommateurs par des rapports complaisants, qui cachent une partie de la réalité… qu’ elles ne puissent pas le faire impunément.”

Mais pour le site cyberactiviste Trezentos, l'inclusion numérique reste d'une grande importance. Leurs propositions vont au-delà de l'expansion des infrastructures pour la bande large et la connectivité à travers tout le Brésil pour souligner les droits numériques des citoyens:

“Todos os brasileiros têm o direito ao acesso à Internet sem distinção de renda, classe, credo, raça, cor, opção sexual, sem discriminação física ou cultural […] Todo cidadão tem direito de acessar informações públicas em sites da Internet sem discriminação de sistema operacional, navegador ou plataforma computacional utilizada. Toda pessoa tem o direito a escrever em blogs e participar de redes sociais com seu nome, com codinome ou anonimamente.”

Tous les Brésiliens ont le droit d'accéder à Internet indépendamment de leurs revenus, de leur classe, de leur croyance, de leur race, de leur couleur, de leur orientation sexuelle, sans discrimination physique ni culturelle […] Chaque citoyen a le droit d'accéder à l'information publique sur les sites Internet indépendamment du système d'exploitation, du logiciel de navigation ou de la plateforme numérique utilisés. Chacun a le droit d'écrire sur des blogs et les réseaux sociaux avec son nom et son code ou anonymement.”

Dans quelle mesure ces propositions vont se traduire dans la réalité, considérant les élections présidentielles de 2010, cela continue à faire débat. En outre, l'information n'est pas généralement reconnue parmi les droits de l'homme et des moyens alternatifs sont rarement mobilisés. L'inclusion numérique graduelle du Brésil avec 34 pour cent du pays ayant accès à Internet, dont seulement 5 pour cent qui bénéficient de la bande large, contraste notablement avec les 98 pour cent de la population qui regardent la télévision. Cependant le combat contre l'hégémonie et pour la démocratisation de l'information est, à la fin, éclipsé par le monopole des moyens d'information traditionnel.

Tandis que la conférence pourrait voir une plus grande participation publique dans l'élaboration des politiques et les acteurs des médias participatifs et de la société civile jouer un rôle commun plus actif, tant les médias brésiliens que la démocratie sont fragiles et en devenir. Mais c'est essentiel qu'ils se renforcent mutuellement : pour le blogueur Pablo Pedroso .

“Parte do esforço para a profunda transformação socioeconômica do Brasil, passa pela democratização dos meios de comunicação.”

“Une partie des efforts pour une transformation socio-économique du Brésil consiste en la démocratisation des médias.”

La Conférence n'est donc qu'un premier pas sur le long chemin que le Brésil doit parcourir dans son développement démocratique. Nous devons seulement attendre pour voir comment des technologies convergentes vont conduire à des intérêts convergents.

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