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Hongrie-Serbie : Tragédie à la frontière

Le week-end dernier, plusieurs médias hongrois et serbes ont cité un quotidien de Pristina [en anglais], Koha Ditore (en albanais), comme ayant une information précise sur un cas de franchissement illégal de la frontière ayant eu lieu au début du mois. Un site web hongrois basé en Serbie, Magyar Szó (en hongrois), a écrit, d'après Koha Ditore, que Ismet R., suspecté d'avoir fait passer illégalement un groupe d'Albanais du Kosovo, a été arrêté à Kosovska Mitrovica. La plupart des reportages ont mentionné que 15 personnes se sont noyées dans la rivière Tisza en essayant de traverser la frontière, mais le seul adulte survivant, M. Agron Rama, a admis que le groupe se composait de 19 personnes (en serbe, en anglais).

D'après l'un des premiers reportages (en hongrois), publié par un site d'informations du Sud de la Hongrie, Délmagyar.hu (en hongrois), 15 immigrants illégaux ont disparu dans la Tisza à la frontière hungaro-serbe, un membre du groupe qui a essayé de traverser la rivière, père d'un garçon de 2 ans et d'une fille de 3 ans, est celui qui a appelé la police à partir d'une cabine téléphonique publique dans le village frontalier de Röszke, le 15 octobre à l'aube.
Nagyobb térképre váltás

Csaba Bálint, un blogueur sur Serbia Insajd (en hongrois), a analysé l'affaire, en se basant sur l'article de Délmagyar.hu, et a proposé de commencer une enquête personnelle sur les relations entre la Hongrie et le Kosovo:

[…] Enfant, enfant, au secours!

C'est ce que l'Albanais kosovar, dont les enfants ont failli mourir de froid sur les rives de la Tisza, répétait, la nuit où il a essayé de fuir vers l'Union Européenne. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, je vais la raconter en quelques mots. […]

A en croire l'énergumène, il devait payer le passeur un bon prix, c'est une profession en vogue là-bas, et vaille que vaille, il serait entré dans le nouveau monde à Szeged. Il n'avait pas réalisé qu'une pluie froide tomberait sur ses enfants pendant la nuit, qu'ils seraient épuisés par la marche à pied dans la forêt accidentée. Quand notre homme a vu l'étendue des difficultés, il a laissé les enfants derrière lui sous la pluie d'octobre, et il est allé chercher du secours. […]

Les enfants respiraient à peine quand ils les ont retrouvés. Un, âgé de 2 ans, l'autre de 3, je le rappelle. Ils étaient complètement trempés et transis. Un des enfants du clandestin était tombé dans le coma, mais son état s'est amélioré depuis. Ils s'en sont sortis vivants, mais l'histoire est triste. Elle est triste et pousse à la réflexion. Elle soulève au moins quelques questions.

Pour quelles raisons des centaines de citoyens indépendants et libres s'enfuient-ils de la république indépendante et libre du Kosovo ? Ce n'est probablement pas facile de vivre dans une “démocratie” bâtie sur la délinquance ? Citez un autre pays indépendant d'Europe d'où des dizaines d'hommes libres s'enfuient illégalement chaque semaine ! Probablement, les Etats qui poussaient à la reconnaissance de la Colombie des Balkans, ne travaillent plus tellement pour faire de ce pays un pays ? Si un homme âgé de 29 ans avec deux enfants en bas âge se lance dans la forêt pendant la nuit au milieu du mois d'octobre, alors je dois dire : non.

Dans le prochain épisode, nous allons voir ce que la Hongrie, la grande amie européenne du Kosovo, a fait pour que les personnes qui vivent la-bas ne fuient pas à l'Ouest. […]

Balkan Insight rapporte [en anglais] qu'une enquête a été initiée par la police de la Mission européenne pour l'état de droit au Kosovo, EULEX [en anglais], et les autorités hongroises. D'après le site web, les groupes de familles de migrants doivent payer 6 000 à 8 000 € pour entrer [clandestinement] en Hongrie. Contrairement aux médias qui se réfèrent à Koha Ditore, le site Balkan Insight souligne qu'aucune arrestation n'a encore été opérée.

Lundi, Magyar Szó rapporte (en hongrois) que le corps d'un homme a été retrouvé sur la rive hongroise de la rivière Tisza et ceux de deux femmes sur la rive serbe. L'une d'elle a été identifiée comme étant la femme de M. Agron Rama, la mère de ses enfants.

Un officier de l'immigration hongroise, M. Gábor Nagy, a lui aussi fait un commentaire (en hongrois) sur cette affaire dans son blog et il dénote la même incompréhension sur la fuite si désespérée des Albanais du Kosovo:

[…] Naturellement dans des cas similaires, on peut toujours se demander si les parents sont si imprudents au point de partir avec des bébés pour le “grand monde” ou bien si les conditions sont tellement horribles au Kosovo ? Il faut, cependant, souligner que personne n'est après eux au Kosovo, depuis qu'ils ont “accédé à l'indépendance.” Au moins sur le papier. On ne doit pas non plus oublier que ces personnes sont aussi aidés par des trafiquants d'êtres humains pour des euros sonnants et trébuchants. Mais si nous considérons que ce n'est même pas en Hongrie qu'ils veulent venir, alors j'ai une position négative sur cette situation, moi aussi.

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