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Inde : Des paysannes agissent contre le changement climatique

En Inde, un groupe de femmes a fait la preuve que, malgré l'inégalité qui existe entre les sexes et leur condition économique inférieure, elles peuvent devenir une ressource importante pour s'attaquer au changement climatique et réduire les émissions qui le provoquent.

En Inde, les populations les plus vulnérables au changement climatique — les communautés appauvries et les femmes — sont les premières à en pâtir, et le plus fortement. Par exemple, le blog d'Oxfam India commente l’impact dévastateur de la sécheresse sur les paysans, et les conséquences directes sur les femmes et les enfants [tous les liens sont en anglais].

Ces 12 dernières années, près de 50 paysans se sont suicidés chaque année, dont un dixième de paysannes. (…) Les paysans ont commencé à migrer en nombres croissants vers les villes à la recherche de nourriture. Et la situation est devenue scandaleuse lorsque le trafic de femmes et d'enfants a proliféré dans le district.

Etre femme, un facteur de vulnérabilité au changement climatique

On estime que les femmes produisent plus de 50% de la totalité des aliments dans le monde. En Inde, ce sont plus de 84% de femmes qui participent aux activités agricoles, et par conséquent elles deviennent les principales victimes des impacts du changement climatique. A cela s'ajoute que l'inégalité entre sexes les rend proportionnellement plus vulnérables aux détériorations de l'environnement. La blogueuse Pricilla Stuckey, qui est titulaire d'un doctorat, explique sur le blog This Lively Earth que les femmes sont davantage affectées par le changement climatique :

La discrimination contre les femmes joue aussi un rôle énorme sur la manière dont les femmes vivent les effets du changement climatique. En Inde, par exemple, où les femmes ont vu les rendements de leurs récoltes divisés par deux et la qualité du grain diminuer à cause des modifications climatiques, la santé des femmes est abîmée par la double malédiction des récoltes moindres et de l'inégalité.

Sita Debi, une paysanne, en est un exemple. “Quand il n'y a pas de pluie, nous autres femmes devons travailler vraiment dur dans les champs pour essayer de faire pousser des récoltes. Notre nutrition en souffre aussi, car nous sommes les dernières à manger à la table familiale. Beaucoup d'entre nous sont par conséquent anémiques,” dit-elle dans la vidéo filmée et mise en ligne sur le blog Find Your Feet. D'autres paysannes apparaissent dans cette vidéo et expliquent à quel point le changement climatique a fait empirer leur vie.

Quand les femmes contre-attaquent

Les femmes indiennes ne se contentent pas d'attendre les bras croisés que le changement climatique s'abatte sur elles. Elles contre-attaquent aussi. Comme on le voit dans la deuxième moitié de la vidéo, les femmes développent des voies innovantes pour s'adapter et contribuer à empêcher le réchauffement climatique.

Comme l'explique cet article d'Inter Press Service :

L'agriculture est responsable d'au moins 20 % des émissions de gaz à effet de serre de l'Inde, surtout des émissions de méthane par les rizières et le bétail, et d'oxydes d'ammoniac des engrais. Selon le rapport 2007 du Comité intergouvernemental des Nations Unies sur le changement climatique (IPCC), le régime pluviométrique de l'Inde va se modifier de façon disproportionnée, avec des pluies intenses concentrées sur un plus petit nombre de jours, ce qui entraînera directement la confusion dans le scénario agricole.

Un autre exemple de femmes prenant en mains la lutte contre le changement climatique se met en place dans le village de Bidakanne, où les femmes développent des cultures comme les graines de lin, les pois verts et pois chiches, le blé et autres légumineuses entre les rangées de tournesols, tout cela sans apport d'eau et de produits chimiques comme les pesticides.

Ce type d'activité agricole est particulièrement bénéfique pour les dalit ou femmes intouchables, qui constituent l'échelon le plus bas du système de castes de l'Inde. Grâce à cette méthode, les femmes des quelque 75 villages du district de Medak peuvent désormais s'associer pour vendre leurs récoltes, aussi bien que pour collecter les produits en surplus pour les plus pauvres. Outre l'usage de pratiques réduisant les émissions et les polluants nocifs, ce type d'activité aide aussi à réduire la pauvreté.

L'autorité et les efforts de ces femmes indiennes ne sont pas passés inaperçus chez les internautes. Shiba Prosad Bhattacharyya commente sur le site India Together :

Merci pour votre chronique montrant que les femmes qui y sont présentées devraient être données en exemple au monde. (…) L'alimentation est un droit humain, et non une matière première sur laquelle spéculent des professionnels. La Nature ne fonctionne pas comme le conseil d'administration d'une entreprise. Le profit des entreprises n'amènera rien d'autre que plus de crise alimentaire. Je transmets par votre intermédiaire tous mes respects à ces femmes de tête qui ont démontré sans effets négatifs sur l'environnement, la santé publique & et les familles paysannes, que la production alimentaire peut rapporter, être durable et nous nourrir tous.

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