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Brésil : Les Lulus mènent la campagne contre les violences faites aux femmes

contraviolencia3Le badge de LuluzinhaCamp: ‘Luluzinhas’ pour la fin de la violence contre les femmes”.

Le 25 novembre était la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes. Après la publication d'une série de billets consacrés à ce sujet sur Global Voices Online pour participer à la prise de conscience et soutenir cette cause, nous allons voir dans ce billet les opinions de quelques blogueurs et blogueuses brésiliens sur les droits des femmes.

La célèbre blogueuse brésilienne Lúcia Freitas [en portugais, comme toutes les autres citations] y contribue en publiant un appel aux blogueurs pour soutenir la campagne contre la violence sur le blog LuluzinhaCamp, un blog collectif de femmes, inspirées par la bande dessinée Little Lulu :

Chamada geral! Entre 25 de novembro e 10 de dezembro estamos convocando para a luta pelo fim da violência contra as mulheres. Vamos fazer posts, twittar, fotografar e lembrar que mulheres são seres humanos e merecem respeito – aliás, todo mundo merece…

Appel général!!! Du 25 novembre au 10 décembre, nous vous invitons à vous joindre à nous dans la lutte pour mettre fin à la violence contre les femmes. Nous allons écrire des billets, publier des messages sur Twitter, faire des photos et rappeler que les femmes sont des êtres humains qui méritent le respect – à propos, tout le monde le mérite…
"Lulus againts violence". Photo by Gabi Butcher©, used under a Creative Commons license“Les Lulus contre la violence”. Photo de Gabi Butcher©, utilisée avec autorisation sous licence Creative Commons

Srta. Bia a entendu l'appel et joint sa voix à la campagne LuluzinhaCamp en  écrivant :

No Brasil uma mulher é agredida a cada 15 segundos. Na maioria das vezes o agressor é o parceiro, um familiar ou uma pessoa próxima. Desde pequenas, meninas sofrem com violência e discriminação. Organizações em defesa dos direitos da mulher lutam para eliminar as brechas e anacronismos nas leis, porém as mudanças precisam reverberar na sociedade, na maneira como a mulher é vista.

Une femme est agressée toutes les 15 secondes au Brésil. Le plus souvent, l'agresseur est son conjoint, un parent ou une personne proche. Depuis l'enfance, les filles subissent la violence et la discrimination. Des organisations de défense des droits des femmes luttent pour l'élimination des lacunes et des anachronismes juridiques, mais des changements sont nécessaires dans la manière dont la société considère la femme.

Elle continue :

É por liberdade que as Irmãs Mirabal lutaram, é por liberdade que lutamos a cada dia. Liberdade de ser a mulher que eu quiser, a mulher politizada ou não, a mulher que tem filhos ou não, a mulher que faz um aborto ou não, a mulher depilada ou não, a mulher que faz sexo com quem quiser ou não, mas acima de tudo a mulher que deve ser respeitada e que de maneira alguma pode sofrer nenhum tipo de violência, seja ela física ou psicológica, apenas por ser mulher. Nada justifica a violência contra ninguém.

La liberté est ce pourquoi ont combattu les sœurs Mirabal ; la liberté est ce pourquoi nous luttons chaque jour. La liberté d'être la femme que je veux être, une femme politisée ou non,une femme qui a des enfants ou pas, une femme qui avorte ou non, une femme qui se rase ou non, une femme qui a des relations sexuelles avec qui elle veut ou non, mais par dessus tout, une femme qui doit être respectée et qui ne veut subir aucune forme de violence d'aucune sorte, que ce soit de la violence physique ou psychologique, juste  parce qu'elle est une femme. Rien ne justifie la violence contre quiconque.
"Do your bit". Photo by Gabi Butcher©, used under a Creative Commons license“Participez ! Prenez part !”. Photo de Gabi Butcher©, utilisée sous licence Creative Commons.

Le débat sur la violence contre la femme est un sujet brûlant au Brésil. Tout récemment, un fait-divers impliquant une étudiante de l'Université de Bandeirantes dans l'état de São Paulo a été évoqué sur plusieurs billets de blogs , car il illustre les préjugés de la société à l'égard du corps féminin. Dans ce cas précis, une étudiante en tourisme, Geisy Arruda, portait une robe courte de couleur rose pour aller en classe. Son histoire, cependant, est allée bien au-delà de comment s'habille une jeune fille de 20 ans : Geisy a fini par attirer l'attention de plusieurs étudiants, qui considéraient ses vêtements comme provocateurs. Des centaines d'étudiants ont alors commencé à la ridiculiser et l'injurier, la menaçant de l'agresser le jour même.

Geisy Arruda a fini par être renvoyée de l'université, sous prétexte que son comportement provocateur n'était pas compatible avec le règlement de l'institution. Mais quand la presse internationale s'est emparé de l'affaire, Geisy est devenue une célébrité à la télévision brésilienne et sur Internet.  L'université a fini par accepter sa réintégration. A ce jour, les étudiants qui l'ont harcelée n'ont pas été sanctionnés. Denise Arcoverde, du site Síndrome de Estocolmo [Syndrome de Stockholm] a parlé de son cas sur son blog. Elle a écrit, en particulier :

Nesse outro vídeo, a imagem da moça saindo escoltada pela polícia.  Fiquei tão passada com a história que me deu uma taquicardia, de raiva. Eu já vi muito machismo, muita cretinice, mas nada com essa violência. Foi um estupro emocional, que não deve ficar por isso mesmo.

Como discutimos no Twitter, a faculdade paulista UNIBAN não é culpada pela atitude canalha dos estudantes, mas é responsável por não ter controlado a situação e ainda deixar a menina ser humilhada ao sair, escoltada pela polícia. Se fosse minha filha, processaria e exigiria milhões de indenização por danos morais.

Sur cette vidéo, la jeune fille est escortée par la police. Je suis si choquée par cette histoire que j'ai des palpitations de rage. J'ai vu beaucoup de sexisme et d'idioties, mais rien de semblable à cette violence. C'était une violence émotionnelle, qui ne peut rester impunie. Nous soutenons par nos messages sur Twitter que l'université de Bandeirantes n'est pas responsable du comportement condamnable de ses étudiants, mais qu'elle est responsable de n'avoir pas contrôlé la situation et d'avoir permis l'humiliation de la jeune fille, quand elle a quitté les lieux sous escorte policière. Si c'était ma fille, j'aurais porté plainte contre l'université et demandé des millions en dommages et intérêts.
"Those who are free fear not being ridiculous". Photo by Gabi Butcher©, used under a Creative Commons license“Qui est libre ne craint pas le ridicule”. Photo de Gabi Butcher©, utilisée sous licence Creative Commons

Le blog Corpos em Revolta [Corps en révolte] décrit les différents types de violence infligés aux femmes et demande aux lecteurs de s'engager dans la lutte :

Acreditando que a idéia de feminilidade e o ideal de beleza são conceitos socialmente construídos e ferramentas de controle, o Coletivo Antissexista Corpos em Revolta mostra seu repúdio, nesse dia Internacional da Eliminação da Violência Contra a Mulher, a todas as formas de misoginia, machismo, sexismo, homofobia, e racismo, que vitimizam e inferiorizam as mulheres.

Bien que nous pensions que l'idée de la féminité, de l'idéal de beauté, soient des concepts et des moyens de contrôle, le Collectif anti sexiste des corps en révolte réitère sa répudiation de la misogynie, du chauvinisme, du sexisme, de l'homophobie et du racisme qui frappent et dénigrent les femmes, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence contre les femmes sous toutes ses formes.
Les auteurs ajoutaient une information sur  la manifestation prévue le dimanche 29 novembre :

Não acreditamos em padrões de feminilidade nem aceitamos padrões estéticos! Somos a favor da diversidade de corpos e de personalidades, da subversão dos valores sexistas que controlam nossas relações! Propomos uma sociedade onde não haja distinções de gênero, cor, etnia, sexualidade ou qualquer outra forma de inequidade sustentada pela sociedade de mercado!

Para marcar essa data, o Corpos em Revolta fará um ato simbólico no Parque Redenção no domingo, dia 29 de novembro, às 15 horas. Traga sua revolta e participe!

Nous ne croyons pas aux canons de la féminité ni n'acceptons les standards de l'esthétisme ! Nous sommes pour la diversité des corps et des personnalités, pour la subversion des valeurs sexistes qui régissent nos relations ! Nous proposons une société dans laquelle il n'y ait pas de discrimination sexuelle, de couleur, d'ethnicité, de sexualité et de toute autre forme d'inégalité proposée par la société de consommation ! Pour célébrer cette date, le Collectif Corps en révolte accomplira un acte symbolique dans le Parc de la Rédemption, le dimanche 29 novembre, à 15 heures. Amenez votre colère et prenez-y part !

Enfin, nous avons trouvé le message suivant sur le blog de l’Instituto Humanitas Unisinos :

Mulheres vem sofrendo a violência dos homens presentes em suas vidas (companheiros, pais, irmãos, filhos) há alguns séculos, e cotidianamente, muitas vezes em silêncio e culpadas por acontecer, ou muitas vezes sem saber reconhecer como uma violência e especialmente contra elas, por serem mulheres. Só recentemente e nos últimos anos, a agressividade social e individual contra nós está sendo nomeada e combatida, com o avanço dos movimentos sociais, feministas e de mulheres, muita coisa avançou no sentido de reconhecer como uma forma específica de privação dos direitos ao exercício da cidadania.

Les femmes ont subi la violence  des hommes qui les entourent (conjoints, pères, frères et fils) pendant des siècles, de façon quotidienne ; elles gardent dans beaucoup de cas le silence et se sentent coupables de ce qui leur arrive ; ou encore, elles ne réalisent pas que c'est de la violence, et en particulier contre elles, parce qu'elles sont des femmes. Récemment, depuis ces dernières années, les agressions sociales ou individuelles contre nous [les femmes] sont dénoncées et combattues ; avec l'affirmation des mouvements féministes, sociaux et des femmes, il y a eu une reconnaissance beaucoup plus grande de cette situation, comme un moyen pour empêcher les empêcher de jouir pleinement de leurs droits de citoyennes.
Photo Foto por Gabi Butcher©, at Luluzinha CampPhoto Foto de Gabi Butcher©, Luluzinha Camp, utilisée avec permission sous licence Creative Commons

Les photos qui illustrent cet article ont été prises lors de la rencontre Luluzinha Camp à São Paulo le 22 Novembre dernier. Voir  la galerie de photos prises par Gabi Butcher, du blog DiaPositivo Fotografia. Et Bonne année 2010!

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