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Australie : Des élections 2010 sous le signe du réchauffement climatique

La quinzaine précédant le sommet de Copenhague a été marquée par une bagarre entre adversaires à contre-emploi dans la politique climatique australienne. Le projet de loi du gouvernement travailliste Rudd sur le Marché des quotas d'émissions (ETS) a été amendé après des négociations avec les conservateurs de la Coalition Libérale Nationale, avant d'être mis en échec par cette dernière au Sénat. Le Parti Libéral a désavoué son chef Malcolm Turnbull et rejeté sa propre proposition. Le nouveau chef de l'opposition Tony Abbott a centré sa direction sur une stratégie de scepticisme climatique.

Les Libéraux ont été tournés en dérision dans une grande partie des médias traditionnels. Le journaliste économique Michael Pascoe n'y est pas allé de main morte dans son appréciation de la nouvelle ligne politique :

Les limbes (au sens religieux, et non la danse limbo) de la politique australienne du carbone vont faire carburer des quantités de stratèges d'entreprises au long des chaleurs de l'été, qui se demanderont quand et comment une coïncidence ou une politique pourrait être en leur faveur.

Ce sera toutefois d'autant plus dur du fait de l'incertitude sur la direction prise par Tony Abbott. Apparemment le Parti Libéral fédéral met en scène son spectacle de Noël, une nouvelle interprétation du grand classique australien, le Pudding Magique.

Dans cette version, Tony part à la quête du Pudding Magique de Carbone – une manière indolore de réduire les émissions de CO2.

Alors que les habitants du monde réel croient généralement qu'un pays riche ne peut être sevré de l'énergie sale et bon marché qu'avec un régime de carottes et de bâton, Tony a promis de trouver le Pudding Magique de Carbone avant la fin de l'été. Ce pudding semble être dépourvu de bâton, autrement dit l'empreinte carbone de l'Australie peut être réduite sans que cela coûte rien. C'est vraiment incroyable.

En quête du Pudding Magique de Carbone

Néanmoins, les Libéraux ont survécu indemnes ce week-end à deux élections partielles. Le parti Travailliste au pouvoir n'a pas présenté de candidats dans les circonscriptions solidement tenues par les conservateurs. Il revenait aux Verts de disputer le résultat mais ils n'ont guère eu d'impact sur le vote Libéral.

Certains y voient une approbation pour Tony Abbott et sa nouvelle politique intransigeante sur le climat. Graham Young, rédacteur en chef de Online Opinion , blogue sur Ambit Gambit. En tant qu'affilié au parti Libéral il a souvent été déphasé par rapport à la direction. Dans cette occasion son scepticisme se rapproche de celui du nouveau chef et Graham a été prompt à explorer les conséquences des victoires aux élections partielles :

Le réchauffement climatique d'origine humaine (AGW) et le marché des quotas d'émission (ETS) seront réexaminés de près vu qu'il est devenu évident qu'un grand nombre d'électeurs ne les considèrent plus automatiquement comme des raisons de voter pour le gouvernement.

La désignation par les Verts à Higgins de l'hystérique du réchauffement climatique de haut vol Clive Hamilton qui a argumenté que la démocratie n'était pas à la hauteur du défi que pose le changement climatique rend encore plus pertinent ce dernier point.

… la promotion de M. Abbott reposait presque entièrement sur la question des quotas d'émission, aussi tout changement dans les termes du débat lui profitera. Et durcira aussi probablement sa ligne à ce sujet.

Abbott sort renforcé des élections partielles

The Piping Shrike (“la pie-grièche”) reste sceptique sur la cohérence de M. Abbott à propos du réchauffement climatique :

Tony Abbott pense-t-il que l'activité humaine a provoqué le changement climatique ? Difficile à dire. Il a dit à un auditoire de Beaufort il y a quelques semaines que l'argumenaire du changement climatique était de la “foutaise” et qu'il ne le suivait que par commodité politique. Puis la semaine dernière il a ouvertement confié aux médias ses doutes que le climat soit même en train de se réchauffer, parlant du rafraîchissement mondial depuis 2000 et disant que le climat était plus chaud quand les Romains cultivaient des vignes sur le mur d'Hadrien. Maintenant qu'il a la “liberté” de dire ce qu'il pense réellement, il affirme qu'il a toujours cru à l'importance de l'action pour le changement climatique !

Encore une fois, on y croit

D'autre part, Stating the Obvious (“Constatons l'évidence”) semble préférer une approche non-conformiste et a trouvé un côté positif au changement de direction :

Nous avons en Australie le premier parti politique à changer de chef sur la question du réchauffement climatique. Le parti Libéral, dans l'opposition, a hissé les couleurs en se défaisant d'un alarmiste au profit d'un sceptique. Et ce n'est pas tout, le nouveau chef, Tony Abbott, sitôt intronisé, a appelé à un vote secret du parti sur le Plan des quotas d'émission, qui a donné 54-29 contre les ETS, lui confiant un mandat solide pour s'opposer devant le Sénat à cette législation destructrice pour l'économie.

Remaniement à la direction des Libéraux : victoire de Tony Abbott

Les élections partielles semblent avoir renversé les eaux montantes de la science du changement climatique, à la façon de la marée:

Eh bien, le retour de bâton prédit par la gauche au parti Libéral fédéral aux élections partielles pour les sièges de Bradfield et Higgins ne s'est pas produit. Ce qu'ils avaient étiqueté un “référendum sur le réchauffement climatique” en a bien été un, mais pas comme ils le croyaient. En fait, avec très peu de changement dans la marge du parti Libéral pour les deux sièges, je dirais qu'il s'agit d'une approbation éclatante du nouveau leader, Tony Abbott et de son scepticisme climatique, et que le parti Travailliste a de quoi se faire du souci. Tant pis pour l'opinion qui veut une action urgente contre le réchauffement climatique. La vague a tourné.

Les Libéraux gagnent Bradfield et Higgins, Malcolm Turnbull insiste sur la création d'une ‘troisième force’

Le blog de Damian Lataan, Murdoch's Propagandists, prétend  exposer ‘l'empire de mensonges et de propagande de Murdoch’. Il a résumé sa vision des idées de la communauté Australienne :

La majorité des Australiens, sans tenir compte des partis politiques, inclinent maintenant vers le vert. Ils ne votent peut-être pas Vert, mais ils s'intéressent certainement bien plus à l'environnement aujourd'hui que jamais auparavant. La plupart reconnaissent, malgré les récentes inepties sur quelques scientifiques qui auraient essayé de truquer les chiffres, que le réchauffement climatique est un problème tout à fait réel que le monde ne peut pas se permettre d'ignorer.

Il conclut en faisant allusion au catholicisme déclaré de Tony Abbott :

Abbott veut que les entreprises fassent du profit aujourd'hui sans aucun des coûts pour demain. Dieu, croit Abbott, pourvoira à après-demain.

TONY ABBOTT NE SERAIT MALGRE TOUT PAS UN SCEPTIQUE DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE.

Par moments, le débat sur le réchauffement climatique a plus à voir en Australie avec le fanatisme religieux qu'avec l'objectivité scientifique. Il pourrait devenir un terrain fertile pour les démagogues.

Le résultat immédiat de toutes ces machinations politiques est que le Premier Ministre Kevin Rudd va à Copenhague sans législation sur le marché des quotas d'émission et sans consensus chez lui sur le réchauffement climatique.

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