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Drop-in Center : Ce que devrait être la désintoxication

File dattente devant un centre de distribution de méthadone, en Ukraine

File d'attente devant un centre de distribution de méthadone, à Kiev en Ukraine

Pavel Kutsev, le chef du Drop-in Center, une organisation à but non lucratif qui s'occupe des problèmes des toxicomanes, a récemment fait part de son opinion sur l’efficacité du travail dans les centres de réhabilitation de la toxicomanie [en ukrainien]. Pavel commence par critiquer certains aspects du travail de centres de réhabilitation existants:

Aujourd'hui en Ukraine presque n'importe quel centre de réhabilitation est par dessus tout un moyen pour beaucoup de gens de gagner de l'argent, y compris des bureaucrates corrompus qui “aident” les autres à acquérir des autorisations et de la paperasse. Souvent ces entrepreneurs essaient de paraître altruistes, mais sous cette couverture de charité il y a toujours un désir, celui de gagner de l'argent…

Bien qu'il critique une partie du travail des centres de réhabilitation en général, Pavel a aussi fait part d’une expérience positive en rapport avec la désintoxication effectuée par sa femme dans une des cliniques publiques :

milieu des années 90 ma femme a eu la chance de passer par une désintoxication. En récompense de mon excellent article que j'avais écrit pour un journal sur une efficace clinique de réhabilitation, ma femme était admise dans son programme de réhabilitation. Elle était dans un premier temps réticente à s'y rendre, mais après la durée d'un mois du programme, elle ne voulait plus la quitter.

C'était un entreprenariat social honnête. Je me souviens de ma conversation avec le responsable du centre, le Dr. Galich. Il avait fait part de son rêve d'introduire la thérapie de la substitution pour les gens qui ne peuvent pas être réhabilités à temps, ceux qui avaient 30 ans d'usage de la drogue et une poignée de maladies incurables. Le Dr. Galich avait aussi parlé de son projet de mise en place d'une sorte de programme de récompense. Si un patient consent à être testé pour les drogues une semaine sur deux pendant un an et que tous les examens s'avéreront négatifs, ladite personne recevra alors en retour le double de la somme qu'elle aurait payée pour le programme de réhabilitation. La réalité est que seulement 10 personnes sur 100 quittent les drogues après le programme de réhabilitation, donc c'était une bonne motivation pour les patients et encore une bonne affaire [pour la clinique]. Je dirais que c'était une bonne approche du point de vue éthique et économique. Je suis sûr que cette pratique marcherait très efficacement.

C'était une clinique publique… des chambres avec salles de bains pour deux personnes, des télés…

Il y été prévu deux semaines de détoxication à labuprénorphine ainsi que d'autres très bons traitements, le sauna, la thalassothérapie, le massage et un gymnase. Une journée était bourrée d'activités y compris l'art thérapie, le modelage, la peinture, la thérapie en groupe… Une bonne nourriture, des vitamines, et avec des examens médicaux, un traitement des douleurs articulaires et de l'arthrose, voire même des soins dentaires… (au fait, en 1997 cela ne coûtait que $200 par mois plus les frais pour les soins dentaires.) Si une personne voulait faire partie de n'importe quel programme social du centre, elle pouvait même y gagner un peu d'argent. C'était une bonne affaire. Après avoir travaillé la moitié de l'année pour le centre, vous pouviez épargner le même montant d'argent que vous aviez dépensé pour la réhabilitation. Beaucoup d'anciens drogués sont devenus membres du personnel du centre. Certains d'entre eux ont appris des langues étrangères et travaillent maintenant dans les programmes similaires aux Etats Unis, en Australie et en Europe.

À la fin du billet, Pavel fait remarquer qu'à côté des programmes de thérapie de substitution, le gouvernement et les entrepreneurs sociaux devraient développer davantage les programmes de réhabilitation :

Pour être constructif : la thérapie de substitution devrait être fournie à tout le monde qui en a besoin sans égards aux “principes moraux” restrictifs de certaines personnes, à tant de propos de certains politiciens ne rimant à rien et à la pure ignorance.

En plus d'investir dans la thérapie de substitution, nous avons besoin d'investissements dans les centres de réhabilitation tels que celui que j’ai décrit ci-dessus, des centres qui ne se contenteraient pas de prendre l'argent des patients, mais utiliseraient l'argent pour accomplir leurs objectifs. La durabilité et l'autosuffisance devraient faire partie de tout programme social.

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