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Ouzbékistan : La photographe Umida Akhmedova inquiétée par la justice


Umida Akhmedova, photo de Fergana.ru

Umida Akhmedova, une photographe et documentariste ouzbèke, est accusée d'”insultes et de calomnie contre le peuple et les traditions ouzbeks”, rapporte le site Fergana.ru [en russe comme tous les liens sauf mention contraire]. La sanction maximale pour de tels délits, en Ouzbékistan, est de deux à trois ans de travaux d'intérêt général et jusqu'à six mois de détention.

D'après Umida Akhmedova, le captaine Nodir Akhmadzhanov, enquêteur des services de police de la ville de Tachkent (la capitale), lui a dit que des plaintes avaient été déposées contre tous les créateurs locaux qui avaient participé à un programme sur l'égalité des sexes organisé par l'ambassade de Suisse. Umida Akhmedova est inquiétée pour la publication d'une série de photos  Women and men: from dawn till dusk” (Des femmes et des hommes: de l'aube au crépuscule, en anglais) réalisées en 2007 avec l'appui du Programme pour l'égalité des sexes de l'ambassade de Suisse, selon le site web Fergana.ru. Il n'y a aucune information sur les autres artistes qui ont été accusés. Le site web poursuit :

L'enquêteur a expliqué à Mme Umida Akhmedova que les charges contre elle étaient basées sur des conclusions d'experts du bureau du procureur général de Tachkent, qui ont constaté que l'album “constituait une insulte et une calomnie contre le peuple ouzbek”. Toutefois, on ignore totalement quelle photo (pas les montages photos, pas la version vidéo) pouvait être considérée comme une “calomnie” ou “une insulte”. On ne sait pas non plus qui a autorisé l'agence de presse et d'information d'Ouzbékistan, une institution étatique, à défendre l'honneur du peuple humilié ouzbek, et quand.

Umida Akhmedova a informé qu'elle a été convoquée pour la première fois par la police le 17 novembre . Le capitaine Nodir Akhmadzhanov l'a invitée à Mirabad RDIA en tant que témoin, pour sa série de photos “Women and men: from dawn to dusk”. L'enquêteur a interrogé Umida pendant deux heures, en lui posant des questions sur sa participation à la réalisation de photos et de vidéos telles que “Men and women: rites and ritual” (Hommes et femmes : rites et rituels) et “The burden of virginity”] (Le fardeau de la virginité). [Elle peut être téléchargée sur un site de partages en Bit Torrent ici [en russe].

Des associations internationales de photographes et artistes ont réagi en publiant une pétition pour la défense de Mme Akhmedova [traduction automatique Google russe-anglais]. Dans sa lettre de “protestation et de rage”, la Coalition internationale de journalistes Caucasia exprime son extrême indignation devant ces  accusations.

Весь сюжет – пример мракобесия и отката от демократических стандартов, к которым, на словах, так тяготеет Узбекистан. Весь мир хорошо знает, что Программа Швейцарского посольства – это комплекс гуманитарных, образовательных и просветительских проектов. Надо подчеркнуть, что Умида Ахмедова – одна из авторов, сотрудничавших с Программой на протяжении последних лет. Она участвовала также в ряде других международных программ и проектов. Мы, ее коллеги, знаем Умиду не только как талантливого автора, но и как истинную патриотку своей страны. Благодаря работам Умиды, Узбекистан узнали и полюбили тысячи людей в мире.

Toute cette histoire est un exemple de l'obscurantisme et du recul des droits démocratiques, qui sont tant appréciés, mais uniquement en mots, dans les discours par le gouvernement de l'Ouzbékistan. Le monde entier sait que le programme de l'ambassade suisse est un ensemble de projets humanitaires, éducatifs, et de prévention. Nous devons souligner que Mme Umida Akhmedova est l'un des créateurs invités de ce programme ces dernières années. Elle a aussi participé à plusieurs autres programmes et projets internationaux. Nous, ses collègues, savons que Umida est non seulement une artiste de talent, mais qu'elle est aussi une vraie patriote. Grâce au travail d'Umida, de nombreuses personnes à travers le monde ont découvert l'Ouzbékistan et l'ont aimé.

Jusqu'à présent, 400 signatures ont été enregistrées dans une douzaine de pays. Les informations sur les accusations contre Mme Akhmedova sont apparues dans la blogosphère russophone le 17 décembre, alors que les faits ne sont presque pas couverts par les médias anglophones.

Sur LiveJournal, Vaskodagala écrit que de telles campagnes de soutien peuvent vraiment aider les victimes et demande à tout le monde de signer la pétition. La campagne précédente était pour sortir la journaliste  Umida (homonyme) Niyazova de prison et de son pays (voir ici la couverture de la campagne, en anglais ). Vaskodagala soutient qu'elle connait personnellement Umida Akhmedova et ne pouvait pas imaginer que les choses allaient se dégrader à ce point :

Но я думала, с нашей Умидой такого не случится – хоть кого заболтает и рассмешит, какое там ей дело пришьешь, Господи? Я так думала. Ан нет. Месяц мы с ней выжидали – она говорила, подожди, мож угомонятся. Год назад у нас был такой сюжет в Кыргызстане – тогда угомонились, точно. А тут нет – Умидку нашу из разряда свидетелей перевели в обвиняемые. И круг сужают – на пустейшем, подчеркну, месте. Национальные традиции она им оклеветала.

Mais je pensais que cela n'arrivait pas à notre Umida, elle peut faire rire tout le monde, mon Dieu, que peut-on lui reprocher ? C'est ce que j'ai pensé. Mais plus maintenant. Nous avons attendu pendant un mois, elle a dit : “Attends, peut-être ils vont se calmer”. Il y a un an, nous avons eu à peu près la même histoire au Kirghizstan. Nous avions réussi à calmer l'affaire. Mais pas aujourd'hui. Le statut juridique de Umida [dans cette affaire] a changé de simple témoin à accusée. Et ils rétrécissent le cercle, sans aucune preuve. Vous voyez, elle aurait bafoué leurs traditions nationales.

La pétition peut être signée ici [Traduction automatisée du russe].

De nombreux blogueurs qui évoquent l'affaire Umida Akhmedova se demandent comment une photographe peut diffamer son propre peuple et ses traditions en faisant des photos. En outre, ils trouvent aberrant qu'une personne qui informe sur les modes de vie peut être accusée de les falsifier.

Les photos de Mme Akhmedova sont émouvantes et inhabituelles. Elle dépeignent avec précision la vie quotidienne de la société ouzbeke. En voici quelques unes.

Des enfants ouzbeks assis dans des jarres, photo de Umida Ahmedova. (photos reproduites avec l'autorisation de Fergana.ru)

Une fillette à coté de la fenêtre par Umida Akhmedova

D'autres photos sont visibles sur Fergana.ru

***
Notice biographique d'Umida Akhmedova (d'après le site UZSCI
)
Née le 21.10.1955 à Parkent [en russe], Ouzbékistan
1977 – 1981 – Études à l'université communale de la ville de Vladimir, Russie
1981 – 1986 – Études à l'Institut cinématographique public de la fédération russe, Moscou, Russie
1970 – 1990 – opératrice à Newsreel Ouzbékistan
Depuis 2000 – membre de l'union des créateurs de l'Académie des Beaux arts

2 commentaires

  • géraldine

    URGENT

    Paris, le 9 février 2010

    Rassemblement International (Paris-Moscou)
    en soutien d’Umida Akhmedova

    • Accusée de calomnie envers l’Ouzbékistan, Umida Akhmedova, photographe et documentariste pourrait écoper jusqu’à 3 ans de prison dans un pays souvent critiqué par les organisations de défense des droits de l’Homme.

    Cette dernière fait l’objet de poursuites judiciaires en Ouzbékistan pour avoir nui à la réputation et à l’honneur de l’état d’Asie centrale ex-soviétique à travers ses photographies et son film documentaire.

    Les charges portent sur ses ouvrages consacrés aux habitants de l’Ouzbékistan, un livre de 100 photographies intitulé ‘Les femmes et les hommes ; de l’aube à la nuit’ ainsi que son film documentaire traitant des droits de la femme dans ce pays.

    Le procès d’Umida Akhmedova débutera ce jour à Tashkent.

    • En association avec de grands journalistes, photographes et artistes russes un rassemblement simultané en soutien à Umida Akhmedova se déroulera en date du 11 février prochain à Moscou et Paris (Genève restant à confirmer).

    • Concernant le rassemblement sur Paris :
    Jeudi 11 février à 12h00 (pour une durée d’une heure)
    Ambassade d’Ouzbékistan / 22, rue d’Aguesseau, Paris 75008.
    Sont sollicités : Toutes les associations relatives à la Défense des droits de l’Homme, les artistes russes et/ou francophones ainsi que tout citoyen souhaitant militer pour cette cause.

    Pour tout renseignement complémentaire, merci de contacter Géraldine Renard
    renardgeraldine@hotmail.com

  • J’espère que ces rencontres ont pu avoir lieu et qu’elles vont avoir des résultats positifs pour la libération de cette femme courageuse. En tout cas, nous devons continuer le combat jusqu’à ce que les prédateurs des libertés individuelles et de celles des peuples arrêtent leurs intolérables pratiques.

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