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Chine : Encore un suicide dans l'élite des étudiants – l'histoire de Yang Yuanyuan

Yang Yuanyuan, 30 ans, diplômée de l’Université Maritime de Shanghai, s'est pendue dans sa salle de bain le 25 novembre dernier. La veille de son suicide, elle avait dit à sa mère que les diplômes ne pouvaient changer le destin.

Ces dernières années, le nombre de suicides chez les étudiants chinois a augmenté, surtout parmi les diplômés et les titulaires d’un doctorat. En 2008, la ville de Shanghai a enregistré 23 tentatives de suicide chez les étudiants, [en chinois comme tous les liens cités] dont 19 sont morts. La même année, dans le Guangdong, on comptait 26 tentatives, et 21 personnes décédées. Quelles sont les raisons derrière toutes ces morts ? Le cas de Yang peut nous éclairer quelque peu sur les problèmes rencontrés par nos élites sociales en Chine.

D’après le blog 163.com, Yang venait d'une famille monoparentale. Son frère et elle ont été élevés par leur mère et ils ont travaillé dur afin de grimper dans l'échelle sociale grâce aux diplômes. Yang faisait sa maîtrise à Shanghai tandis que son frère termine son doctorat à l'Université de Pékin. Depuis que leur mère avait été licenciée de son usine, elle logeait avec sa fille dans le dortoir de l'Université du Wuhan, où Yang avait fait son premier cycle. Yang a travaillé pendant deux ans afin de rembourser toutes les dettes avant de décider poursuivre ses études universitaires à Shanghai. Avec peu d'économies, elle a tenté de d'obtenir un lit supplémentaire pour sa mère dans le dortoir, mais on leur a ri au nez parce qu’elles venaient de la campagne. Le gardien a même refusé l’entrée du dortoir à la mère de Yang.

La mort de Yang a fait énormément réagir la blogosphère, tant il est de plus en plus difficile pour les Chinois d’atteindre le statut social que leurs diplômes, gagnés de haute lutte, devraient leur donner. La magie du diplôme universitaire est en train de disparaître. La blogueuse Hailing, qui compatit sur le cas de Yang, parle de l’écart entre les résultats scolaires et les salaires dans la société chinoise dans son billet et demande qui devrait assumer la responsabilité de la mort de la pauvre Yang Yuanyuan :

有时候人是很脆弱的,很可能会因为那么一二个想不通的问题,生命就从此终结。在外人看来一个贫困家庭可以出一个研究生一个 博士是多么了不起的事,而在当今学历与岗位工资严重不对等的社会,又有多少用人单位去关注你的学历?他们更关注你所给他们带来的价值,这是一个贫困家庭看 中学历大于能力的尴尬与悲哀?

Parfois, l'homme est faible et fragile, et peut mettre fin à sa vie parce qu’une ou deux questions le laissent perplexe. Les étrangers peuvent estimer extraordinaire qu’une famille pauvre puisse mener ses enfants jusqu’à la maîtrise et au doctorat ; mais dans cette société où les diplômes ne garantissent pas les emplois et les salaires correspondants, qui se souciera de votre parcours ? Les employeurs font plutôt attention à la valeur ajoutée que les employés peuvent leur apporter. Cette réalité a conduit cette famille pauvre à la tragédie, elle qui croyait que les diplômes mèneraient à une vie meilleure.

Beaucoup de blogueurs condamnent le manque de compassion de la société chinoise. En réponse à cette nouvelle, netizen (123.232.*.*) remarque que :

不是贫穷杀死了她,而是周围人的冷漠和势利杀死了她,是那些永远缺乏同情心的人杀死了她….

Ce n'est pas la pauvreté qui l'a tuée, mais les enseignants distants et snobs ainsi que les camarades qui l’entouraient, ceux qui ont à jamais perdu leur capacité de compassion.

SHI Sansheng partage cet avis et s’en prend à la l’hypocrisie de la culture confucéenne :

从大学到到政府,期间缺失的莫不是一个良知和人性。是什么造成了我们这个有着泱泱五千年文明,礼仪之邦的社会总是不断重复着几乎一样的悲剧?施教者、执政者满口仁义道德,一肚子男盗女娼。儒家的精神纵然有万好,如果只是用来遮丑和粉饰,即便是好也只能是同流合污了。

La plus grande erreur dont font preuve nos universités et institutions gouvernementales est le manque de conscience et d'humanité dans leur traitement des personnes. Comment se fait-il que ces tragédies soient récurrentes dans notre société ? Et pourtant, nous pensons que nous sommes la nation du savoir-vivre, avec une civilisation vieille de 5 000 années ? Les professeurs et les responsables politiques prêchent toujours la morale, mais en réalité ils ne sont qu’une bande de scélérats. Même si l'esprit confucéen a de nombreux aspects positifs, quand il est utilisé pour cacher le côté sombre de notre société, il devient un outil à tromper les gens.

Il est bien évident que les personnes qui ont une éducation poussée ne sont pas aussi marginalisées socialement que les travailleurs ruraux qui viennent des campagnes ou les paysans. On peut alors s'interroger sur la fragilité psychologique des gens instruits. REN Haiyong soutient que la tragédie a pour cause la défaillance du système scolaire et de la famille dans le billet, « Les trois affections qui manquent » sur son blog.

我认为,理解杨元元的绝望心理,应当首先懂得人的幸福感的三大来源,也就是“三情”,即:亲情、友情和爱情……我们的学校 教育和家庭教育一直以来都有一个很大的缺陷,就是漠视人正常的感情需求,甚至把孩子们的读书求知和他们的情感需要对立起来,偏执地认为好孩子应 该一门心思读书,不能考虑情更不能考虑性。请教师们和家长们都能将心比心地、设身处地地为学生们、为孩子们想一想。尤其要 关怀女孩子,因为社会对女孩子更有一层情感压抑的要求,并把压抑的效果与道德品质的高低联系起来;好象一个女孩子只知道读书,对男孩子完全不感兴趣才是好 学生、好孩子。学习成绩越好的女生,在学校和家庭这样“纯洁”的要求下,就会更多地克制自己的情欲和性欲,也就会更多地压抑自己的正常情感需求。然而,人 的天性是无法改变的,人的忍耐也是有限度的,崩得太紧的弦,早晚是要断的。

À mon avis, pour comprendre le désespoir de Yang, nous devons d'abord comprendre les trois sources de bonheur humain : l'amour familial, l'amitié et l'amour romantique … Notre école et notre éducation familiale ignorent les besoins affectifs. Les enseignants et les parents pensent que les relations amoureuses ont un impact négatif sur la réussite scolaire et insistent sur le fait que les jeunes doivent se concentrer sur leurs seules études. Ils devraient se mettre à la place de leurs enfants et élèves et s’occuper plus particulièrement des filles. Notre société a imposé une morale fondée sur la répression des sentiments chez les filles. Elles ne peuvent montrer aucun intérêt pour les garçons et ne doivent se concentrer que sur leurs études afin de devenir des élèves modèles. Donc, mieux une jeune fille réussit aux examens, et plus elle réprime ses sentiments et ses désirs sexuels. Cependant, la nature humaine ne peut être changée. La retenue a toujours une limite et finira par se briser si elle est trop serrée.

1 commentaire

  • Intéressant l’approche confucianiste qui se révèle être à double tranchant. Nous avons un peu le même état d’esprit sur Madagascar avec le “fihavana”, se traduisant par la solidarité et l’amitié. Concept intéressant mais qui d’un côté empêche des milliers de morts par ce côté de calme apparent que l’on rencontre, et d’un autre, qui empêchent toute réflexion critique. Comme un certain sentiment religieux appuyant un ordre établi sans vouloir remettre en cause le système.

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