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Turquie : Manifestations de masse au Kurdistan turc après l'interdiction du DTP

Le 11 décembre, le DTP (Parti pour une société démocratique, pro-kurde) a été dissous par la Cour Constitutionnelle turque, se prononçant à l'unanimité. Le motif en était la relation avec une organisation terroriste, c'est-à-dire le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) d'Abdullah Öcalan, actuellement en prison.

Ottoman's Posterous indique [en anglais]:

La Cour Constitutionnelle a interdit vendredi le Parti pro-kurde pour une société démocratique (DTP) sur des accusations d'entretenir des liens avec le parti hors-la-loi PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan). Ce dernier a été classé organisation terroriste par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union Européenne.

37 membres, députés du parlement turc et représentants locaux, appartenant au DTP de même que le chef du parti, Ahmet Turk, ont été exclus de la vie politique pour cinq ans.

Le DTP détient 21 sièges sur 500 au parlement turc, et deux de ses députés ont été exclus, laissant les 19 autres devant la difficile décision d'abandonner ou de conserver leurs sièges.

The Kurdistan Commentary explique [en anglais]:

Ahmet Türk ainsi que Aysel Tuğluk ont été exclus du Parlement, mais pas les 19 autres députés du DTP. L'option pour les parlementaires restants est de se maintenir et de lutter au Parlement, comme le souhaiterait M. Türk. Mme Emine Ayna, vice-présidente du DTP, de son côté, semble pencher pour un retrait total du Parlement.

Eusko Blog dénonce ce rebondissement [en espagnol] :

Desde su fundación en 1963, el Constitucional ha ilegalizado veinticuatro partidos, entre ellos seis formaciones kurdas.
Los 37 miembros del DTP, incluido su presidente Ahmet Türk, no podrán participar en ninguna actividad política durante cinco años. Además, Kilic ordenó que las cuestas bancarias del partido sean intervenidas.

Depuis sa création en 1963, le tribunal constitutionnel a rendu illégaux 24 partis politiques, dont six partis kurdes.
Les 37 membres du DTP, dont son président Ahmet Turk, seront dans l'incapacité de participer à la moindre activité politique pendant cinq ans. Qui plus est, Kilic a ordonné une intervention sur les comptes bancaires du parti.

Dans les provinces où des candidats avaient été élus, les électeurs devront être rappelés aux urnes et les 19 membres restant du DTP-un parti à présent illégal- ont d'ores et déjà annoncé qu'ils abandonneraient leurs sièges.

Móndivers ajoute [en catalan] :

Davant d’aquesta situació, els 19 parlamentaris restants del DTP han decidit avui dilluns de retirar-se del Parlament de Turquia, segons explica el digital en línia especialitzat en l’actualitat turca Turquie News. Encara caldrà veure si la retirada del Parlament és momentània o definitiva. Per constituir grup propi a la cambra calen 20 escons; ara, al DTP n’hi manca un. Però un diputat independent socialista, Ufuk Uras, s’ha ofert als diputats kurds per tal de poder formar grup.

Devant cette situation, les 19 députés restants du DTP ont décidé aujourd'hui lundi de se retirer du Parlement de Turquie, comme l’explique le site en ligne de l'actualité turque Turkish News. Reste à savoir si ce retrait est temporaire ou définitif. Pour constituer un groupe à la Chambre, il leur faut 20 sièges. Or il en manque un au DTP. Mais un député indépendant, le socialiste Ufuk Uras, a offert son siège aux députés kurdes pour qu'ils puissent former un groupe.

L'Union Européenne a déjà exprimé son “inquiétude” selon une citation du journal Gara :

La presidencia sueca de la UE ha valorado la ilegalización del DTP y ha indicado en un comunicado que, a la vez que “denuncia firmemente la violencia y el terrorismo”, recuerda que la disolución de partidos políticos es “una medida excepcional que debería ser empleada con la mayor moderación”.

La présidence suédoise de l'UE a évalué la mise hors-la-loi du DTP et indiqué dans un communiqué que, tout en “dénonçant fermement la violence et le terrorisme,” elle rappelle que la dissolution de partis politiques est “une mesure d'exception à laquelle il ne faut recourir qu'avec la plus grande retenue.”

Certaines sources conviennent qu'à présent, la Turquie est en position encore plus difficile pour intégrer l'Union Européenne, dans la mesure où cette dernière mesure prouve une absence totale de respect pour les droits démocratiques de ses minorités nationales et de la démocratie elle-même.

Le blog The Independent Kurdistan Journalism affirme [en anglais] :

Le Parti pour une société démocratique (DTP) de Turquie va déposer un recours devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) contre la décision d'une Cour Constitutionnelle à Istanbul ordonnant son démantèlement. L'ancien chef du DTP Ahmed Turk a déclaré dimanche à des journalistes que son parti ferait appel du jugement devant la CEDH de Strasbourg, en France, après la publication du jugement au Journal Officiel.

Au lendemain de la décision judiciaire, des manifestations ont éclaté [en espagnol] dans toute la Turquie et, à l'heure actuelle, il y a déjà deux militants kurdes tués [portugais] dans la ville de Mus et la tension est plus forte qu'elle n'a été depuis des années alors que les manifestations violentes se poursuivent [en anglais].

Ottoman's Posterous donne plus de détails [en anglais] :

Deux personnes sont mortes et huit autres ont été blessées dans la province orientale de Muş après qu'un commerçant aurait ouvert le feu sur des manifestants bravant l'interdiction, pour s'opposer à la dissolution du parti pro-kurde pour une Société démocratique (DTP). Un commerçant a été arrêté pour avoir tiré sur les manifestants, a rapporté l'agence de presse officielle Anatolian. Les manifestants ont brisé des vitrines et lancé des cocktails Molotov alors que les commerçants étaient à l'intérieur de leurs boutiques. Les organisateurs de la manifestation ont fait une déclaration à la presse au centre du quartier Bulanık et ont commencé à défiler vers le 700. rue Yıl. La manifestation a tourné à la violence lorsque des participants se sont mis à lancer des attaques avec des cocktails Molotov, qui ont mis le feu à un magasin. Un commerçant a tiré dans la foule, tuant Kemal Kayacan et Nejmi Oral.

C'étaient les premières victimes après les journées de violence et de manifestations de rue qui ont suivi une décision de la Cour Constitutionnelle de vendredi interdisant le seul parti kurde présent au parlement.

Un étudiant avait été tué dans des affrontements avec la police une semaine plus tôt, lorsque les tensions avaient commencé à monter dans le Sud-Est de la Turquie.

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