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Haïti : Une semaine après le tremblement de terre

Note de la traductrice : cette revue de blogs en Haïti a été publiée avant la réplique ( d'une magnitude de 6 degrés Richter) qui s'est produite à l'ouest de Port-au-Prince le mercredi 20 janvier à midi heure de Paris

Les secours sont au travail dans la partie sud de Haïti, exactement une semaine après le tremblement de terre (magnitude de 7 degrés Richter) qui a dévasté Haïti [dossier en anglais, cliquer sur les titres des articles pour accéder à la version française par l'icône “fr”].  Beaucoup d'habitants désespérés fuient la capitale,  Port-au-Prince, pour ce qu'ils espèrent être des villes et des villages plus sûrs. Alors que des troupes et des sauveteurs étrangers continuent à affluer, les blogueurs et utilisateurs de Twitter, sur place, parviennent à publier des informations sur ce qui se passe sur place, appellent à l'aide, et commentent la réaction des gouvernements étrangers à cette crise humanitaire.

Une poignées d'utilisateurs très réguliers de Twitter ont représenté des sources d'informations capitales au cours de cette semaine. Le propriétaire de l'hôtel Oloffson, par ailleurs musicien, Richard Morse, fait une chronique constante sur @RAMhaiti. Il avait beaucoup à redire sur la rapidité de déploiement des secours et leur efficacité hier [en anglais, comme tous les liens].

Est-ce que l'aide arrive vraiment aux gens? On recherche des corps vivants..”Vous avez amené de quoi manger?”Peut-on blâmer qqu'un qui a faim de piller ?

J'ai l'impression qu'il n'y a pas de plan…J'espère que le “COMITÉ DE PLANIFICATION” n'est pas composé des habituels vieux schnocks…j'ai déjà vécu ça

Il avertit :

On sait pas qui va diriger cette phase. Il vaut mieux que ça change. Vaut mieux trouver vraiment vite comment apporter nourriture et eau aux gens

Un homme qui a faim est un homme en colère. Une foule qui a faim est une foule en colère

Un employé est ici depuis mardi, travaille jour et nuit…il est parti il y a 10 mn, il est revenu. “Les rues ne sont pas sures…Des voleurs”

Mais il réussit quand même à plaisanter :

Et même au milieu de ce traumatisme du tremblement de terre, je continue à recevoir des spams de banquiers nigériens

Le journaliste haïtien Carel Pedre (@carelpedre) est un autre chroniqueur sur place. Au matin du 19 janvier, il partageait la bonne nouvelle que quelques supermarchés de Piétonville avaient réouvert et terminait sur une note optimiste  :

I love Haïti ! Je vois de l'espoir et un sourire sur beaucoup de visages aujourd'hui!

Le photographe Frédéric Dupoux (@fredodupoux), de son côté, lance un appel urgent pour aider le quartier de Fontamara à l'ouest du centre-ville de Port-au-Prince :

a fontamara 27, pas de secours, pas de medecins, pas d'eau en vue . #haiti #help #SOS

vient de parler à une petite fille de 5 ans; un bloc est tombé sur sa tête. Blessure ouverte, pas d'aide médicale aux alentours. Les gens de là bas lui ont juste donné de l'amoxiciline.

S'il vous plait envoyez des secours

Les humanitaires des organisations caritatives religieuses on été parmi les blogueurs les plus assidus depuis Haïti. A Port-au-Prince, Troy Livesay a publié un état des lieux dans l'après-midi du 19 janvier sur les hopitaux de campagne improvisés que son association, Heartline Ministries, a monté :

Nous sommes devenus un hôpital, ou de nombreux patients ne peuvent pas être traités et renvoyé chez eux. Je ne tiens pas un compte précis, mais je crois que nous en avons quatorze en ce moment. Nous nous laissons porter par le flot. ….

Sur Twitter (@troylivesay), il a donné des nouvelles de la ville de Leogane, proche de l'épicentre du séisme.

Témoin occulaire dit /Pasteur Henri-‘Comparée à Leogane, Port au Prince est superbe.’ Ça doit être vraiment, vraiment terrible là bas.

Dans la ville de  Jacmel, Gwen Mangine rend hommage à ses collègues qui aident à la distribution des provisions amenées par avion depuis le petit aérodrome de la ville, mais elle raconte aussi une histoire d'égoïsme inattendu durant une telle crise :

On essayait de trouver de l'oxygène pour des médecins qui venaient d'arriver. Ils en avaient besoin pour commencer à opérer. On a trouvé un fournisseur à Jacmel. Il avait de l'oxygène. Il avait des bonbonnes, mais il ne voulait pas nous donner les bonbonnes. Il nous a dit que si n'avions pas les consignes des bonbonnes vides, nous ne pouvions pas avoir de l'oxygène.  Je lui ai dit qu'on en avait besoin pour des opérations de chirurgie. Il nous a répondu qu'on devait apporter les consignes des bonbonnes vides. Je lui ai dit que je le paierai la somme qu'il voudrait. N'importe quelle somme. Qu'il n'avait qu'à demander. Il a refusé. Je lui ai dit que les gens MOURRAIENT parce qu'ils devaient être opérés et que nous ne pouvions pas opérer sans oxygène. Il a dit que ça lui était égal. Je lui ai redemandé : “Vous êtes en train de me dire que vous préférez que les gens meurent plutôt que donner les bonbonnes [d'oxygène] ?” Il a dit “Oui.”.

Dans le village rural de Fond des Blancs, Ellen in Haiti , une Canadienne travaillant pour un organisme religieux, se trouvait loin de la zone la plus touchée , mais décrit le choc et le chagrin des Haïtiens touchés à distance par les effets du désastre :

…nous ne voyons pas beaucoup de souffrances physiques, mais c'est quand même très dur. Les histoires sont dures. Tous ceux que je connais ont perdu des proches. Fred, un diplômé de l'université qui a fait un stage récemment à St Boniface, est passé hier. Il a perdu deux frères et tout ce qu'il possède. Il n'a nulle part où aller …

Alors que les jours passent, nous réalisons peu à peu à quel point tout à changé. Le monde entier apparait différent. Tous les projets que chacun avait pour l'avenir ont changé. Les gens ont de l'espoir, mais ils réalisent que la moindre petite chose pourrait ne jamais se produire ou être remise indéfiniment.

A Les Cayes, Pwoje Espwa a publié des photos des embouteillages causés par les gens qui fuient la capitale :

Les gens arrivent de  PaP beaucoup essaient de parvenir à la province où ils ont de la famille…Il y a eu du carburant et quelques médicaments livrés en ville, ce qui facilite un peu les choses. Il en faudrait bien plus, donc nous espérons que ce que nous avons lu sur le Net, que les provinces seraient approvisionnées, va se passer.

Le blog de l'organisation Konbit Pou Ayiti a donné des nouvelles de plusieurs régions du pays aujourd'hui.  L'association féminine KOFAVIV ( les Victimes pour les Victimes), fait un compte-rendu de la situation actuelle à  Chanmas, non loin de Port-au-Prince :

…beaucoup de femmes dorment dehors à Chanmas dans de mauvaises conditions, dans l'air humide de la nuit, là où le soleil les brule, la pluie leur tombe dessus, l'humidité les saisit, beaucoup d'entre elles ont perdu beaucoup de membres de leur famille, nous pouvons dire, beaucoup d'entre elles n'avaient déjà rien, maintenant, la faim les tuent presque.

Konbit Pou Ayiti a également publié un compte-rendu d'un employé de l'association écologiste SOIL (Sustainable Organic Integrated Livelihoods) , qui donne  une idée de la situation à Champs de Mars, un parc où beaucoup de sans abri ont trouvé refuge :

…le calme et la solidarité régnaient parmi la foule de rescapés. Nous avons cherché à travers le camp les personnes qui avaient besoin d'être soignées à l'hôpital. Alors qu'on nous prévenait que dès que nous ferions ça nous serions assaillis et volés par les gens, j'ai été stupéfaite de constater qu'en allant de tente en tente, les gens nous indiquaient gentiment leurs voisins et nous dirigeaient vers ceux qui en avaient le plus besoin. Nous avons évacué cinq personnes gravement blessées…

A Jacmel,des étudiants survivants de l'institut du Cinéma ont continué à mettre en ligne des reportages en vidéo sur leur ville sur le blog de l'institut. La dernière comprend un reportage (de Lesly Decembre) d'un camp de refugiés improvisé, et sur le  premier bateau d'aide qui a jeté l'ancre dans le port de Jacmel.

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