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Ghana : Des élèves participent à une bibliothèque en ligne

Newsletter de lISABT

Newsletter de l'ISABT

En juillet 2009, l'auteur de ce billet, Gayle Pescud, a eu la chance de retrouver de vieux amis, et de rencontrer de nouvelles personnes, lorsque Jonathan Thurston, sa femme Kristi, et des étudiants, ou d'anciens étudiants, sont venus au Ghana pour mener un projet de réalisation de livre avec des élèves, dans une école primaire d’Elmina, dans la Région Centrale du Ghana.

Quoi de particulier ? Ils emploient un matériel simple, portable, afin de favoriser la créativité et de faciliter l'apprentissage d'élèves parmi les plus pauvres du Ghana. Et ils utilisent les médias sociaux pour mettre en place des réseaux, avec des personnes et des associations partageant le même état d'esprit à travers le monde, ce qui accroît les possibilités de progrès et augmente les chances d'impliquer d'autres villages ou quartiers, et d'autres pays, au fur et à mesure du développement de l'association.

Gayle Pescud a interviewé Jonathan, le fondateur de ce projet de l'été 2009, sur le projet lui-même, et sur l'institution portant ce projet, l’ISABT [en anglais] (École Internationale de Lettres et Sciences Humaines, de Commerce et de Technologie). Fondée en 2006 par Jonathan Thurston, Trudy Obazee (ancien Président de l'Unité de Comptabilité de la Faculté Albright), et Sarah Philbrick, la mission de l'ISABT est de mener à bien des programme éducatifs au Ghana et de donner l'occasion aux enfants de s'exprimer. On peut découvrir en ligne certains des livres-albums [en anglais] écrits par les enfants en juillet 2009. Les personnes intéressées peuvent télécharger le programme qui a permis de les réaliser, Reale Writer.

Les questions posées à Jonathan par Gayle Pescud :

Lhistoire de Kojo

L'histoire de Kojo

Avec quels groupes travaillez-vous au Ghana ?

Nous travaillons avec des écoles, et nous essayons de travailler avec la PTA (Parent-Teacher Association) [en anglais] pour soutenir notre action. Nous sommes aidés par d'autres ONG comme Global Mamas [en anglais] pour l'hébergement et les conseils. Nous avons des personnes avec qui nous travaillons ici, au Ghana, qui s'activent, et prennent les rendez-vous, avant que nous arrivions, afin que nous perdions pas de temps. Vous savez, les choses prennent parfois un bon moment, aussi, si nos affaires peuvent être en route un mois avant notre arrivée, on vient et on intervient dès notre arrivée.

Vous travaillez donc avec les Ghanéens sur le terrain ?

Oui, d'anciens enseignants. En fait l'un d'entre eux a été recruté pour mener le programme de réalisation des livres. Et ce que j'essaie de faire, c'est d'employer nos recherches de cet été, et d'avant, pour des leçons pédagogiques, pour les partager avec des enseignants des pays en voie de développement, afin de résoudre leurs difficultés avant qu'ils ne les éprouvent, comme des problèmes d'encre ou différents problèmes matériels et techniques. Dans l'absolu, les gens devraient avoir leurs leçons prêtes, et tout ce qu'ils devraient avoir, c'est une imprimante qui marche, et un ordinateur qui puisse faire tourner le logiciel, et du papier et des crayons de couleur. Si vous avez tout ça, vous pouvez les utiliser.

Vidéo de la visite avec les enseignants de 2008.

L'été dernier, je suis venu une semaine, et j'ai vu les possibilités et l'impact que cela avait. Une des écoles où je suis allé, Kakum Oda, n'avait pas l'électricité, et très peu de livres et de matériel pédagogique. Je n'avais qu'une semaine, et j'ai demandé à travailler avec deux élèves pour voir. Le premier jour, je me suis assis, avec la directrice, et je l'ai remerciée, et elle a dit : « Merci de travailler avec moi, maintenant ce serait bien de faire connaissance avec les deux élèves ». Et elle a éclaté de rire. Elle a dit: « Il y en a plus de deux ». J'ai dit : « Vraiment, plus de deux ? » J'ai pensé qu'ils étaient peut-être quatre, ou six. Non. Chaque gamin de l'école avait déjà écrit une histoire ! Il y avait plus de cent histoires. Ils sont tout à coup tous venus les déposer sur le bureau. Après avoir seulement entendu parler du projet, ils allaient tous écrire une histoire.

Je ne pouvais pas m'occuper de toutes ces histoires l'été dernier, mais ce que j'ai compris, c'est que les enfants voulaient les écrire. Nous travaillons donc sur ces histoires, et mes étudiants les illustrent, et les saisissent dans le logiciel. Nous travaillons sur ce paquet d'histoires.

Les écrivains de Elmina.

Alors que faisons-nous cet été ?

Cet été nous avons un nouveau programme où nous avons des consignes d'écriture. Comment écrire un récit, le vocabulaire de la description, le lieu, les personnages, et l'intrigue. Une chose que j'ai remarquée avec notre paquet d'histoires est qu'elles ont peu de structure, c'est pourquoi une des choses que nous avons faites cet été a été de les initier aux consignes d'écriture, et ils ont parfaitement compris. De quelques paragraphes à plusieurs pages, nous trouvons des récits très descriptifs et intéressants.

Je les observais en train d'écrire. J'ai remarqué que certains copient, les garnements. Et d'autres écrivent librement. Le titre d'une histoire était « La fille qui a épousé un fantôme ». J'aimerais savoir ce que raconte cette histoire.

Je veux lire cette histoire. Et peut-être que certains copieront sur un autre au début, nous allons tous nous assoir et les lire ensemble, et si nous trouvons deux fois la même histoire, on s'en rendra compte.

Pouvez-vous me dire ce qu'il y a habituellement dans une séance avec les enfants ?

Nous apprenons encore, mais quand je suis venu l'été dernier, une chose que j'ai remarquée est que beaucoup d'histoires n'avaient pas un début, un milieu ou une fin. Pour un récit complet, vous devez introduire l'histoire, la raconter, et enfin la conclure. On en parle pendant nos cours.

Je fais aussi beaucoup de recherches sur les histoires populaires, surtout d'Afrique de l'Ouest, depuis maintenant deux ans. Vous connaissez Anansi ?  Quand je lis une histoire d'Anansi, je sais, souvent, si elle est originale. S'ils veulent raconter une histoire d'Anansi c'est bien, mais nous les encourageons à les personnaliser un petit peu, et à les enrichir pour qu'elles soient différentes.

Les enfants du Projet d'écriture.

Comment marche le projet cet été ?

Nous travaillons avec cette école et elle a participé avec ses propres fonds pour acheter ses ordinateurs. Même si les ordinateurs ont souvent vingt ans, bien qu'elle en ait de plus récents, c'est toujours une base pour démarrer.

Nous avons amené des bénévoles des États-Unis avec des ordinateurs portables. Ils peuvent travailler avec trois élèves chacun, et saisir les récits dans les ordinateurs. Ensuite demain ils corrigeront et illustreront les histoires avec des images. Les élèves écrivent et illustrent l'histoire, et nous les aidons à les mettre sur l'ordinateur. Et demain nous faisons aussi une séance de formation pour les enseignants, pour que quand nous nous en irons, ils soient capables de se débrouiller seuls.

Qu'est-ce qui arrive à leurs histoires une fois qu'ils ont fini de les écrire ?

Le dernier jour, nous organiserons une fête des livres. Nous donnerons à chaque élève un livre imprimé, et nous donnerons un ordinateur portable et une imprimante à l'école. C'est tout ce dont ils ont besoin pour pouvoir continuer avec l'enseignant qui participe depuis le début.

Nous encourageons le cercle vertueux de la lecture et de l'écriture :  Lire, Écrire, Faire lire. Toujours partir de la lecture. Et même mieux : commencer par lire un livre qu'un autre élève a écrit. Ça leur donne alors l'envie d'écrire un livre, qu'ils font alors lire aux autres. Et ensuite l'autre élève le lira et aura envie d'écrire et de faire lire. C'est le cercle vertueux de la lecture et de l'écriture. S'ils l'entretiennent, ça continue de se développer. Ce que nous voulons, c'est nous assurer qu'ils puissent continuer ce cycle.

Comment fonctionnent les livres en ligne ?

Nous avons une bibliothèque en ligne pour le Ghana [en anglais]. Et tout livre réalisé au Ghana est le bienvenu dans cette bibliothèque. Tout le monde peut y accéder. C'est entièrement gratuit. Le logiciel est gratuit. La bibliothèque est gratuite. Toute personne disposant d'un ordinateur et d'une connexion Internet peut lire ces livres. Des enfants du Kenya, de Brooklyn, du New Jersey et de Californie liront ces livres. Et ils écriront leurs propres livres et les mettront également en ligne, et les enfants du Ghana pourront les lire. Et ils peuvent les télécharger et les imprimer.

Interview de Jonathan Thurston.

Ça donne des idées. Quels sont vos projets d'avenir ?

Si nous arrivons à faire marcher ça ici, nous pouvons en faire un modèle et le reproduire. Nous voulons aussi construire un  centre pédagogique pour travailler avec les écoles et poursuivre les programmes scolaires. Nous aurions une petite bibliothèque et une salle informatique et nous ferions des programmes comme le programme de création de livre. Nous voulons mettre à disposition des ressources pour pouvoir faire fonctionner d'autres programmes à l'avenir. Si quelqu'un veut faire fonctionner un atelier de comptabilité, nous ferons venir un comptable des États-Unis ou du Ghana pour faire fonctionner l'atelier. Nous voulons participer à la vie sociale et donner aux gens ce dont ils ont besoin : des programmes qui peuvent profiter à la société.

Vous avez parlé des étudiants ghanéens qui sont venus cet été des États-Unis pour travailler comme bénévoles ; pouvez-vous me parler de leur participation ?

L'un est l'un de mes anciens étudiants de Albright et l'autre est un de mes étudiants actuels ; travailler sur ce projet fait partie de sa formation universitaire. Leur aide est vraiment formidable à différents points de vue. Les deux s'engagent d'une telle façon. Je crois que les étudiants qui travaillent pour ce projet réagissent d'une façon qui leur est particulière. Pour un Ghanéen, étudier aux États-Unis est très coûteux, et ils viennent de famille qui en ont les moyens. Ils reviennent et aident ces gamins, et on peut espérer que ces gamins auront à leur tour cette chance. C'est aussi un bon modèle pour les élèves d'ici de voir que quelqu'un qui a travaillé dur pour être diplômé se soucie du Ghana, et y revient : quelqu'un comme eux, mais un tout petit peu plus âgé. Ça donne des idées aux gamins.

Le modèle de l'école est de forme pyramidale, et fonctionne avec tout le monde en bas, mais ensuite, plus vous vous élevez, plus la pyramide rétrécit, et moins il a de personnes qui y arrivent. Nous essayons de transformer cette pyramide en carré.

La fête de Bakatue

La fête de Bakatue

On peut découvrir l’ISABT [en anglais], rejoindre le groupe Facebook des Personnes qui veulent aider [en anglais], lire le blog de l'ISABT [en anglais] et voir comment se font ces livres au Ghana [en anglais].

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