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Graffitis et art urbain : Les rues d’Amérique latine donnent de la voix (Partie II)

Ce billet est le deuxième d’une trilogie sur les graffitis et d’autres formes d’art urbain dans divers pays d’Amérique latine. Pour accéder au premier billet, veuillez cliquer ici.

Dans les espaces publics, l’art de rue (ou art urbain) représente la voix de la communauté, des groupes marginaux et des jeunes qui luttent pour être entendus souvent en défiant la notion de propriété privée. L’Amérique latine ne fait pas exception. A la différence près que parfois l’art urbain latino-américain [en anglais] se distance quelque peu de l’art associé au mouvement hip-hop pour faire passer des messages politiques et raconter des histoires de luttes qui parlent directement au spectateur.

A travers les yeux des blogueurs, des utilisateurs du site de photos Flickr et des contributeurs à YouTube, nous vous offrons une visite en ligne de l’art urbain qui exprime secrets et passions à chaque coin de rue.

Cuba

Comme n’importe quelle communauté organisée, le graffiti a ses propres règles. L'outil de base de la création des graffitis est la peinture aérosol (ou spray). Les grapheurs expérimentés utilisent des valves de différentes tailles pour contrôler le spray et la pression de la peinture, et ré-utilisent les bombes aérosol afin de faire des économies. Ainsi, il est fréquent de trouver des artistes qui considèrent que les peintures urbaines faites avec d’autres moyens ou d’autres techniques (telles que la peinture acrylique, les pinceaux, entre autres) n'appartiennent pas à la communauté du graffiti. Ce genre de peinture est plutôt considéré comme “artistique”, comme le dit l’artiste guatémaltèque NEARsyx, blogueur de Hemisferio Urbano, dans la partie I de cet article. Autrement dit, c'est la variation des supports et matériaux dans le monde du graffiti qui est à mettre en rapport avec le terme « arts de la rue ».

Cependant, le cas de Cuba se trouve à mi-chemin, comme le montre le court documentaire Havana Bombings (créé et publié par Camila Fernández) sur le graffiti cubain :

L’un des interviewés explique les caractéristiques uniques du graffiti cubain [en espagnol, comme tous les liens] :

Por las características de la economía, se hace muy caro. Lo que supuestamente se hacía con spray porque el resultado es barato, aquí es todo lo contrario. Aquí el spray se encarece mucho. Se usan recursos alternativos. En el festival de Alamar, Rudolfo Renzoni, que fue el creador del festival internacional de rap, la gente, los graffiteros, decían “¿cómo vamos a hacer graffiti si no tenemos spray?”. Y él decía que no, para hacer graffiti no necesariamente necesitas spray.

Étant donné les caractéristiques de l'économie, travailler au spray revient très cher, car si aux États-Unis le spray est bon marché, ici, c’est le contraire. Ici, le spray revient très cher. Donc, on utilise des ressources alternatives. Au festival d’Alamar, Rudolfo Renzoni, le créateur du festival national de rap, disait que les grapheurs lui demandaient comment est-ce qu’on pouvait faire des graffitis sans spray. Et il leur a dit que non, que pour faire des graffitis, ils n’avaient pas nécessairement besoin de spray.

Le documentaire présente les artistes Ink (César Rojas) et NoNo12 (Yanelis Valdés) qui utilisent des pinceaux pour créer leurs œuvres sur les murs.

Une autre vidéo (de l’utilisateur vadebike) montre un rassemblement à Alamar, l’une des villes où le mouvement est le plus actif, réunissant des artistes urbains qui utilisent ces moyens « alternatifs » pour créer des graffitis.

Chili

Plusieurs raisons mènent à faire de l’art de rue. L’une d’elles est de redonner vie aux espaces publics avec de l’art communautaire plutôt que de vendre les œuvres, dans les lotissements et sur les murs abandonnés. Le blog KELP (« kultura en la pared » / « kulture sur le mur ») a une approche esthétique similaire à celle de l’art de rue, en se concentrant sur le graffiti comme un moyen de mettre en relief l'environnement urbain au Chili. Voici ce qu’il propose :

KELP.cl busca explorar y promover el trabajo plástico del graffiti, casi desde la perspectiva disciplinar del diseño. Su postura no es reaccionaria ni violenta. Rechazan el vandalismo. Tampoco profundizan en la ideología o el conflicto social que hay tras de muchas de estas expresiones. Eso les permite centrarse principalmente, en la propuesta estética, por lo que generalmente escogen los mejores ejemplos mundiales

KELP.cl explore et met en valeur le travail plastique du graffiti, du point de vue du design. Leur attitude n'est ni réactionnaire ni violente. Ils rejettent le vandalisme. Ils ne se mêlent pas non plus d’idéologie ou des conflits sociaux qui se trouvent derrière ces expressions. Ceci leur permet de se concentrer principalement sur la dimension esthétique, raison pour laquelle ils choisissent d’habitude les meilleurs exemples mondiaux.

Un peu plus tôt cette année, l’auteur de KELP a publié un portrait de Grin, un artiste chilien actif depuis plus d’une décennie. Grin associe sa passion pour le graffiti à une autre discipline urbaine : l’architecture. Il pratique ces deux disciplines sur d’énormes murs en jouant avec la profondeur et la texture, qui parfois se mélangent avec la structure de l’immeuble.

Photo de KELP. Publiée avec autorisation.  www.kelp.cl

En passant en revue la grande collection de photos de rues du Chili de Street Art Valparaíso, de Chile*stencil ou de Los Muros Nos Hablan, il est facile de trouver d’autres exemples créatifs qui montrent comment les constructions urbaines et les fantaisies en couleurs partagent le même espace de façon harmonieuse :

Photo de justin fain. Publiée sous licence Creative Commons. Lien : http://www.flickr.com/photos/fainspawn/2769790038/

Amérique latine

Graffiti suramericano, South American Graffiti et SMNR sont quelques uns des groupes de Flickr qui recueillent des œuvres d’art de rue du continent. Le réseau des blogs Murales Políticos dédie un blog à plusieurs pays d'Amériques latine afin d’exposer une intéressante galerie de fresques d'inspiration politique.

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