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Pérou : La grève des mineurs d'or continue

Le dimanche 4 avril, un utilisateur péruvien de Twitter, Jhon Cornejo (@ionCornejo) a commenté avec colère et sarcasme l'hommage rendu par le Président Alan García au chanteur péruvien récemment disparu Jesús Vásquez [les liens sont en espagnol, sauf mention contraire] :

Alan canta en velorio de Jesús Vásquez (lamentable perdida para el Perú). Ojalá tambien cante en el velorio de los muertos en Chala.

Alan chante à la veillée funéraire organisée pour Jesús Vásquez (une grande perte pour le Pérou). Espérons qu'il chante aussi à la veillée funéraire pour les morts de Chala.

Il fait référence aux victimes des affrontements entre la police et des mineurs qui avaient bloqué la partie sud de la Route panaméricaine [en français] près de Chala, dans la région d'Arequipa. Ce blocage faisait partie des manifestations organisées par la Fédération minière de Madre de Dios (FEDEMIN en espagnol) et celle des orpailleurs, les Artisans Mineurs du Pérou (FENAMARPE). Le blog La Vanguardia explique leurs revendications :

La comunidad minera exige la derogatoria del Decreto de Urgencia N° 012 – 2010, del Decreto Supremo Nº 019-2009, que la hidroeléctrica de Inambari no sea construida y la destitución del Ministro del Ambiente, Antonio Brack Egg.

Les mineurs demandent l'abrogation du décret d'urgence N° 012-2010, celle du décret de la Cour suprême Nº 019-2009, que la centrale hydro-électrique Inambari ne soit pas construite et que le ministre de l'environnement Antonio Brack Egg soit limogé .

Le blogueur explique le contexte :

es necesario que se informe a la población sobre futuros proyectos en territorio peruano … la población jamás va a estar tranquila con la idea de que un amplio tramo de la Carretera Interoceánica … sea inundado. Tampoco aceptaría el desplazamiento de las poblaciones cercanas al proyecto y la deforestación … La población sentirá los efectos negativos en sus actividades agrícolas a menos que, se vean frente a la oportunidad de una verdadera mejora en la calidad de vida.

en tanto a la derogatoria del Decreto de Urgencia 012 – 2010, … intenta formalizar la pequeña minería y la minería artesanal en el departamento de Madre de Dios; … plantea la recuperación de zonas degradadas por la minería informal. De esta manera, se crea el establecimiento de zonas de exclusión minera y zonas donde sí se puede realizar esta actividad.

El Decreto de Urgencia 012-2010, al igual que el Supremo 019-2009, buscan la protección de nuestras áreas naturales. Sin embargo, mientras tanto ¿Qué van a hacer los trabajadores mineros de este departamento?

Il est nécessaire que la population soit informée des projets futurs sur le territoire péruvien…la population ne sera jamais d'accord avec l'idée qu'une grande partie de l'autoroute Inter-océans finira sous les eaux. De plus, elle n'acceptera pas le déplacement des populations vivant à proximité et la déforestation…La population subira des effets négatifs sur l'activité agricole, à moins qu'ils ne voient une occasion d'avoir une qualité de vie réellement meilleure.

A propos de l'abrogation du décret d'urgence 012 – 2010 … il tente de donner une assise légale à l'exploitation de petites mines et aux orpailleurs dans le département de Madre de Dios… il propose la réhabilitation des zones dégradées par les mines traditionnelles. De cette façon, des zones d'interdiction d'exploitation minière seront créées, ainsi que des zones où ce type d'activités est autorisé.

Le décret d'urgence 012-2010, de même que le décret de la Cour suprême 019-2009, sont destinés à protéger nos zones naturelles. Mais que feront les mineurs de ce département pendant ce temps ?

Martín Soto Florián du blog SNm, écrit qu'il s'est rendu récemment dans la ville de Puerto Maldonado où il a pu constater sur place les effets de cette grève :

1. Existe gran temor entre la población, esto alcanza a tirios y troyanos, incluídos funcionarios públicos (se recuerdan los antecedentes de 2008, quema del Gobierno Regional, y 2002, quema de la sede del Ministerio de Agricultura).

2. Se estima un Paro de grandes dimensiones, constituyendo puntos críticos los siguientes: Inambari, Puerto Maldonado y el Aeropuerto, también fue mencionada la posibilidad de toma de edificios públicos y de quema del Poder Judicial de Puerto Maldonado.

He estado allí, donde verdaderamente impera la ley del más fuerte …He visto y escuchado las historias, he observado los movimientos de alimentos, de utensilios, y también de gente. Los mineros habitan en pueblos fantasmas, que me recuerdan las pelas del lejano oeste y los sueños dorados, operan con gran maquinaria, contaminan y tienen un gran poder adquisitivo: se juegan la vida por su oro. Pretender retirarlos de la minería sin tentar otras puertas, es una sincera invitación a la violencia. Creo que no estamos preparados para lo que se viene, y creo que no nos importa porque –seamos honesto- esto va a suceder harto lejos de aquí.

1. La population a très peur, de quel côté quelle soit, de même que les fonctionnaires (souvenez-vous des antécédents de 2008, de l'incendie du siège du gouvernement régional, et en 2002, de celui du siège du ministère de l'agriculture).

2. On estime que la grève est très suivie, et qu'elle touche des points névralgiques dans les zones suivantes :  Inambarí, Puerto Maldonado, l'aéroport. On parlait aussi de la possibilité que des bâtiments publics soient pris d'assaut et que le feu soit mis aux  bureaux du tribunal à Puerto Maldonado.

J'étais là bas, là où la survie du plus fort est la loi … J'ai vu, et j'ai entendu les histoires, j'ai observé comment les provisions, les outils et aussi les gens circulaient. Les mineurs et les orpailleurs vivent dans des villes fantômes qui me rappelle le Far West et les rêves de la ruée vers l'or, où de grosses machines tournent, contaminent et où il y a de grosses sommes en jeu : ils risquent leur vie pour leur or. Quand on essaie de faire cesser l'exploitation minière sans proposer d'autres solutions, c'est une invitation sincère à la violence. Je pense que nous ne sommes pas préparés à ce qui va arriver, et je pense que nous n'y accordons pas d'importance car – soyons honnêtes – tout ceci aura lieu loin d'ici .

Sur Twitter, des personnes qui sont passées dans la ville de Puerto Maldonado ont décrit la situation :

Etni Flores Barriga (@etnof):

Hoy hubo inusitado transito aereo en Puerto Maldonado, al parecer esta llegando contigente policial, para cautelar el orden en esta ciudad.

Aujourd'hui, il y avait des mouvements aériens inhabituels au dessus de Puerto Maldonado, apparemment, un contingent de police arrive pour maintenir l'ordre dans la ville.

Fauna Forever (@faunaforever):

Emeterio Nuñoncca (CICRA): Pasaron 17 embarcaciones llenos de personas a Puerto Maldonado (por el paro minero).

Emeterio Nuñoncca (ICRC): dix-sept bateaux pleins de gens sont passés à Puerto Maldonado (pour la grève des mineurs).

Enso A. Pita Mejia (@ensopita):

me llamaron de puerto maldonado, los mineros se estan reuniendo en la feria agropecuaria, y al parecer son mas de 10 mil.

On m'a appelé de Puerto Maldonado, les mineurs se rassemblent à la foire agricole, et il semble qu'ils soient plus de 10 000.

RPP News (@RPPNoticias):

Reportan que miles de mineros informales marchan por calles de Puerto Maldonado

Il y a des informations selon lesquelles des milliers de mineurs sans titre de mine défilent dans les rues de Puerto Maldonado.

Les médias traditionnels comme RPP ont ensuite annoncé que la manifestation des mineurs et orpailleurs à Puerto Maldonado n'avait finalement pas eu lieu dans la ville même, malgré les craintes. On a aussi appris que la grève a débuté dans les villes de Apurímac et Arequipa. Malheureusement, dans la ville de Chala, il y a eu des victimes – comme nous le précisions au début de cette revue de blogs : trois mineurs et un conducteur de moto-taxi, peut-être suite aux tentatives par la police de faire évacuer les barricades édifiées sur la route Panamericaine.

Le journal El Comercio a annoncé que les mineurs de Puerto Maldonado avaient organisé la manifestation eux mêmes en la finançant par des dons en pépites d'or d'une valeur équivalente à 60 000 dollars US. Le journal La República écrit que, bien que le président Garcia ne veuille pas parler des morts à Chala, il a défendu les mesures énergiques qui ont été prises pour maintenir le calme ; “Nous voulons qu'il y ait du travail pour les mineurs, mais dans un cadre légal, ce qui  se passe à Madre de Dios est atroce : les rivières sont de la couleur du mercure, de l'arsenic, c'est dramatique…Les vrais coupables sont les mineurs et orpailleurs à la tète d'exploitations de taille moyenne qui utilisent la technique du dragage. Ce que nous essayons de faire est de montrer que l'état a le contrôle et de faire saisir les dragues.

Un autre journal, Perú 21, annonce qu'en plus des quatre victimes, on dénombre au moins 17 blessés à Chala, en Arequipa. Il cite aussi le premier ministre péruvien, Javier Velásquez qui a déclaré : “Des investisseurs russes et brésiliens financent la grève en sous-main (…) pour que le décret qui régule les activités minières reste sans effets… Ces personnes seront trouvées, elles seront interdites de territoire et des poursuites judiciaires seront engagées.

Selon un article du journal La República, qui suit les événements à Chala, il semble que la situation soit toujours dans une impasse car “les manifestants disent qu'ils ne cesseront pas leur action tant que l'état n'accordera pas un statut à leur activité. Ils ont aussi dit qu'ils “feraient payer pour chacune des victimes.”

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