Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Japon : Pas de liens vers le site du journal Nikkei – la blogosphère réagit

Quiconque grandit dans une famille de “salary-men” (employés) au Japon est destiné un jour à porter une cravate, boire du café et lire le journal Nikkei. Ce sont ces attributs qui vous font passer à l’âge adulte. Bien entendu, il s’agit là d’une caricature mais elle donne une idée de l’importance du journal Nikkei au Japon.

Le Nihon Keizai Shimbun (日本経済新聞), plus connu sous l’abréviation Nikkei, a récemment annoncé une mesure concernant la création de liens renvoyant vers son nouveau site web. Ainsi, les liens extérieurs renvoyant à des articles spécifiques sur son site sont interdits et la création de liens vers la page d’accueil du site est soumise à approbation (en anglais). Tout manquement à cette règle pourrait entraîner des poursuites.

Cette nouvelle n’est pas bien passée dans la blogosphère du Japon.

Sleepy or sleeping people including me:Urbanity 8' by Flickr user hira3 and used under a Creative Commons license

Photo sur Flickr de hira3

Le blogueur Hits-Key s’indigne [en japonais] :

そもそも日経はそれぞれの申請に逐一ていねいに審査しているのでしょうか? できるのでしょうか? リンクされたことによってトラブルが起きてはいけないからという企業イメージ保護戦略だとするならば,事なかれ主義にもほどがあります。一般的な無断リンクでは,日経が責任を問われることは少ないでしょう。道義的な責任すらです。

Est-ce que le Nikkei va vraiment examiner chaque requête ? Est-ce que c’est seulement réalisable ? S’il s’agit d’une stratégie visant à protéger l’image de l’entreprise face à d’éventuelles difficultés, trop, c’est trop. Il serait bien extraordinaire que le Nikkei soit tenu responsable d’un référencement fait sans son accord préalable. Cela m’étonnerait même qu’il ait une quelconque responsabilité morale.

Asiajin prend ses distances [en anglais] :

La Twitter-sphère japonaise est contre [en japonais] cette mesure parce qu’elle est vraiment dépassée. On se demande ce que le Nikkei peut y gagner et ce qu’il tente de protéger en faisant ça. J’ai publié plus haut un lien vers la une du journal sans demander l’autorisation et on verra bien s’ils me poursuivent.

Ayant travaillé pour un grand journal, Kappei Nakano du blog ASCII comprend mieux le point de vue du Nikkei. Il s’est penché sur l’attitude adoptée par les journaux nationaux japonais sur la question des référencements et il a trouvé trois raisons pour lesquelles ceux-ci ont cette attitude rigide.

理由1:クレームに対応したくないから
理由2:見出しに著作権が認められなかったから
理由3:個別の記事は更新、削除されることがあるから

Premièrement : ils ne veulent pas avoir à traiter des plaintes.
Deuxièmement : les titres ne sont pas protégés par le copyright.
Troisièmement : les articles peuvent être modifiés ou supprimés.

こうして見ると、新聞社のリンクポリシーは、担当者が馬鹿で時代遅れだから、無断リンクを禁止しているわけではない。コン プライアンス的配慮からリンクポリシーを策定して公開し、事業化できるかわからないのに時代に乗り遅れないようにWebでニュースを配信している、という のが新聞社側の言い分だろう。

ただ、リンクポリシーを策定する動機がどこかサラリーマン的で責任回避の姿勢が見え隠れするから、一部のユーザーに嗤われる。「原則自由だけど、引 用先のことまでは責任が持てないよ」ということを大人の言葉で書けば十分のはずだが、新聞社のような明治生まれの業界に「リンクは自由で当たり前」の文化 を持ち込むのは難しい。「馬鹿」と罵るのは簡単だが、「せめてトップページだけは自由に」と社内で根回ししている人たちの存在を思い出してみた。

Les règles imposées par les journaux à propos des liens renvoyant vers leurs propre sites  par d'autres sites web n’ont pas été créées parce que le responsable est bête ou vieux jeu. Les groupes de presse soutiennent que ces mesures sont mises en place pour se plier aux exigences de la loi. De plus, ces sociétés publient des articles en ligne pour rester compétitifs dans le monde actuel, sans savoir si cette pratique peut devenir rentable.
Quoiqu’il en soit, on devine la présence de motifs cachés derrière ces mesures, qui rappellent les manigances mesquines que le petit employé utilise pour éviter les responsabilités, et ceci rend quelques utilisateurs furieux. Si ces mesures étaient formulées différemment, les réactions pourraient être meilleures : « Créer un lien reste de l’initiative de l’utilisateur mais l’entreprise ne peut être tenue responsable de ce qui se fait sur des sites externes. »
Il est difficile pour un secteur apparu à l’ère Meiji [en français] d’accepter le principe de la liberté de création de liens hypertexte. Il est facile de les appeler des imbéciles mais je me rappelle le temps où l'équipe chargée des sites dans les rédactions  s’affairait à vendre et acheter des faveurs au sein même du journal, essayant de gagner un consensus [pour obtenir le droit de créer un lien hypertexte vers la page d'accueil de leur propre journal !]

Kenta Echigoya est plus mesuré :

ところで「リンクポリシー」って、どうしてどこのウェブサイトも「自分のウェブサイトにリンクする際のお願い事」しか書いていないんだろう。自分の側が他者のウェブサイトにリンクする際の方針を謳っている所があってもいいような。

D’ailleurs, pourquoi est-ce que les règles concernant les liens ne s’appliquent-elles toujours qu’aux liens créés à l'extérieur ? Ne pensez-vous pas qu’il faille aussi que vous donniez votre avis sur les liens que vous établissez vous-mêmes vers d’autres sites ?

Beaucoup de blogueurs japonais soulignent que ce problème était apparu dans l’univers anglophone, à la suite d’un article du New York Times [en anglais]. Le blogueur Takosaburou a traduit cet article en japonais.
Se référant également à un article de Crunchgear [en anglais] qui s’intéressait aux « astuces » en code HTML utilisés par le Nikkei, l’ingénieur Kazuo Kashima a ouvert sur son blog une discussion intitulée « Est-ce qu’on se moque des Japonais (?) à cause du Nikkei (?)» [en japonais] :

TechCrunchの記事は、「2001年頃にはそういうサイトもあったよねー(笑)」みたいな内容です。The NY Timesの記事はそれほど馬鹿にはしていませんが、日経の今回の措置が日本のネットユーザーから馬鹿にされている事実も少し取り上げています。

L’article de TechCrunch dit en résumé : « Des sites de ce genre existaient aux alentours de 2001 (lol) ». L’article du New York Times n’est pas aussi fortement ironique, mais il rapporte le fait que les internautes japonais se moquent des nouvelles mesures prises par le Nikkei.

Famidra demande s’il est juste qu’une institution aussi influente prenne une telle décision [en japonais] :

それをわざわざ、新聞社側の勝手な都合で特約的に禁止しているだけの話ですが、フェア・ユースという観点を考えれば、国民に多様な情報を発信しており、第4の権力とも言われるメディア界がこのような不当に重い制約を課しているのは少し疑問に感じられます。

Cette mesure semble être une règle particulière qui convient aux intérêts de l’entreprise. Du point de vue d’une pratique légitime, cependant, je trouve suspect qu’un média traditionnel de masse, le quatrième pouvoir, impose une restriction aussi inutilement sévère.

Certains blogueurs profitent de cette occasion pour prendre du recul et examiner l’état critique dans lequel se trouvent les journaux en général.
Masahito Otsuka fait part de ses réflexions :

こういう状況でわざわざ金を出しているのだから、自分がネットで知り得る以上の情報を新聞社に求めるのは当然のことだ。実 際に日経の電子版を使ってみないとわからないことだが、正直言って電子版でそこまでの記事があるのかは疑問だ。しかし、そういう記事がなければ電子版も失 敗するだろうし、いつかは紙の新聞も購読されなくなるだろう。

iPhoneで読めるとか便利に検索できるなどの機能も結構だが、自分が新聞社に求めているものはズバリ「ネットで知り得る以上の情報」である。

Lorsqu’on débourse de l’argent pour acheter un journal, il est naturel qu’on demande plus d’informations que ce qui est disponible en ligne. Je n’ai encore jamais utilisé la version électronique du Nikkei, mais ça m’étonnerait qu’on y trouve des articles qui aient une valeur similaire à ceux de la version papier. Et cependant, sans cette valeur-là, la version électronique sera un échec et la version papier continuera à péricliter. La fonction « Rechercher » et la compatibilité avec l’iPhone, c’est pas mal, mais ce que je cherche dans un journal, c’est une information dont la qualité aille au-delà de ce qui est disponible en ligne.

Et il propose une solution.

逆に、こうしたらどうだろう。ネットにはリンクや引用されてもいいような情報だけ公開して、紙の新聞の宣伝として最大限に 使う。制限するより、むしろソーシャルネットワークなどを強力にからめて情報の流布を積極的に奨励する。そして重要で深い記事は徹底的にすべて紙で書く。

つまり「続きはWEBで」ではなく「続きは紙で」だ。

[…] NYTの統計を見ても、日本人はまだまだ紙の新聞を読んでいるのだ。今ならまだ間に合う。日本の新聞社、特に日経には、世界最強の取材力をつけて是非深い記事を書いていただきたい。ひとりの購読者として、これを切に願う。

Qu’en dites-vous ? On pourrait réduire le contenu de l’édition en ligne aux liens et aux informations qu’on aurait le droit de citer. On pourrait l’utiliser pour augmenter la promotion de l’édition papier, permettre des échanges avec les réseaux sociaux au lieu d’en restreindre l’usage et encourager la diffusion de l’information. On pourrait restreindre la publication d’articles de fond et celle d’informations importantes au support papier uniquement. Au lieu de faire passer le message « Rendez-vous sur notre site web pour plus d’informations », ce serait : « Achetez l’édition papier pour plus d’informations ». Les statistiques publiées dans l’article du New York Times montrent que les Japonais sont encore des lecteurs avides des journaux sur support papier. Il n’est pas trop tard. J’aimerais que les journaux japonais, et en particulier le Nikkei, fassent un gros effort sur les talents journalistiques et produisent des articles qui provoquent la réflexion. Ceci est mon grand espoir parce que je suis un de vos lecteurs.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
* = required field
Non merci, je veux accéder au site