Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Asie du sud-est : les nouvelles technologies pour une meilleure gouvernance

Un petit rappel sur le concept de  “gouvernance” et son origine

[Les liens sont en anglais] En Asie du sud-est, le terme “gouvernance” est bien connu, il est associé à transparence, responsabilité et engagement civique, qui  fait l'objet de grands débats. La gouvernance a été un sujet brûlant pendant la crise financière de 1997 qui a exigé des gouvernements de la région d'adopter de nouvelles mesures législatives.

Ce fut le cas, par exemple, en 1999 quand la Thaïlande a officiellement adopté six mesures de bonne gouvernance : le gouvernement par la loi, l'intégrité, la transparence, la participation, la responsabilité et la valeur de l'argent. Singapour a aussi adopté des principes de bonne gouvernance basée sur la responsabilité et la transparence, des orientations à long terme et la justice sociale. En Malaisie, le problème de la bonne gouvernance se traduit par un principe réformateur, exprimé dans la contestation contre le régime en place et la culture politique dominante, comme l'illustre l'arrestation de Anwar Ibrahim en plein milieu de la crise financière (malheureusement, la dénonciation de la corruption par M. Ibrahim avait été assombrie par des rumeurs sensationnalistes sur son homosexualité). Au Cambodge, la bonne gouvernance s'entend comme le fondement de la “Stratégie rectangulaire” pour la croissance, l'emploi, l'équité et l'efficacité qui a pour but de combattre la corruption, de réformer le système législatif et du service civil et de décentraliser des compétences clés du gouvernement.

Pourquoi une gouvernance ?

La gouvernance est généralement définie comme les “mécanismes et les processus pour les citoyens et les associations de définir leurs intérêts, composer avec leurs différends et jouir de leurs droits et obligations.” Malgré les différences de définitions de la gouvernance, la transparence, la responsabilité et la participation sont généralement considérées comme les éléments clés de la gouvernance. Ces éléments fonctionnent de manière interdépendante pour assurer le solide développement d'un pays.

Problèmes de gouvernance

Certains aspects de la gouvernance se sont améliorés après l'adoption de mesures politiques, prises à la suite de la crise financière, mais les problèmes de corruption, du respect des droits humains et les restrictions sur les libertés d'expression existent encore naturellement dans cette région du globe. Les gouvernements ont fait des efforts pour améliorer le cadre légal et les infrastructures institutionnelles pour promouvoir transparence, responsabilité et participation des citoyens. La lutte contre la corruption, par exemple, s'est traduits par la création de l'Agence contre la corruption en Malaisie et la Commission  anti-corruption à Timor-est, le bureau du médiateur aux Philippines, le Bureau d'investigation sur les pratiques de corruption à Singapour, la Commission pour l'éradication de la corruption en Indonésie, la Commission nationale anti-corruption en Thaïlande et le Bureau anti-corruption au  Brunei. Cette tendance a été aussi révélée dans une récente étude sur la loi anti-corruption au Cambodge et la Whistle Blower Law (loi sur la dénonciation de la corruption) en Indonésie. Cependant, les pays d'Asie du sud-ouest se classent en tête dans le Rapport sur la perception de la corruption, de l'ONG Tranparency International, à l'exception de Singapour. En outre, le Cambodge, la Malaisie, Timor Est, l'Indonésie et le Vietnam ont été définis par l'analyse quantitative 2010 de la Freedom House comme des pays se trouvant à un carrefour critique entre crédibilité des gouvernements, respect des libertés fondamentales et de la loi, ainsi que dans leur lutte contre la corruption et pour la transparence.

La corruption a été dénoncée de manière spectaculaire et fréquente à de hauts niveaux de responsabilité gouvernementale. En 2010, par exemple, trois leaders d'Asie du sud-est ont face à de sérieuses accusations de corruption : le Président Abdurrahman Wahid en Indonésie, le Président Joseph Estrada aux Philippines et le Premier ministre Thaksin Shinawatra en Thaïlande. La corruption systématique dans la plupart des pays de la région a handicapé la progression du respect de la loi, là où une culture de l'impunité a jusqu'à présent prévalu. Dans de nombreux cas, le respect de la loi a été dévoyé pour décourager l'exigence de participation civique des citoyens, pour un gouvernement transparent et responsable.

Le mouvement pour une meilleure gouvernance

La mondialisation et le développement technologique ont facilité l'accès à l'information et la participation des citoyens, même si les problèmes de gouvernance constituent encore des défis. Les progrès des organisations de la société civile ont changé cette tendance en responsabilisant et en renforçant la participation. Les ONG sont habituellement des acteurs clés dans ce domaine. Les progrès technologiques ont changé cette tendance avec par exemple l'apparition de réseaux de journalisme citoyen. Cependant, cette tendance en est encore à ses débuts et dépend des restrictions locales.

Dans le cas du Cambodge, par exemple, le concept du journalisme citoyen est encore relativement peu connu, comparé à d'autres pays de la région. Le concept de “démocratie numérique” est en train de naitre, mais la participation de jeunes blogueurs pour défendre leurs droits est loin d'être courante. Le maintien de mesures restrictives légales, juridiques par les gouvernements et par la police, qui visent généralement  des politiciens, des journalistes et des militants critiques envers le gouvernement, freine une plus grande participation des jeunes. C'est pourquoi les initiatives pour d'avantage de démocratie sont encore principalement conduites par les associations, comme Sithi, le portail d'un mouvement cambodgien de défense des droits humains qui se propose d'enquêter et de produire des rapports sur les violations des droits humains, ou bien Saatsam, un site qui collecte des informations sur la corruption pour encourager les citoyens à lutter contre elle. Cette tendance est probablement partagée par des pays émergents comme Timor-Leste, où des initiatives d'ONG comme Lalenok Ba Ema Hotu (“Le Miroir du peuple,”) ont pour but d'accroitre la prise de conscience, de faire campagne pour la transparence, la responsabilité, la bonne gouvernance, la justice économique et la lutte contre la corruption ; ou encore le Centru Jornalista Investigativu Timor Leste [le Centre de journalisme d'investigation de Timor-Leste] une publication en ligne quotidienne qui se présente comme “le dernier espoir quand le système juridique non fonctionne pas.”

Les pays où les progrès technologiques et les revendications des citoyens sont mieux tolérés ont une plus grande implication des citoyens et une société civile plus vigoureuse. Parmi quelques exemples, Penang Watch et 15 Malaysia en Malaisie; blogwatch ou VoteReportPH aux Philippines, et theOnlineCitizen à Singapour, initiatives dirigées par des associations ou des groupes de blogueurs engagés qui se battent pour une meilleure gouvernance.

Les niveaux des initiatives varient mais la région est confrontée aux mêmes défis dans la réalisation de ses projets. Parmi les problèmes, le manque de bénévoles, l'insuffisance du niveau technologique et des capacités pour produire de l'information, et des obstacles d'ordre juridique, comme l'absence de loi sur la liberté d'information ou l'existence de lois répressives pour la publication.

A Singapour, par exemple, on remarque trois types de censure :

“Le premier est représenté par les lois adoptées par le Parlement qui limitent la liberté d'expression. Le deuxième est représentée par la censure imposée par les institutions publiques qui sont autorisées par la loi à élaborer des lignes directrices et des politiques relatives aux libertés d'expressions. Un aspect clé de ce deuxième type de censure est constitué par le manque de transparence et la nature nébuleuse de son application, qui conduit à la confusion des lignes entre ce qui est acceptable ou non. Ce qui à son tour crée un climat dans lequel des écrivains, des blogueurs, des artistes et des politiciens appliquent l'auto-censure pour ne pas dépasser les limites de ce qui est permis. Ce climat d'autocensure constitue le troisième type de censure à Singapour.”

Aux Philippines, le militantisme est une activité dangereuse. “Sous l'administration actuelle, plus de 1 000 militants et différentes personnes ont été tuées sans que leurs meurtriers soient jugés. Tant que l'impunité aura cours, les activistes, qu'ils agissent en ligne ou dans la vie réelle, rencontreront toujours des difficultés pour travailler,” rappelle Rick Bahague, chef du projet VoteReportPH.

En plus de l'accès lent et limité à Internet dans la région, la cyber-censure est  un autre obstacle, comme au Cambodge. Le fait que le gouvernement soit en train de mettre en place un contrôle de tous les services Internet au  prétexte de renforcer la sécurité d'Internet contre la pornographie, les vols et la cyber-criminalité est préoccupant.

Face à ces défis, le militantisme et l'engagement dans les ONG spécialisées et les institutions publiques sont des approches clés pour réaliser leurs projets. Parmi les projets examinés, Penang Watch essaie par exemple de travailler en étroite collaboration avec des institutions publiques pour les responsabiliser dans la résolution des problèmes des citoyens. Ils sollicitent avec insistance les institutions ou responsables des services publics pour répondre aux plaintes des citoyens. Les dirigeants de cette association adoptent une approche Name for Shame (“Donnez leurs noms, pour qu'ils aient honte”) en dernier recours. Cette approche s'est révélée efficace pour résoudre près de la moitié des plaintes présentées.

Dans un commentaire sur une récente étude de cas sur l'initiative VoteReportPH, David Sasaki remarque que lier l'éducation des électeurs à des ateliers de formation est une tactique efficace. David Sasaki a observé que souvent, l'installation d'un outil en ligne en logiciel libre tel que Ushahidi, qui permet aux citoyens de signaler des irrégularités lors des élections par SMS, n'attire que quelques volontaires et les personnels des ONG. Afin que cet outil associé à un projet puisse améliorer le suivi d'un processus électoral, VoteReportPH pourrait rencontrer les dirigeants de la Commission électorale nationale des Philippines, la COMELEC, pour étudier avec elle comment elle traiterait officiellement, et selon quelles procédures, les accusations de fraudes électorales qui seraient éventuellement révélés par ce biais (à ce propos, David recommande de jeter un coup d'œil sur cet article, Comment la Commission électorale nationale du Venezuela a assuré la transparence électorale – malgré les pannes des machines – lors du référendum de 2007.) Comme Penang Watch en Malaisie, VoteReportPH devrait travailler étroitement avec la COMELEC dans son enquête sur les fraudes électorales signalées. Une réaction officielle aux fraudes électorales  signalées encouragerait une plus grande participation des électeurs et rendrait  les élections plus crédibles.

The Online Citizen est une communauté fondée en décembre 2006 pour informer Singapour et les Singapouriens ce que les médias traditionnels ne disent pas. Son but est d'utiliser le journalisme militant pour accroitre la participation civique, la transparence dans la gestion des affaires publiques et la liberté de presse. TOC adopte une vision plus critique que les médias traditionnels en dénonçant les comportements de la classe politique et en créant un espace de débat pour les citoyens dont les préoccupations n'auraient pas trouvé de la place dans les médias traditionnels. TOC a eu des difficultés d'enregistrement comme Société à Responsabilité Limitée, à cause de critères restrictifs. Cette entreprise est encore à la recherche de personnes plus motivées, d'auteurs tenaces dans leur analyse. Tout en reconnaissant ces défis, le co-rédacteur en chef  Ravi Philemon pense toujours que l'accroissement de la participation des citoyens via l'utilisation d'outils en ligne permettra à TOC de continuer sa mission.

Un exemple de la manière dont ce site a contribué aux changements dans la vie réelle pourrait être le débat sur les travailleurs immigrés à Singapour. Après une semaine de campagne sur TOC en 2009, le Ministère du travail [Ministry of Manpower (MOM)] a fini par agir en intervenant dans les dortoirs qui hébergent ces travailleurs dans des conditions horribles. Le ministère a été aussi plus attentif quand ces problèmes ont été soulevés par TOC, en premier lieu, et les médias traditionnels par la suite. Il est donc souhaitable que l'équipe continue à être vigilante en restant active auprès des institutions publiques sur les problèmes qui sont dénoncés par les citoyens. Le groupe est en train d'explorer la possibilité d'utiliser les nouvelles technologies pour recueillir des idées auprès des citoyens, sur le modèle des initiatives Open Austin et  Datagov, où les citoyens peuvent soumettre des idées, des commentaires et voter en ligne pour faire ressortir les problèmes collectifs. Ce qui peut offrir aux internautes une navigation plus accueillante et plus claire sur les problèmes clés.

Leçon à retenir  : militantisme persévérant et  combat vigoureux

Les études de cas conduites en Asie du sud-est révèlent qu'un militantisme persévérant et un combat vigoureux associant un grand nombre de partenaires – y compris les institutions publiques ayant la capacité de sanctionner – porteront celles-ci  à ne plus considérer ces initiatives comme de simples sources d'informations mais comme le reflet des exigences de transparence provenant d'un plus grand nombre de citoyens. Plus il y aura des exemples d'exigences concrètes de transparence publiées en ligne et de preuve de l'adhésion populaire que ces projets suscitent, plus ils génèreront de l'intérêt et de la participation. Cependant, cela nécessite que la volonté volonté politique et la législation actuelle changent pour réduire le climat de peur qui freine une plus grande participation à ces projets citoyens.

A glance at the root and concept of “governance”

In Southeast Asia, a well-known term associated with transparency, accountability and civic engagement is simply “governance,” which became a highly and hotly discussed topic during the 1997 Financial Crisis that demanded the region put into place new governmental regulation.

It is evident, for example, in 1999 when Thailand officially adopted six elements of good governance: rule of law, integrity, transparency, participation, accountability and value for money. Singapore has also endorsed the principles of governance based on an accountable and transparent government, long-term orientation and social justice. In Malaysia, the issue of good governance plays the role of a reformist discourse in challenging the ruling regime and the dominant political culture, as was illustrated in the case of Anwar Ibrahim’s arrest in the middle of the financial crisis. (Unfortunately, allegations of corruption by Ibrahim were overshadowed by sensationalist rumors of his homosexuality.) In Cambodia, good governance has become a cornerstone of the National “Rectangular Strategy” for Growth, Employment, Equity and Efficiency which aims to combat corruption, reform the legal system and civil service, and decentralize key areas of government.

Why governance?

Governance is generally defined as the “mechanisms and processes for citizens and groups to articulate their interests mediate their differences and exercise their legal rights and obligations.” Notwithstanding the varying definition of governance, transparency, accountability and participation are commonly attached as the key elements of governance. These elements function interdependently to ensure the sound development of a country.

Governance Issues:

While acknowledging the improvement of governance issues following the policy adoption of good governance after the financial criis, the problems of corruption, human rights violations, and restrictive freedom to expression still remain in the region. Governments have shown their efforts to improve the legal frameworks and institutional structure to promote transparency, accountability, and civic participation. The anti-corruption effort, for example, can be witnessed through the creation of Anti-Corruption Agency in Malaysia, and the Anti-Corruption Commission in East Timor, the Office of the Ombudsman in the Philippines, the Corrupt Practices Investigation Bureau in Singapore, the Corruption Eradication Commission in Indonesia, the National Anti-Corruption Commission in Thailand, and the Anti-Corruption Bureau in Brunei. It is also revealed in the recent development of the Anti-Corruption Law in Cambodia, and the Whistle Blower Law in Indonesia. However, Southeast Asian countries are still ranked mostly at the top of Transparency International's corruption perception index, with the exception of Singapore. Furthermore, Cambodia, Malaysia, East Timor, Indonesia, and Vietnam have been recorded as countries at critical crossroads based on the Freedom House's 2010 quantitative analysis of government accountability, civil liberties, rule of law, and anticorruption and transparency efforts.

Corruption has been spectacularly and frequently demonstrated at high levels of government leadership. In 2001 alone, for instance, three Southeast Asia leaders faced major allegations of corruption: President Abdurrahman Wahid in Indonesia, President Joseph Estrada in the Philippines, and Prime Minister Thaksin Shinawatra in Thailand. Systematic corruption in most countries of the region has disrupted progress toward development and rule of law, where a culture of impunity has so far prevailed. In many case, rule of law has been corrupted in order to hinder civic participation's demand for open government and public accountability.

Movement for Better Governance

The globalization and development of technology has brought about better access to information and the advancement of civic participation despite the fact that governance issues are still challenging. The growth of civil society organizations whose roles are to advocate for the respect of human rights and open government have empowered citizens and promoted greater civic participation. While non-government organizations are traditionally key advocacy players, technological advances have changed this trend where citizen journalism network arises. However, the trend is still minimal and varies due to governance restriction in the region.

In the case of Cambodia, for example, the rise of citizen journalism is relatively low compared to other countries in the region. Though a notion of digital democracy is emerging, the participation from young bloggers in demanding their rights is far from the norm. The continuation of government restrictive measures via legal, judicial and police forces that usually targetedpoliticians, journalists, and activists who are critical to the government has hindered greater youth participation. Therefore, the governance advocacy movement is still mostly driven by civil society organizations, such as the case of Sithi, a Cambodian human rights portal that aims to crowdsource and curate reports of human rights violations, or Saatsam, a virtual library that stores corruption-related information aiming at encouraging public participation to alleviate corruption and promote transparency. This trend is probably shared by emerging countries like Timor-Leste where projects are run by NGOs such as Lalenok Ba Ema Hotu (“The Mirror for the People,”), aiming at raising awareness and campaigning for transparency, accountability, good-governance, economic justice and anti-corruption, and Centru Jornalista Investigativu Timor Leste, a daily online publication that describes itself as “the Last Hope, when the court system doesn't work.”

Countries where technological advancement and rising voices of citizens are more tolerated have greater civic participation and a more vibrant civil society. Examples include Penang Watch and 15 Malaysia in Malaysia; blogwatch and VoteReportPH in the Philippines, and theOnlineCitizen in Singapore, where they are run by voluntary bloggers or citizen groups advocating for better governance.

Although there are differing degrees of grassroots initiatives, the region faces similar challenges in running their projects. Problems include a lack of volunteers who stay committed with the projects, a lack of advanced technological and reporting skills, and legal obstructions like the absence of freedom of information laws or the existence of oppressive publishing laws.

In Singapore, for example, there are reportedly three tiers of censorship:

“The 1st tier are the legislations passed by Parliament which restricts freedom of expression. The 2nd tier of censorship are those imposed by government bodies which are authorized by law to draw up guidelines and policies pertaining to political expression. A key feature of this 2nd tier of censorship are the non-transparency and the nebulous nature of its implementation, which leads to a blurring of the the line of what is acceptable and non-acceptable speech. This in turn creates a climate where writers, bloggers, artists and politicians self-censor their speech in order that they do not overstep boundaries. This climate of self-censorship forms the 3rd tier of censorship in Singapore.”

In the case of the Philippines, on the other hand, activism is a dangerous field. “During the stay of the current administration, more than 1000 activists were victims of extra judicial killings. Unless the pattern of impunity is addressed, activists (online and offline) will always find it difficult to work,” says Rick Bahague, VoteReportPH’s Project Leader.

In addition to slow and limited internet access in the region, internet censorship is apparently another challenges for technology initiatives, like in the case of Cambodia. There are concerns that the government is implementing a state-run exchange point to control all local internet service providers under the claim of strengthening internet security against pornography, theft and cyber crime.

Notwithstanding these challenges, the persistent activism and engagement with relevant non-governmental and governmental agencies are a key approach to achieve their project goals. Among all documented projects, Penang Watch is attempting to work closely with government agencies to hold them accountable in solving residents’ complaints. In addition to insistently reminding agencies and/or individuals to respond to citizen complaints, they also adopt the “name and shame” approach as a last resort to push for complaint settlement. These approaches have proved successful in solving nearly half of all submitted complaints.

In a comment on the VoteReportPH case study David Sasaki notes that tying voter education to training workshops is a smart tactic. David has observed many instances of Ushahidi installations meant to crowdsource reports of voting irregularities, but these projects mostly attract the participation of just a few dedicated volunteers or non-profit staff.  In order for this project to truly bring about electoral accountability and a verified electoral process, it is suggested that VoteReportPH should meet with leaders from the COMELEC, the Philippines Commission on Elections, to develop a published framework for how COMELEC will respond to reports of voting irregularities. (Speaking of processes, David recommends taking a look at how Venezuela's National Election Council ensure voting transparency – despite instances of machine failures – in their 2007 referendum vote.) Learning form Penang Watch, VoteReportPH should engage closely with COMELEC in their investigation and resolution of reports of election fraud. Answerability to reported cases will be an incentive for greater participation from the public as well as to ensure that the elections are credible.

The Online Citizen: was founded in December, 2006 as a community aiming to tell stories about Singapore and Singaporeans that are not being told in the mainstream press. Their hope is to use advocacy journalism to stimulate more civic participation, open government, and free media through the use of online activist initiatives. TOC takes on a more critical role than mainstream media by challenging the mindset of policy makers and creating a space for average citizens whose concerns would not be echoed in mainstreamed media. TOC has faced difficulties in registering as a Limited Liability Partnership due to restrictive criteria. They are also still recruiting more committed, contributing writers who are persistent in their reporting. While acknowledging these challenges, Joint-Chief Editor Ravi Philemon optimistically believes that an expansion of civic participation through the use of online tools will allow TOC to continue its mission.

An example of how this site has contributed to offline change would be the issue of foreign or migrant workers in Singapore. After a one-week campaign on TOC in 2009, the Ministry of Manpower (MOM) took action – which include raiding various dormitory sites that house these workers in atrocious conditions. Also, the MOM has also been more answerable after these instances were first highlighted by TOC and later by the mainstream media. It is thus recommended that the team keep persistent in their advocacy work by staying engaged with responsible agencies to take action on issues that are raised from citizen reporting. The team is exploring the use of technology to crowdsource ideas from the citizens, modeled on initiatives like  Open Austin and  Datagov , where people are able to submit ideas, comment and build on ideas, vote ideas up and down. This may help offer visitors more user friendly navigation of key issues.

Key Lesson: Persistent Activism and Close Engagement

The project listings and case studies from Southeast Asia reveal that persistent activism and close engagement with a variety stakeholders – including government agencies with the power to sanction – will take these project from mere information to more accountability and increased civic participation. The more examples of concrete accountability that resulted from online information and participation that these projects can point to, the more successful they will be in generating interest and activism around their causes. However, this often requires broader changes political will and actual legislation to reduce the climate of fear that hinders broader participation in such projects.

1 commentaire

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français

Non merci, je veux accéder au site