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Les blogueurs de Global Voices : Tahina Rakotomanarivo à Madagascar

Ce billet a été publié en anglais sur notre site Rising Voices par Rezwan.

Tahina Rakotomanarivo blogue depuis Antananarivo, la capitale de Madagascar. En 2008, il a participé à un atelier de formation au journalisme citoyen organisé par le club de blogueurs malgaches FOKO à Madagascar, financé par une bourse Rising Voices, à Madagascar, ainsi que ses camarades d'un club d'apprentissage de l'anglais, et sa vie a changé.

Image courtesy: Annie Rasoa
Photo Annie Rasoa

Il a intitulé son blog personnel ‘Madagascar not the Movie‘ [Madagascar, pas le film] car il souhaitait lutter contre le fait que Madagascar, le film d'animation des studios Disney (sur des animaux qui se sont échappés du zoo de New York), passe devant Madagascar, le pays, quand on fait une recherche sur Internet. Il a très vite attiré l'attention des médias par ses efforts exemplaires pour couvrir l'agitation politique dans son pays. Le site web AllAfrica.com a écrit en mars 2009 [en anglais ] :

Tahina est l'un des  blogueurs et utilisateurs de Twitter les plus actifs à Madagascar, il fait partie d'une jeune génération de Malgaches qui maitrisent Internet et qui utilisent le cyber-espace pour partager des nouvelles et leurs opinions sur les événements politiques de leur pays.

Tahina a aussi travaillé à la mise au point et au déploiement de Ushahidi, l'outil en ligne de suivi de crise lauréat de plusieurs prix, durant la crise de Madagascar.

Nous avons contacté Tahina pour une interview par courriel, pour en savoir un peu plus sur lui. Voici ses réponses à nos questions :

Rising Voices : vous avez rejoint le club ICE pour apprendre l'anglais, pourquoi ? Est-ce que l'anglais est utilisé dans la vie de tous les jours à Madagascar ?

Tahina : je suis un des fondateurs du club ICE avec des amis proches. Nous avons fondé ensemble ce club de pratique de l'anglais. L'anglais n'est pas vraiment utilisé dans notre vie quotidienne, cependant, les Malgaches souhaitent de plus en plus l'apprendre. Je suppose qu'ils savent que cette langue leur offre plus d'opportunités.

RV : Quand avez-vous entendu parler de FOKO ? Comment avez-vous participé à leur atelier de formation ?

Tahina : Joan Razafimaraho a contactés le club ICE à travers notre blog et nous a présentés à FOKO. C'était en juin 2008, si je me rappelle bien. Elle nous a dit que FOKO voulait organiser un atelier de formation aux blogs et aux médias citoyens dans les mois à venir. Comme j'ai trouvé ça intéressant, j'ai décidé d'y participer.

tahina

Quelle a été votre première impression des ateliers de formation, et du blogging en général ?

Tahina : Plutôt positive, en général. On nous y a présenté l'histoire de la collecte organisée par la blogueuse malgache Diana pour sauver un enfant handicapé, Baby Kamba (et  d'autres blogs et blogueurs aussi). Le monde des blogs est très vaste et on s'y perd au début, mais lorsqu'on commence à découvrir ce sur quoi les gens bloguent et ce qu'ils partagent, on réalise que c'est un monde fascinant.

Parlez-nous de votre blog. Pourquoi avez-vous choisi le nom “Madagascar not The Movie” ?

Tahina : Mon blog parle de Madagascar, l'île. Après l'atelier sur les blogs de FOKO, je cherchais sur quoi bloguer et je n'ai pas été loin. Pourquoi ne pas parler de mon pays et de son peuple ? Je pense ne pas être seul à trouver que notre pays, Madagascar, disparait d'Internet derrière le film du même nom. Le titre essaie juste de changer cela.

Quelle différence y a-t-il à bloguer en anglais plutôt qu'en malgache ou en français à Madagascar ?

Tahina : principalement l'audience. D'après mes statistiques, la majorité de mes lecteurs viennent de pays anglophones.

Image courtesy Kya Rafun
Photo Kya Rafun

Comment bloguer a-t-il changé votre vie, en particulier avec la crise politique qui secoue votre pays ?

Tahina : cela m'a apporté de l'expérience, sur la pratique d'Internet, et sur place, dont je me souviendrai certainement pendant longtemps.

Trouvez-vous qu'il est important pour un blogueur d'avoir une vision internationale qui permette des conversations entre des personnes de pays différents ?

Tahina : cela dépend de quoi vous parlez sur votre blog. Une conversation avec des personnes de différents pays peut avoir lieu si vous parlez de sujets qui les intéressent, de quelque chose qui capture leur intérêt.

Vous utilisez beaucoup Twitter. Quels sont les avantages des services de micro-blogging ?

Tahina : Ils répandent rapidement l'information et vous n'écrivez que l'essentiel. Le résumé, cela ne prend pas beaucoup de temps.

Vous êtes aussi un bon photographe et vous avez un compte sur le site Flickr. Que pensez-vous des blogs de photos ?

Tahina : pendant un séminaire de photographie avec Tibora Bea, organisé par FOKO, j'ai expliqué pourquoi j'aimais faire des photos. Elles sont plus parlantes quelques fois et écrire n'est simplement pas mon activité favorite. Ariniaina (un autre blogueur malgache) et moi partageons cette opinion.

Quels sont les difficultés que vous affrontez à Madagascar pour bloguer ?

Tahina : les seules difficultés sont liées à la connexion. Très couteuse et de mauvaise qualité. C'est par exemple un véritable défi que de télécharger des photos ou des vidéos. Quelques fois, ouvrir la page d'administrateur d'un blog sur WordPress peut vous prendre plusieurs minutes.

Vous étiez un blogueur prolifique par le passé, et vous avez ralenti le rythme des publications récemment. Y a-t-il une raison ?

Tahina : c'est pour des raisons professionnelles. Je dois me concentrer un peu plus sur mon travail.

Quels sont vos projets en matière de blogs ?

Tahina : Je continuerai, c'est simplement une question de disponibilité de temps, mais peut-être je vais m'orienter plus vers le photo-blogging.

2 commentaires

  • Cher Abdoulaye,

    Merci d’avoir traduit ce billet. L’afrique francophone qui collabore :)

    Bonne semaine,

    • C’est un plaisir. Il nous faudrait plus de gens comme ca, meme au Sud du Sahara. La démocratie est une flamme délicate qu’il ne faut pas laisser s’éteindre, sinon il y a des apprentis dictateurs qui surgissent de partout, de l’armée et même des platines disco des boites de nuit.

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