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Guatemala : le volcan Pacaya met le pays en état de catastrophe naturelle

Catégories: Amérique latine, Guatémala, Catastrophe naturelle/attentat, Dernière Heure

Photo Teufelgt

Plusieurs régions guatémaltèques ont été déclarées  en “ état de catastrophe naturelle [1] ” [en espagnol comme tous les liens sauf mention contraire] par le président Colom à la suite de l'intensification de l'activité du volcan Pacaya, situé à 40 kilomètres au sud de la capitale.

Hier (jeudi 27 mai), un léger tremblement de terre a provoqué une augmentation de l'activité du Pacaya [2] [en anglais] ; l'arrivée là-dessus d'une tempête tropicale a provoqué des pluies mêlant dangereusement eau, cendres et pierres. La situation a encore empiré aujourd'hui, les deux tremblements de terre, la tempête tropicale et l'éruption volcanique ayant mis rudement à l'épreuve la population. Plus de 30 accidents de circulation différents ont été causés par les cendres, le manque de visibilité et la pluie ; on dénombre trois personnes portées disparues et un mort [3] : la découverte du corps d'Anibal Arcila, un caméraman touché à la tête par des débris expulsés du volcan, alors qu'il tournait un reportage sur l'éruption, a été signalée par des internautes connectés à des chaînes d'information en ligne [4]. Vingt autres personnes ont été blessées, des villes sont en train d'être évacuées.

Des discussions sur les événements en cours se sont développés sur des blogs [5], par le biais de Twitter [6] et de la plateforme identi.ca [7] (le mot clé est #Pacaya), et même sur un forum dédié à la musique rock [8]. Il n'est pas rare de voir des cendres tomber du ciel au Guatemala, mais c'est la première fois que cela arrive dans la capitale. L'aéroport est fermé jusqu'au 31 mai à cause des débris pierreux couvrant le sol et des cendres présentes dans l'air, ce qui rappelle peut-être le nuage de cendres engendré par le volcan islandais Eyjafjallajökull, et qui a bloqué le trafic aérien européen au mois d'avril dernier.

Le volcan Pacaya est une destination touristique prisée [9] [en anglais], les gens marchent non loin des coulées de lave, y font même rôtir des Marshmallows et pratiquent la randonnée dans la région. Alors,  à quoi ressemble donc ce regain d'activité du volcan ? Le blog Vivo en Guatemala [10] rapporte :

Actualmente se producen explosiones cada segundo y alcanzan hasta 500 metros de altura sobre el cráter. Las columnas de ceniza llegan hasta 1 mil 500 metros de altura y se dispersan hacia el Oeste y Sur-Oeste sobre las aldeas El Rodeo y El Patrocinio. También se reporta caída de ceniza en Amatitán, San Francisco de Sales, Calderas, Los Pocitos y San Vicente Pacaya.

Actuellement, il y a des explosions toutes les secondes et elles peuvent s'élever à 500 m au dessus du cratère. Les colonnes de cendres font jusqu'à 1500 m de haut et se dispersent vers l'ouest et  le sud-ouest au-dessus des villages d'El Rodeo et d'El Patrocinio. Des pluies de cendres sont également signalées à Amatitlan, San Francisco of Sales, Calderas, Los Pocitos et San Vicente Pacaya.

Sur son site internet, le corps des pompiers guatémaltèques [11] explique que de nombreuses banlieues densément peuplées, dont Amatitlan, Villa Nueva et San Miguel Petapa, sont durement touchées par le sable. Sur son blog, Chitiore [12] a mis en ligne des images provenant de films vidéos sur le sable noir tombant du ciel [13] et propose des liens permettant d'être informés de l'évolution des événements.

Jusqu'à hier (jeudi), les cendres tombant sur la ville avaient quelque chose d'amusant, même si ce n'est pas tout à fait inhabituel au Guatemala, comme en témoigne la vidéo ci-dessous [14] dans laquelle un jeune homme se tient debout dehors, pendant que la cendre sèche chuinte en atteignant les toits et autres surfaces.

Sur la vidéo suivante, Tessy Caspine [15] montre calmement la cendre qui  tombe dans sa cour et recouvre tout d'une boue noire comme le charbon. Dans certains endroits de la ville, la couche de cendres a atteint 5 à 8 cm d'épaisseur et a provoqué des accidents de la circulation.

Vous pouvez suivre l'évolution de la situation grâce à une vidéo, mise en ligne par une chaîne guatémaltèque [16]d'informations télévisées.  Mais également par l'intermédiaire de la Conred (la Commission guatémaltèque pour la prévention des catastrophes nationales), qui met constamment à jour sa page sur Facebook [17] et son compte sur Twitter [18], fournissant des renseignements ainsi qu’une carte montrant les quartiers touchés [19] par les mesures d'urgence.