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Thaïlande : 43 000 nouveaux sites web fermés pour crime de lèse-majesté

Cet article a été publié en anglais sur notre site Advocacy par CJ Hinke

Le 9 mai, le MICT (Ministry of Information and Communication Technology) et le CRES (Centre for the Resolution of Emergency Situation) de la Thailande ont reconnu avoir bloqué au moins 50 000 sites web, et d'en fermer 500 par jour. Il semble que le site de FACT (Freedom Against Censorship Thailand) soit inaccessible en Thaïlande depuis cette date. Une série de tests de FACT effectués auprès des fournisseurs d'accès à internet (FAI) à travers le pays a révélé que les FAI en bloquaient 15 000 autres, portant le total de sites bloqués à plus de 65 000. Dans la deuxième semaine du mois de mai, le CRES a aussi annoncé avoir bloqué 770 sites web ;  le 26 mai, il a annoncé en avoir bloqué 1 150 autres. Si nous additionnons tous ces nouveaux chiffres, la Thaïlande bloqueraient au moins 113 000 sites web  !

Le 15 juin, le gouvernement thaï a approuvé la création du Bureau de prévention et d'éradication des crimes sur Internet “pour protéger la monarchie”. Ce nouveau bureau s'ajoute au Ministère des TIC, à la Police royale thaïlandaise, aux institutions militaires tels que le CRES et CAPO, une “cellule de crise” de l'armée, et au Ministère de la culture. Peut-on avoir plus d'organes de censure ? (nous pourrions en avoir oublié d'ailleurs …)

Le 17 juin, le nouveau ministre thaïlandais des TIC a annoncé avoir dressé une liste noire de 200 personnes auxquelles il est interdit d'écrire sur Internet. La sanction est mal définie, mais tous les sites où figurent ces noms seront probablement bloqués. On sait que les noms de l'ancien ministre du cabinet du premier ministre, Jakrapob Penkair, et celui du professeur Giles Ji Ungpakorn de l'université Chulalongkorn – tous deux en exil, accusés sur de faibles preuves de crime de lèse majesté – figurent sur la liste noire, mais les autres restent secrets. Ce qui veut dire que les accusés ne peuvent pas défendre leur réputation. Êtes-vous sur la liste ? Suis-je sur la liste ?

Outre l'annonce de cette liste noire du 17 juin, le gouvernement a menacé de “s'occuper” des sites web qu'il n'aime pas !

La Thaïlande est en train de devenir rapidement un désert pour Internet, et son webressemble de plus en plus à ceux contrôlés par les régimes paranoïaques de la Birmanie et de la Corée du nord.

Les opérateurs du secteur des technologies de télécommunication doivent certainement avoir hâte de trouver une issue à cette situation.

Voici la traduction d'un article paru sur le site Manager du 18 juin 2010 :“Le gouvernement a fermé  43 000 autres sites web pour crime de lèse majesté et prévoit d'en bloquer 3 000 encore, atteignant un total de 113 000 sites bloqués”,

Les ministres Piraphan (Justice), Juti (NTIC), Niphit (Culture)

Les ministres des TIC, de la Justice et de la Culture, en signant un accord pour protéger la monarchie des cyber-attaques, annoncent avoir fermé 43 000 sites web diffamant la monarchie et trois mille autres attendent l'ordre de fermer. La nouvelle agence doit ouvrir sous trois mois. La population doit savoir ce qui se passe.

A 9 h, le ministre de l'Information et des technologies de communication (ITC), M. Juti Krairirk et ses homologues  M. Phiraphan Saliratwiphak, de la Justice et M. Niphit Inthornsombat, de la Culture, ont tenu une conférence de presse conjointe et signé un mémorandum commun au siège de son département pour protéger la monarchie, la société (thaïlandaise) et le peuple des menaces provenant des technologies de la communication et leur mauvais usage.

M. Juti a déclaré qu'actuellement les menaces à la sécurité nationale étaient du ressort des militaires seulement, mais qu'il y avait encore de graves menaces contre la monarchie et des dangers contre la sécurité, le Ministère devait donc fournir des éclaircissements car c'était [des menaces] extrêmement proche (du roi). Le mémorandum commun de coopération était donc signé sur les indications du Premier ministre Abhisit Vejjajiva, pour donner aux trois ministères et à toutes les institutions ayant à faire avec des réseaux la charge de superviser, protéger et prévenir toute menace contre l'institution de la monarchie. Ceci nécessite de poursuivre et d'appréhender toute organisation concernée pour prévenir des actes illégaux, comme le jeu et la pornographie en ligne, qui sont nuisibles aux enfants et à la jeunesse.

“Nous prendrons des mesures importantes pour la protection et la prévention. Au début, nous entreprendrons un travail commun avec le Ministère de la justice pour revoir toutes les lois sur la sécurité, l'économie et la société, pour créer des institutions communes pour s'occuper de ces activités. En outre, il y a déjà une collaboration entre les trois ministères pour utiliser la loi afin de remplir ensemble ces fonctions”, a dit le Ministre.

M. Phiraphan a déclaré que la coordination et la coopération entre les trois ministères permettront une action rapide pour l'identification des menaces à la sécurité. En ce qui concerne le Ministère de la justice dans le passé, il a émis des ordres de fermeture pour 43 000 sites web qui ont diffamé la monarchie et  3 000 autres sont en passe d'être fermés après la notification de l'ordre de fermeture. Des groupes, qui commentent ces délits, sont continuellement arrêtés. Je voudrais que la société (thaïlandaise) s'unisse pour reconnaitre que l'institution de la monarchie est différente des institutions similaires dans les autres pays, car en Thaïlande cette institution est sous une loi concernant la sécurité nationale. Il est, donc, nécessaire que les informations circulant sur Internet soient correctes.

“L'institution de la monarchie est liée à la société et au peuple thaï sous une forme différente que celle adoptée dans d'autres pays, parce qu'en Thaïlande, il est acquis que sans la monarchie, il n'est pas sûr que la Thaïlande existerait aujourd'hui. La monarchie, comme telle, est considérée comme la plus importante institution nationale. C'est pourquoi  il est important que le peuple thaï et les étrangers comprennent ce qui se passe parce que les problèmes qui sont débattus au sujet d'Internet ne sont pas des problèmes qui concernent uniquement les enfants et la jeunesse,  ils constituent un grand danger auquel on doit faire face rapidement – ce sont des menaces à la plus grande institution du pays,” a dit le Ministre de la justice.

M. Niphat a dit : “Par sa signature, ce mémorandum nous lie au principe commun que nous avons tous le même roi. Cela indépendamment des idées que nous pourrions avoir dans d'autres domaines, ce qui constitue un droit personnel. En ce qui concerne la monarchie, nous avons tous le devoir de participer à sa protection, c'est pourquoi le Ministère de la justice se joindra aux autres pour appliquer les lois. Par exemple, la Loi sur les films et vidéos de 2008, les décrets du Premier ministre sur la Loi sur les médias créatifs et la sécurité nationale de 2008, et ils pourront être assistés dans cette tache par un réseau de plus d'un million de personnes. Indépendamment de cela, la population doit voir les résultats de la signature de ce mémorandum dans moins de trois mois, c'est pour cela que les trois ministères ont le devoir de se mettre au travail et de produire des indicateurs montrant les étape accomplies [vers ces objectifs].

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