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Martinique, Guadeloupe : les relents racistes du naufrage de l'équipe de France

L'équipe de France de football a traversé des périodes difficiles avant même la Coupe du Monde FIFA 2010. Mais ces trois derniers jours ont fait ressortir des vieux cadavres du placard autour des Bleus.

Durant la Coupe du Monde,  la lune de miel entre l'équipe de France et les journalistes français a pris fin. Le divorce a été officialisé lorsque le joueur Nicolas Anelka, originaire de la  Martinique a insulté l'entraineur dans les vestiaires (information révélée par le journal L'Équipe,  leader de la presse sportive française).  Le blogueur guadeloupéen B. World Connection a réagi peu de temps après dans un billet  intitulé “Nicolas Anelka, jeté hors de l'équipe de France de Football” et parle du futur du joueur :

Selon toute vraisemblance, Nicolas Anelka ne revêtira plus jamais le maillot de l'équipe de France…A moins que Laurent Blanc arrive à le convaincre de revenir. Au niveau de l'opinion générale des Français, ça sera plus dur.

Bien que la plupart des blogueurs des Antilles Françaises aient condamné l'attitude d'Anelka,  ils ont discuté des différentes implications de l'incident.

Certains ont commenté le billet de  B. World Connection et reporte la responsabilité sur l'entraineur  Raymond Domenech :

En voyant ce déferlement médiatique à l'encontre d'ANELKA, je me suis dit c'est clair la chasse aux sorcières à commencé. La FFF et DOMENECH ont besoin d'un bouc émissaire pour sauver la face. Et il vont comme à l'habitude sacrifier un “nègre”.

Bel Balawou ne voit qu'un coupable, l'entraîneur:

Cette équipe de France est dirigée pas un entraineur incompétent, un homme n'ayant pratiquement rien réussi de lui-même…

Un incroyable scénario est sorti de cette situation désastreuse : l'équipe de France s'est mis en grève deux jours avant son dernier match de la première phase de la coupe contre les Bafana-Bafana. Leur décision a ouvert la porte à toutes les critiques, dont certaines ont des relents racistes.

Le caractère multiculturel  “des Bleus”,  autrefois célébré est maintenant devenu une tare. Voici le titre du billet du martiniquais Bondamanjak en réaction à certains commentaires au sujet de l'équipe :

Les Antillais de l'équipe de France sont déjà des Français entièrement à part…

La conclusion de Bondamanjak vient après l'intervention radio du philosophe français controversé, Alain Finkielkraut, qui  aurait conclu, au cours d'un entretien :

« Tout ça, c'est la faute des racailles de banlieue, même ceux de l'équipe de France et qui n'aiment pas la France ».

Au-delà du sport,  la déliquescence de l'équipe de France fait craindre des répercussions sociales et culturelles. Par exemple, l'utilisation du terme “génération caillera” pour décrire certains des membres de l'équipe laisse Bondamanjak amer :

Tant que les Antillais gagnent, ils sont partie intégrante de la “nation arc en ciel”… il n'y a plus de couleurs (ni de culture) NOUS SOMMES TOUS BLEUS…
mais au premier nuage, les “gens des cités” (?) sont rétrogradés en seconde classe

Bel Balawou déclare aussi :

Une équipe sportive, d'ailleurs pas que dans le football, où jouent en majorité des gens issus de la banlieue, des Noirs et des Arabes […] : Cela ne le fait pas !

D'après plusieurs blogueurs, les attaques contre certains joueurs  en particulier sont dus à leurs origines ou leur religion.  Bondamanjak dresse ce portrait de Nicolas Anelka :

Il ne mange pas de saucisson, ne boit pas de pinard. Il est noir, banlieusard et musulman. Il est donc le parfait bouc émissaire, le doux mouton noir qui doit être sacrifié pour apaiser la pénible déception offerte par l'équipe de France de football au Mondial en Afrique du Sud.

B. World Connection publie un billet dans lequel il dépeint Anelka comme un héros :

Depuis le temps de l'esclavage, le Nègre n'a jamais cessé de maronner, d'échapper à ses fers, solides ou immatériels, en gagnant les bois, le zyiann…
Nicolas Anelka est de cette race-là…

De toute évidence, l'ère “Black, Blanc, Beur” de la société française, qui avait commencé avec la victoire durant la Coupe du Monde 1998 s'achève.

En conclusion, Gwadaboy,  rebondit sur le billet de B. World Connection et aborde le sujet  d'une manière plus nuancée :

Et dire que Zidane a privé la France d'une 2eme coupe du monde avec son coup de boule. Lui, il a eu droit aux honneurs de la nation, n'est ce pas Monsieur Chirac ? Ceci dit, Anelka n'est pas excusable, quoi qu'il arrive on doit respecter son entraineur et ses COÉQUIPIERS. Après le match, on peut régler nos comptes mais pas à la mi-temps car “je” pénalise mes potes et mon équipe.

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