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Costa Rica : Au nom de la lutte anti-drogue, le Congrès approuve la présence militaire américaine

De vives réactions s'étalent sur les blogs du Costa Rica et les réseaux sociaux en raison de la ratification controversée d'une décision par le Congrès la semaine dernière. Pour lutter contre le trafic de drogue, le Costa Rica a approuvé l’arrivée d'une escadre américaine sur ses côtes.

Selon le communiqué [en espagnol, comme tous les liens], la flotte compterait 7.000 soldats, 46 navires de guerre, 200 hélicoptères d'attaque et quelques avions de combat modernes, tous ayant fait leurs preuves durant la guerre du Golfe.

Cristian Cambronero cite un extrait du communiqué et les commentaires à ce sujet dans son blog Fusil de Chispas

“El personal de los Estados Unidos en Costa Rica podrá disfrutar de libertad de movimiento y el derecho de realizar las actividades que considere necesarias en el desempeño de su misión”… ¡¿Cómo?! ¿Cómo […] pasó esto? ¿Las actividades “que considere necesarias”? ¿A criterio de quién?

Les troupes américaines au Costa Rica jouiront d’une liberté de déplacement et du droit d'exercer les activités jugées nécessaires à l’accomplissement de leur mission “… Quoi? Comment est-ce arrivé ? Les activités “qu'ils jugent nécessaires », sous quels critères?

Il ajoute

¿Eso es lo que quiere Costa Rica? ¿Es el camino que decidimos? El mismo que adoptó México, el de la militarización y el choque armado. Desde 2006, esa estrategia fallida ha costado la vida de unas 20mil personas, mil policías o soldados, 59 periodistas. Justo esta semana se supo que el 95% de esas muertes, ¡ni siquiera se investigan!

Est-ce cela que veut le Costa Rica? Est-ce la voie que nous avons choisie ? Le même modèle de militarisation et d’affrontement armé a été adopté au Mexique. Une stratégie qui a échoué, avec depuis 2006, coûtant plus de 20.000 vies, dont un millier de policiers ou de soldats et 59 journalistes. Cette semaine, on a appris que 95% de ces décès ne font même pas l’objet d’une enquête.

Alfonso Palacios de Kaos en la red s’interroge sur les véritables intérêts qui se cachent derrière cet accord

Porque lo que es Costa Rica, Panamá y Colombia están rendidas ante los intereses norteamericanos en muchos aspectos. Y ello es parte de una estrategia geopolítica y militar claramente observable. Somos los tres países el ombligo de América. Además,  y ya habían tomado otras medidas militares, como la reactivación de la flota que ahora circula por aguas internacionales alrededor de América Latina.

Le Costa Rica, Panama et la Colombie sont à la merci des intérêts nord-américains à plusieurs points de vue. Cela fait partie d'une stratégie géopolitique et militaire évidente, les trois pays étant au cœur de l'Amérique latine. En outre, les Etats-Unis ont déjà pris des mesures similaires, comme la réactivation d’une flotte qui circule désormais dans les eaux internationales autour du continent.

Sathyr a écrit sur son blog Cienpies

Nuestro país no es base militar de ningún país!!

Empezando por que no tenemos una propia, para que vamos a tener de otros países. (…) Esto es para mí una “invasión legal” por parte del gobierno de Estados Unidos.

Notre pays n'est la base militaire d'aucun pays !
Pour commencer, nous n'en avons pas en propre, pourquoi aurions-nous besoin d'une base étrangère? (…) Pour moi, cela ressemble à une invasion «légale» de notre pays par les États-Unis.

Comme c’est expliqué sur Wikipédia, le Costa Rica a constitutionnellement supprimé son armée en 1949.

Un billet publié sur le blog Conejitos Suicidas s’interroge sur ces réactions :

He leído comentarios de gente que afirma que con la ayuda militar de los gringos, nuestro país se convertirá en el patio trasero de los yankis…yo les pregunto a estas personas si desean que entonces Costa Rica se convierta en el patio trasero de los carteles internacionales del narco, que de por si, ya nos tienen sitiados.

J'ai lu des commentaires de gens qui affirment qu’avec l'aide militaire des États-Unis, notre pays va devenir l'arrière-cour des Yankees … Je demande alors à ces gens s’ils préfèrent que le Costa Rica devienne l'arrière-cour des narco-cartels internationaux, qui nous assiègent déjà.

Il ajoute:

Mucho nos hemos quejado los ticos de la inseguridad en nuestro país, en la campaña pasada, fue uno de los temas clave. Con esta ayuda de los Estados Unidos, en algo se viene a ayudara paliar el problema y aun así más de uno se pone en varas. Despertemos, seamos realistas, nuestro país no está en capacidad de combatir el poderío de los grandes carteles de la droga; si otros vienen a poner el equipo y a exponer sus vidas en esta carajada, dejémoslos!

Y para terminar, a los opositores, más allá de mandarme a comer mierda por dar mi opinión, les invito a contestar la siguiente interrogante: Si mandamos al carajo a los gringos que vienen a ayudarnos a combatir el narco ¿qué soluciones proponen?

Nous nous sommes beaucoup plaints de l'insécurité dans notre pays ; lors de la dernière campagne, ça a été l’un des principaux thèmes. Avec cette aide des États-Unis, il s'agit d'une certaine façon d'aider à traiter le problème et pourtant on la rejette. Allons, soyons réalistes, notre pays n'est pas capable de lutter seul contre les grands cartels de la drogue, et si d'autres proposent de nous fournir hommes et équipements pour cela, il faut laisser faire !
Et pour finir, au lieu de me descendre en flammes pour avoir donné mon avis, j’invite ceux qui s'y opposent  à répondre à la question suivante : Si nous renvoyons chez eux les gringos qui viennent nous aider à combattre le trafic de drogue, quelles solutions proposez-vous?

Comme il l'a demandé, plusieurs personnes ont répondu au billet de son blog, à l’instar d’Anonimo qui écrit :

Me parece muy acertado el punto de vista y lo comparto al 100%.

De verdad que los opositores a la medida y a la ayuda piensan que podemos contra el Narco, y eso no es cierto. Si no dejamos que nos ayuden Ciudad Juarez va a ser un parque de diversiones comparado a nuestro país donde la policia no podrá contra ese flagelo. Y no tenemos ejercito asi que mejor dejemos que ayuden porque sino la población honesta e indefensa es la que va a sufrir.

Ce point de vue me paraît pertinent et je suis d'accord à 100%.

En effet, ceux qui s'opposent à la mesure et à l’aide pensent que nous pouvons lutter contre le trafic de drogue nous-mêmes, et ce n'est pas vrai. Si nous ne les laissons pas nous aider, Ciudad Juarez sera un parc de loisirs à côté de notre pays, où la police ne pourra rien contre ce fléau. De plus, nous n'avons pas d’armée donc  nous ferions mieux de les laisser nous aider, sinon ce sont les gens honnêtes et sans défense qui vont souffrir.

La présidente du Costa Rica Laura Chinchilla (@Laura Ch) a twitté un message à propos de la polémique

No admitiremos la militarización de la lucha anti drogas. Minist. Tijerino y Comisionado Anti drogas aclarará lo del permiso legislativo.

Nous n’accepterons pas la militarisation de la lutte anti-drogue. Le Ministre et Commissaire de la Lutte Anti-drogue Tijerino, expliquera l’autorisation législative.

Les utilisateurs de Twitter ont répondu à ce twit :

@sabross:

@laura_ch necesitamos combatir el narcotrafico y las leyes no ayudan , aceptemos la ayuda!!!

@laura_che il faut lutter contre le trafic de drogue et les lois n’aident pas. Acceptons l’aide !!

@iViS666:

@Laura_Ch pues haga algo! Yo no tengo que ver caminar x mi país soldados de otras naciones con permiso p hacer lo q quieran.

@Laura_Ch Alors faites quelque chose ! je n’ai pas envie de voir dans mon pays des soldats étrangers qui ont la permission de faire ce qu’ils veulent.

@JuanLuisNY:

@Laura_Ch Dona Laura muchos costarricenses si estamos felices de la presencia del rmy para ayudar a combatir el narcotrafico.

@Laura_Ch Madame Laura, beaucoup de costaricains se réjouissent de la présence de l’armée américaine pour aider à combattre le trafic de drogue.

Une pétition contre la mesure circule dans les réseaux sociaux, ainsi qu’un recours pour inconstitutionnalité présenté par le citoyen Yeudy Blanco. Il y a aussi un groupe Facebook qui rejette la militarisation du Costa Rica.

Vignette par l'utilisateur Flickr #PACOM, sous licence Creative Commons.

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