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Côte d'Ivoire : Le journaliste et blogueur Théophile Kouamouo arrêté

Cet article a été écrit par l'auteur de Global Voices Online Rezwan et publié sur le site GVO Rising Voices.

Théophile Kouamouo

Théophile Kouamouo

Nous avons reçu d'inquiétantes nouvelles de Côte d'Ivoire. Théophile Kouamouo, l'un des blogueurs les plus importants d'Afrique francophone, et chef du projet soutenu par Rising Voices des Blogcamps d'Abidjan, a été arrêté pour avoir publié un article de presse. Théophile Kouamouo, un Français d'origine camerounaise et résident de Côte d'Ivoire, est le rédacteur en chef du Nouveau Courrier, un nouveau quotidien ivoirien lancé en mai 2010. Le 13 juillet, le journal publiait le premier article d'une série de cinq sur la “question brûlante” de la filière café et cacao, contenant des informations issues d'un récent rapport d'enquête sur 30 personnes que le procureur de la République Raymond Tchimou a soumis au président.

Citation du blog de Théophile :

Il décrit par le menu les faits sur lesquels les «barons» de la filière, notamment les figures de proue Henri Amouzou et Lucien Tapé Doh, sont accusés d’avoir commis des incroyables forfaitures, aux fins de soustraire des dizaines de milliards de FCFA des caisses de la filière.

Escroqueries, abus de confiance, détournements de fonds, faux et usage de faux en écriture, abus de biens sociaux… Le Nouveau Courrier décrit par le menu les méthodes utilisées, évoquant des manipulations financières, des achats de propriétés en France, des comptes à Monaco, etc…

Image Courtesy Jean-Christian De Irie

Image publiée avec l'autorisation de Jean-Christian De Irie

Reporters Sans Frontières raconte l'arrestation de Théophile et de ses deux collègues :

Sur ordre de Raymond Tchimou Fehou, procureur de la République du tribunal de première instance, trois journalistes du Nouveau Courrier d'Abidjan , Saint Claver Oula , rédacteur en chef, Stéphane Guédé , directeur de publication et Théophile Kouamouo , directeur de rédaction, ont été interpellés par la police criminelle.
Le procureur leur reproche d'avoir publié les conclusions de son enquête sur les détournements dans la filière café-cacao. Le document, classé secret d'Etat, avait été remis quelques semaines plus tôt au président Laurent Gbagbo.

Mardi 13 juillet, le procureur a convoqué le directeur de rédaction Théophile Kouamouo à ses bureaux pour le contraindre à révéler ses sources. Ce denier a refusé. Le procureur a alors ordonné son interpellation par la police criminelle qui l'a placé en garde à vue après l'avoir entendu. Les locaux du journal ont ensuite été perquisitionnés.

Reporters Sans Frontières rappelle que la protection des sources est un principe fondamental de la pratique du journalisme et exige la libération des journalistes.

Connectionivorienne.net reprend une source affirmant que la divulgation de l'origine de la fuite permettrait à ces journalistes d'éviter l'incarcération :

D'autres sources par contre affirment que tout va s'arranger, « il n'ya rien de grave, le Procureur est tout juste énervé et il veut connaitre la source, la personne qui a fourni le dossier ultra secret destiné au chef de l'Etat, á la rédaction du Nouveau Courrier.

Nos tentatives pour joindre monsieur Patrice Pohé, chargé de presse du procureur de la République, sont restées infructueuses.

Yoro (Israël Yoroba) des Blogcamps d'Abidjan informe sur le blog Avenue 225 de l'état d'esprit de Théophile Kouamouo dans sa prison:

C’est dans une ambiance détendue que Théophile Kouamouo a été rencontré. Son allure et sa bonne humeur n’ont pas pris de coup. «Nous allons très bien», rassure t-il. Le directeur des rédactions du « Nouveau Courrier » a bien voulu revenir sur cette incarcération qui cache des intentions inavouées de la part du procureur Tchimou.

Pour les partons de la rédaction du journal pas question de céder à la pression. «Nous restons fort et digne de la confiance de nos lecteurs et surtout de notre métier. L’enjeu principal ici est que le procureur nous demande de révéler les sources de nos informations sinon il a nous conduirais droit en prison ». Kouamouo et ses collaborateurs en refusant de révéler leur(s) source(s) disent vouloir préserver l’esprit du journalisme. «La position que nous tenons est de dire que si un journaliste doit dévoilé ses sources devant un procureur, c’est que le métier lui-même a disparu. Nous tenons bon pour nos lecteurs, pour la corporation et pour nos idée de la démocratie».

Nous demandons la libération au plus vite de Théophile Kuoamouo et de ses collègues. Voici une pétition que vous pouvez signer pour témoigner votre soutien.

Dernière heure : L'auteur Global Voices Elia Varela Serra écrit sur le site Global Voices Advocacy :

Les trois journalistes, qui ont passé ces deux dernières nuits en garde à vue malgré les pressions pour leur faire révéler leurs sources, sont dans l'attente d'être présentés à un juge et mis en examen pour “vol de documents administratifs.” Depuis que la nouvelle de leur détention a éclaté hier, ils ont reçu la visite de nombreux collègues et organismes qui leur témoignent leur soutien, y compris le Groupement des éditeurs de presse de Côte d'Ivoire. Des collègues ont souligné que l'article premier de l'officiel Code d'Ethique du Journaliste Ivoirien publié par le Ministère de la Communications (texte en français ici) affirme que “le journaliste a droit à la protection de ses sources d'information”.

Plusieurs blogueurs et journalistes ont montré leur soutien à M. Kouamouo et au reste de l'équipe du Nouveau Courrier par une pétition en ligne exigeant leur libération immédiate, ainsi que par Twitter et un groupe Facebook où ils publient des nouvelles de l'affaire.

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