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Brésil : Un campement indien résiste depuis 8 mois à Brasilia

Depuis janvier 2010, des membres de différentes nations indiennes brésiliennes campent devant le ministère de la Justice à Brasilia. Les communautés indiennes accusent le gouvernement et la FUNAI (Fundação Nacional do Índio) – l’agence nationale de protection des peuples indigènes du Brésil – ainsi que des organisations non-gouvernementales (ONG) de trahison pour ne pas avoir consulté les chefs indiens sur les problèmes qui les concernent. En mars, l’AIR (Acampamento Indígena Revolucionário – Campement Indigène Révolutionnaire) a lancé son blog qui détaille ses revendications.

Nós guerreiros e guerreiras das etnias Pankararu, Korubo, Mundurucu, Krahô-Canela, Fulni-ô estamos há mais de 70 dias acampados na frente do Congresso Nacional, em Brasília, com o objetivo da revogação do Decreto 7.056/09 da Funai e da saída da cúpula mafiosa da Funai, CNPI, ISA e demais Ong's, que têm como finalidade exterminar os indígenas no Brasil.
O decreto 7.056 foi publicado no dia 28 de dezembro de 2009, de forma autoritária, em que os líderes não foram ouvidos e o presidente da Funai junto com as Ongs passaram por cima dos direitos indígenas e em leis internacionais como o artigo 169 da OIT, que redige que os indígenas têm que ser escutados em quaisquer decisões relacionados à eles.

“Índio é terra e não dá para separar.”

Nous, guerriers, hommes et femmes des ethnies Pankararu, Korubo, Mundurucu, Krahô-Canela et Fulni-ô, campons depuis plus de 70 jours devant le Congrès National à Brasilia, dans le but d'abroger le décret 7.056/09 lié à la FUNAI, et de mettre à la porte la mafia qui se trouve à la tête des conseils d’administration de la FUNAI, du CNPI, de l’ISA et d’autres ONG, qui ont pour objectif d’exterminer le peuple indigène brésilien.

Le décret 7.056 a été publié de façon autoritaire le 28 décembre 2009, sans que nos chefs aient été consultés ; le président de la FUNAI, main dans la main avec des ONG, a négligé les droits des indigènes et les lois internationales comme l’article 169 de l’OIT, qui indique que les indigènes doivent être entendus pour toute question qui les concernent.

L'Indien est la terre et rien ne peut les séparer.

Camp Révolutionnaire Indigène

Le Décret 7.056/09 susmentionné a été rédigé par le Congrès du Brésil afin de restructurer la FUNAI. Les indigènes du Brésil déplorent, dans la pratique, la fermeture de 24 bureaux administratifs, 9 bureaux régionaux et de tous les relais présents dans les villages [en portugais].

A ausência desses postos foi severamente prejudicial a todas as comunidades de todo o território nacional, pois, o único apoio vindo da Funai – ainda que precário – vinha das administrações e postos.

La fermeture de ces relais touche de plein fouet toutes les communautés du territoire national puisque le seul soutien donné par la FUNAI – bien que précaire – transite via les bureaux administratifs et les relais.

Parmi les 11 demandes [en portugais] formulées par les représentants indigènes, on trouve : la création du CNDI (Conselho Nacional de Direitos Indígenas – Conseil National pour les Droits Indigènes) – qui donnerait à la population indigène l’autonomie dans la gestion de son patrimoine, de ses droits et de ses intérêts -, la consultation des peuples indigènes sur les problèmes environnementaux et de défense de leurs droits sociaux, culturels et religieux, ainsi que le respect de la terre indigène et de ses ressources naturelles. Les Indiens demandent également l’éviction de Márcio Meira, président de la FUNAI, et de son équipe, pour avoir échoué à satisfaire leurs demandes ci-dessus. Dans son blog, la FUNAI défend sa position [en portugais] en assurant avoir traité, pendant ses 3 ans d’existence, plus de 30 cas comme :

Violência e criminalização de lideranças e comunidades indígenas; conflitos territoriais envolvendo indígenas; população carcerária indígena no Brasil; operações policiais em terras indígenas; a regularização fundiária de terras indígenas; o etnodesenvolvimento dos povos indígenas; o Estatuto do Índio; aproveitamento de recursos naturais, minerais, hídricos e florestais presentes em terras indígenas; educação indígena, pesquisa das línguas indígenas; a situação de extrema vulnerabilidade do povo Guarani Kaiowá; reformulação da política de atendimento e subsistema de saúde indígena; reestruturação, planejamento estratégico e Plano Plurianual do órgão indigenista.

La violence et la criminalisation des dirigeants et des communautés indigènes ; les conflits territoriaux impliquant des indigènes ; la population indigène des prisons du Brésil ; les opérations policières en terres indigènes ; la régularisation foncière des terres indigènes ; l’ethno-développement des peuples indigènes ; le Statut de l'Indien ; l’utilisation des ressources naturelles, minières, des voies navigables, et des forêts sur les terres indigènes ; l’éducation indigène, la recherche sur la langue indigène ; la situation d'extrême vulnérabilité du peuple Guarani Kaiowá ; la révision de la politique des soins et de santé indigène ; la restructuration, la planification stratégique et le plan pluriannuel de l’organe indigène.

Indigenous community demonstration Brasilia

Manifestation de la communauté indienne à Brasilia

Dans une lettre ouverte adressée aux Brésiliens, publiée sur leur site Internet et copiée sur d’autres blogs, l’AIR accuse la FUNAI de contribuer à une forme de développement national qui n’entre pas dans le plus grand intérêt des indigènes et entre même en conflit avec lui :

Em nome de um crescimento econômico pleiteado por toda a Nação, temos nossos  territórios impactados por estradas, ferrovias, hidrelétricas e outros empreendimentos, todos aprovados pela FUNAI com um simples “sem óbices ao empreendimento x ou y“, sem que nesse processo se garanta o pleno cumprimento da legislação ambiental e indigenista que ainda está em vigor.

Au nom de la croissance économique pour tous préconisée dans le pays, nos territoires ont été défigurés par des routes, des chemins de fer, des usines hydroélectriques et d’autres entreprises, tous approuvés par la FUNAI d'un simple « aucun obstacle à l’entreprise x ou y », sans garantie que ce processus respecte la législation en vigueur pour la protection de l'environnement et pour les indigènes.

Au cours des mois de mai et juin, d’autres ethnies indigènes se sont jointes aux campeurs révolutionnaires, parmi lesquels plus de 100 Guajajaras et des représentants des ethnies Kayapó et Tapayuna e Panará [en portugais]. Néanmoins, en juillet, un incident cruel a aggravé la crise entre les chefs indigènes et les autorités censées avoir été créées pour protéger les droits des indigènes. Le 10 juillet [en portugais], la police est entrée dans le campement révolutionnaire indigène, sans mandat judiciaire, a détruit les tentes et pris des ustensiles de cuisine et des vêtements. Durant la confrontation avec les manifestants indigènes, la police a utilisé du gaz au poivre, intoxicant femmes et enfants, dont une femme enceinte qui plus tard a avorté à l’hôpital.

Mais le campement révolutionnaire indigène résiste [en portugais], défiant le ministère de la Justice, bien que récemment déplacé par la police [en portugais] devant le Palais Itamaraty, où il attend l’annulation du Décret 7.056/09.

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