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Singapour : débat sur le salaire minimum

Photo du compte Flickr de Maks Karochkin publiée sous licence CC Attribution 2.0 Generic

[liens en anglais] Le gouvernement de Singapour devrait-il imposer une politique du salaire minimum ? La récente décision de Hong Kong d'adopter une politique du salaire minimum a entraîné un débat à Singapour quant à savoir si la prospère cité-État devait aussi fixer un salaire minimum des travailleurs.

Lee Yi Shyan, Ministre d'État en charge du Commerce, de l'Industrie et du Travail met en garde contre le salaire minimum.

En investissant dans nos ressources humaines, en encourageant nos entreprises à innover et en aidant nos travailleurs à bas salaire à acquérir de nouvelles compétences, nous avons la certitude que nous pouvons croître tous ensemble et aussi prospérer. Le concept d'une politique du salaire minimum est politiquement séduisant mais sa mise en application n'est pas sans écueils.

Stephanie Chok, qui écrit pour The Online Citizen, croit qu'elle profitera aux travailleurs pauvres.

La question, en fin de compte, est d'équilibrer le marché du travail et d'accroître non seulement la capacité de gains mais aussi les pouvoirs de négociation des travailleurs pauvres – pouvoirs qui se sont progressivement érodés au fil des années. S'assurer qu'on leur paie un salaire juste qui reflète les coûts réels de la vie n'est qu'un pas fait en cette direction, mais un pas qui devrait être fait.

Lucky Tan répond à l'argument qu'un salaire minimum fausse le marché et nuit à la création d'emplois.

Un salaire minimum, s'il est correctement mis en place, est le revenu requis pour vivre décemment à Singapour. Il fausse seulement le marché et nuit à l'emploi des travailleurs lorsque vous avez une économie qui dépend des bas salaires, et de nombreux travailleurs sont actuellement payés moins que le salaire minimum.

New Asia Republic propose ces arguments contre la politique du salaire minimum proposée :

Assurément, il apparaît qu'un salaire minimum est ce dont nous avons besoin à Singapour pour aider les travailleurs qui ont les salaires les plus bas. Cependant, il y a bien d'autres choses à considérer. Une telle analyse, basée sur le bien-être du travailleur en tant qu'individu, sans tenir compte de ses collègues, de son employeur, de l'économie et du consommateur, est à courte vue.

Il est important de reconnaître que chaque individu a une place et de la valeur dans la société, sans distinction de profession, de race, de qualifications ou de son milieu familial. Ce n'est pas à l'État de déterminer la valeur de chaque individu, mais c'est à chaque individu de contribuer et d'ajouter de la valeur à son entreprise dans l'économie selon ses capacités.

My Little Corner suggère la mise en œuvre de “conseils” pour aider les travailleurs.

Singapour n'a pas besoin de voter la Loi du salaire minimum. Ils peuvent juste fournir des conseils sur le salaire minimum.  La raison en est tout à fait simple. Si vous regardez l'objectif,  il s'agit de déterminer le salaire minimum nécessaire pour survivre à Singapour. En conséquence, cela devrait être aux employeurs de déterminer l'ampleur du travail nécessaire  afin de justifier l'embauche de cette personne.

transitioning.org rappelle aux décideurs politiques qu'une politique du salaire minimum est déjà en place dans de nombreux pays avancés dans le monde.

Qu'une puissance économique comme la nôtre ait autant de réserves devant la mise en œuvre d'une politique du salaire minimum pour mieux protéger ses travailleurs vulnérables de la base est encore un profond mystère. La plupart des grandes puissances et même des pays du Tiers monde ont une politique du salaire minimum en place,  de sorte que les travailleurs ont accès à des salaires à peu près décents lorsqu'ils font leur juste part de travail.

Selon Singapore Notes, le “salaire minimum” semble être déjà effectif.

La réalité est que le salaire minimum existe à Singapour. Le salaire minimum de départ pour un ministre est de 1,5 millions de dollars singapouriens/an, sans tenir compte du fait que pas un seul vote n'a soutenu son nom, qu'il ne possède pas d'expérience préalable en matière de fonction politique ou de son inexpérience à gérer un budget pour un méga projet national. Le minimum pour un ministre expérimenté est de 3 millions de dollars singapouriens. Et vous savez ce que le numéro un se paie. Et il y a des niveaux de salaire minimum pour les secrétaires permanents, pour les hauts responsables et pour tout un catalogue de fonctionnaires grassement payés.

The Mind Game passe en revue les divers points de vue liés à la question.

Personnellement, je pense qu'elle [la loi] est inutile. S'il y a vraiment d'autres facteurs d'offre et de demande pour d'autres emplois, laissez les employeurs offrir d'eux-mêmes de plus hauts salaires. Le salaire minimum concerne le niveau de vie d'un travailleur et non les besoins de l'industrie et du marché.

Yawning Bread soutient le programme d'aide sous condition de travail du gouvernement de Singapour.  Cze est aussi en faveur de l’expansion de ce programme.

Mettre en place un salaire minimum est une méthode utile et efficace d'intervention sur le marché pour générer une assistance sociale distributive mais seulement s'il y a une quantité substantielle de travailleurs à bas revenu qui languit en dessous de la barre à fixer.  Autrement, c'est vraiment une distorsion inutile sur le marché du travail.

Ravi Philemon affirme que le “revenu de vie” est une meilleure proposition politique.

En payant aux gens un “salaire vital”, nous leur témoignons notre respect ainsi qu'à ce qu'ils font. Nous les rendons capables de donner quelque chose en retour. Ils ont le revenu pour dépenser davantage. Les entreprises locales, les professions libérales, les écoles et même les organisations religieuses en profitent.  Nous aussi, nous en profitons en tant que communauté car des gens qui peuvent satisfaire leurs besoins premiers en travaillant 44 heures par semaine ont du temps et de l'énergie pour leurs familles, leur communauté religieuse et leur vie civique.

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