Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Nigeria : Réflexions sur 50 ans d'indépendance

Le 1er octobre a marqué le cinquantenaire de l'indépendance du Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique. Le Jubilé d'or est célébré à travers tout le pays et la diaspora mondiale, par des discours, concerts, réceptions et événements en tous genres. Il en est pourtant qui se demandent s'il y a seulement matière à se réjouir : pour beaucoup, les cinquante dernières années s'apparentent à une descente accélérée en enfer. Malgré tout, pour la plupart des Nigérians, le 1er octobre est un temps de festivités.

Ci-dessous, voici quelques-unes des manières dont l'occasion est marquée sur le web [liens en anglais] :

Opinion : Le blog collectif Nigerians Talk a publié une série d'articles de fond par des blogueurs nigérians connus, sur le thème “Nigeria, 50 ans.”  La série a débuté une semaine avant la fête de l'indépendance et a présenté “un billet par jour sur les différents aspects de l'expérience du Nigeria.”

Politique : Sokari a publié un article exhaustif sur les femmes dirigeantes au Nigeria, les femmes “qui agissent pour réaliser la justice et la réforme sociale, économique, environnementale et politique.”

Photographie : Jeremy de Cassava Republic a demandé à huit écrivains de premier plan de réagir à une photographie emblématique de l'ère de l'indépendance. Lisez ici leurs réponses.

Littérature : Naija Stories a sponsorisé un concours de nouvelles sur le thème “Fête de l'Indépendance.” Découvrez les gagnants ici, ou lisez l'essai de Henry C. Onyema sur 50 ans de littérature nigériane.

Mode : Bella Naija a brossé le portrait de “La Dame, La Muse”, une collaboration des meilleurs créateurs de mode du Nigeria, organisée en l'honneur du cinquantenaire.

Musique : Jibola L a listé les liens vers dix vidéos musicales. “Je me délecte de mes souvenirs pour ramener le bon vieux temps,” écrit-elle. “Et quel meilleur moyen pour cela que la musique ?”

Histoire : Max Siollun donne les liens vers une sélection de vidéos sur l'histoire et les dirigeants du Nigeria, dont ce court documentaire d’Al-Jazeera :

Un Jubilé d'or, ou rien à fêter ?

Sur la blogosphère, l'approche du 1er octobre a conduit de nombreux Nigérians à se demander si les cinquante dernières années ont vraiment donné matière à célébration. L'année passée en particulier a été tumultueuse pour les Nigérians, après une suite de bouleversements, dont l'absence inexpliquée puis la mort du Président, une tentative d'attentat commise par un ressortissant nigérian, les violences religieuses dans le Nord et l'instabilité chronique dans le Sud. Ces maux endémiques, et d'innombrables autres, ont fait s'interroger beaucoup de Nigérians sur ce qui justifiait toutes ces festivités. Ecrivant pour le blog Typerighter d’Africa Report, Adeola Aderounmu a exprimé le scepticisme largement partagé par les internautes :

Cinquante ans après l'indépendance, la démocratie du Nigeria reste en pagaille. Tandis que le gouvernement du Président Goodluck Jonathan va dilapider 17 milliards de nairas (80,5 millions d'euros) pour les fêtes de l'indépendance, des millions de Nigérians vont continuer à tirer le diable par la queue, sans savoir d'où viendra le prochain repas. La quantité de fonds alloués à cette ‘célébration des fiascos’ est déplacée. Ç'aurait dû être modeste, un temps de sobre réflexion. Nous aurions dû utiliser ce moment en or pour évaluer quand les choses ont commencé à aller de travers et écrire de vrais plans pour émerger de notre difficile situation actuelle.

Un avis que ne partage pas Toyin Akiode :

Le fait que nous existions toujours comme une nation unie malgré toutes les réalités malheureuses de notre vie quotidienne donne largement motif à célébrations. Il y a beaucoup d'exemples de pays qui se sont désintégrés sur des problèmes moindres que ceux de notre chère patrie.

Joseph Ekwu reconnaît les nombreuses défaillances du pays, mais a choisi de se concentrer sur le positif, en mettant l'accent sur les succès de Nollywood, les accomplissements des Nigérians de la diaspora, et le déploiement de la technologie GSM. Il écrit :

Roulez tambours…tapis rouges… où sont les élégants danseurs Efik ? Les cavaliers de Sokoto… où est la jeunesse pleine de vie et d'arrogance, qui avance vers le succès à travers PINGs et chats… donnez le meilleur de toute la culture, mon cher pays… Oui, je parle de mon excellent pays natal LE NIGERIA A 50 ANS.

Touché le fond ?

Les sceptiques ont cependant reçu de l'eau à leur moulin lorsqu'on a appris que les célébrations à Abuja avaient été gâchées par l'explosion coordonnée de plusieurs voitures piégées, faisant 8 morts et 21 blessés. Le mouvement militant du Delta, le MEND, a revendiqué l'attentat, insistant sur le fait qu'il avait prévenu les autorités avant les explosions.

Ecrivant depuis Abuja, Jeremy de Naijablog a donné son interprétation de l'attentat :

La pilule est amère si on considère ceci : le MEND s'était bien mieux préparé que quiconque à ‘fêter’ le cinquantenaire de l'indépendance du Nigeria. Il a dû falloir des mois de préparatifs pour réaliser un attentat aux voitures piégées aussi puissant que celui-ci. L'inquiétant, c'est que cela montre avec quelle facilité Abuja peut être infiltrée par des terroristes – la zone autour de Eagle Square devait être bourrée d'agents de sécurité et pourtant une voiture bourrée d'explosifs a sauté juste à côté. Au moment où j'écris, les terroristes sont très probablement toujours sur le territoire de la capitale fédérale, à célébrer le succès de leur horrible mission : le meurtre de Nigérians innocents.

Lexistrix a écrit :

Avons-nous touché le fond ? Est-ce vraiment la fin ? Allons-nous faire demi-tour à présent ? Le flot constant d'informations démoralisantes de la semaine passée semblait indiquer que cela ne pouvait plus empirer. Malheureusement, mais comme il convient, j'ai reçu ma réponse ce matin. Alors que la nouvelle des explosions à Abuja filtrait le matin de notre fête nationale, j'ai compris qu'au mieux, la réponse était : pas encore.

Je ne ferai pas la fête ce week-end. Je n'en comprends pas moins ceux qui ressentent le besoin de célébrer. Si le style musical de D'banj et P-Square vous apportent joie, répit, oubli, ou tout ce que vous vous souhaitez pour ce week-end, je vous en prie, allez-y. Pendant ce temps, je garderai mes chaussures de danse dans leur boîte.

Cynics received fuel for their views when news broke that celebrations in Abuja had been marred by car bombs, killing xx and wounding xxx.

1 commentaire

  • […] Nigeria : Réflexions sur 50 ans d’indépendance (GlobalVoices en français) par Eremipagamo Amabebe·Traduit par Suzanne Lehn Traduction publiée le 4 Octobre 2010 […] Joseph Ekwu reconnaît les nombreuses défaillances du pays, mais a choisi de se concentrer sur le positif, en mettant l’accent sur les succès de Nollywood, les accomplissements des Nigérians de la diaspora, et le déploiement de la technologie GSM […] […]

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
* = required field
Non merci, je veux accéder au site