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Zambie: Les journalistes sont-ils des chiens de garde du pouvoir?

Les journalistes zambiens ont occupé récemment les colonnes des journaux, pas en tant que reporters et rédacteurs en chef, mais comme victimes après qu'une parlementaire de l'opposition eut qualifié ceux qui travaillent dans les médias contrôlés par l'Etat de chiens du Lt-Gen Ronnie Shikapwasha, le ministre de l'information et des services de radio-télévision [les liens sont en anglais].

La parlementaire, Mme Mumbi Phiri, élue du Front patriotique dans la circonscription de Munali, qui a été au centre des médias pour toutes sortes de mauvaises raisons pendant toute l'année écoulée, ou à peu près, a été excédée lorsqu'un reporter d'un média détenu par l'Etat lui a demandé des explications sur l'accusation portée contre elle d'avoir vendu illégalement un terrain dans sa circonscription.

Les activités des partis d'opposition zambiens sont rarement couvertes par les journaux et les radio-télévisions publiques et lorsqu'elles le sont, elles sont dépeintes d'une manière seulement négative. Pour Mme Mumbi, les reportages négatifs sur elle remontent au début de l'année dernière, lorsqu'elle a lutté au Parlement avec une autre parlementaire de son parti, le PF, Mme Elizabeth Chitika-Mulobeka, et elle a été ensuite arrêtée avec un autre collègue pendant la même année pour délit de désobéissance civile pour avoir claironné son appui à une initiative de Zambiens consistant à montrer des cartons rouges contre le gouvernement du Président Rupiah Banda.

Le blogueur Richard Mulonga, qui travaille aussi pour le journal d'Etat Times of Zambia, a écrit un article à propos d'une marche de protestation contre la parlementaire en faute qui a eu lieu mardi 12 octobre, après laquelle des journalistes ont présenté une pétition au Président de l'assemblée nationale:

Des journalistes des médias publics (dont moi-même) ont présenté avec succès une pétition au Président de l'assemblée nationale M. Amussa Mwanamwambwa contre Mme Munali, l'élue de la circonscription de Mumbi Phiri.
L'élu de la circonscription de  Chipangali, M. Vincent Mwale, a eu le plaisir de recevoir notre pétition et a promis de la transmettre au Président selon les règles et procédures parlementaires. Nous attendons maintenant le déroulement de la procédure parlementaire avant que le public puisse prendre connaissance de notre protestation.
Ignorez la mauvaise presse et les commentaires négatifs que certaines personnes ont exprimés et continuent à vouloir exprimer. Elles ont des raisons et des objectifs égoïstes. C'est seulement une question de temps pour que la vérité triomphe. Nous savons que la plupart de ces personnes sont comme des pions. Elles n'ont pas d'opinions personnelles. Elles combattent les batailles d'autres personnes pour seulement une petite compensation ou une petite tape dans le dos. D'autres sont à la recherche de faveurs. Mais c'est là que ces personnes ont amené les médias zambiens, une plateforme où elles peuvent atteindre leurs objectifs égoïstes.
Nous portions des pancartes et chantions des slogans pendant que nous marchions du Centre commercial Arcades au Parlement le long de la grande route de l'est où nos collègues de la police nous ont reçus avec courtoisie, contrairement aux années passées qui ont vu des processions similaires se terminer par des passages à tabac et des souffrances telles que passer des heures ou des nuits en garde à vue.

Mais les journalistes concernés n'ont pas eu beaucoup de sympathie de la part du public, qui n'est généralement pas heureux de la manière dont les médias publics donnent les informations et en particulier celles sur les activités des partis de l'opposition. Quand Mirriam Tonga, responsable des relations publiques de la Zambia National Broadcasting Corporation (Office national zambien de radio-télévision), a dit que le personnel de la ZNBC se joindrait à la marche de protestation dans un article publié par le blog Zambian Watchdog, un contributeur nommé Munthu, a écrit:

Bien, nous aussi nous allons organiser une contre-manifestation contre ces chiens de journalistes médiocres qui n'ont jamais appris à déceler la colère et la frustration du public dans son ensemble sur leur inaptitude, leur incompétence et leurs déformations dans leur couverture de l'actualité.

Ils ont besoin qu'on leur rappelle que ce ne sont pas les militants du MMD seulement qui paient les K3000 de redevance de TV. Chaque Zambien, étant l'employeur de ces chiens de journalistes, a droit à des reportages équitables, indépendamment de son parti politique.

Un autre contributeur se qualifiant de Bishop Alistoto a écrit:

Je participerai aussi à cette manifestation. Où se trouve le point de rencontre?

Le but de ma participation à cette manifestation est d'augmenter le nombre de participants afin d'attirer l'attention de tous les Zambiens et du reste du monde sur le fait que les employés des médias publics ont fait le choix de se faire traiter de chiens à cause de leur manière de traiter l'information.

C'est tout simplement faux de se faire traiter de chien s'il est impossible de vous former parce que les chiens peuvent être formés, regardez seulement comment les chiens murmurent sur les chaines de TV traitant du monde animal.

C'est comme si les journalistes de la ZNBC, du Daily Mail, de la ZANA et du Times of Zambia vivaient dans leur propre monde différent de celui des autres. Ils auraient pu avoir étudié le journalisme dans l'Irak de Saddam Hussein ou avec Ben Laden.

Dans tous les cas donnez-moi les détails sur votre lieu de rencontre, je vais me joindre à vous.

Mme Mumbi, cependant, s'est excusée pour ses propos avant la marche de protestation, ce qui a semé la confusion parmi certaines organisations représentant les travailleurs de média, en particulier l'Association des journalistes de Zambie dont le Vice-président, M. Amos Chanda, avait déclaré au journal Lusaka Times, qu'il acceptait les excuses et se retirait de la manifestation.

Dans sa demande d'excuses, selon un article publié par Lusaka Times, Mme Phiri a dit qu'elle n'a pas traité les journalistes de “chiens”, mais de “chiens de garde” et qu'elle avait du respect pour les êtres humains, affirmant qu'elle n'aurait jamais traité un être humain de “chien”:

C'est une déformation délibérée des faits et une distorsion de mes paroles, en aucune manière je ne pourrais traiter un être humain de chien. Malgré tout, je veux présenter mes plus sincères excuses à tous ceux qui pourraient se sentir insultés par cette déformation et distorsion délibérée des mes propos. Je n'ai jamais eu cette intention,” a-t-elle ajouté.

En réaction aux excuses de Mme Phiri, Alter Boy dit:

Excuses acceptées, les journalistes concernés devraient en même temps continuer à examiner leur conduite. Les excuses (pour un mauvais choix de mots) sont suffisantes pour le moment, mais s'il faut être sincère, il y a un fonds de vérité dans ce qu'elle a dénoncé.

Mafosisa critique aussi bien les médias publics qu'indépendants:

Ba Journo, s'il vous plait, apprenez  le discernement. La pauvre parlementaire a reconnu qu'elle avait commis une erreur et elle s'est même excusée. Que voulez-vous encore ? Pendant ce temps, le parti et le gouvernement étaient occupés à harceler des COLLÈGUES JOURNALISTES, des fois en les tabassant dans des aéroports, et vous n'avez rien fait. Ensuite, le gouvernement pousse à l'adoption des lois sur les médias qui les priveraient de toute liberté d'expression, mais il n'y a eu aucune manifestation contre ces agissements. Pourquoi êtes-vous si terre à terre ? Pas d'éthique dans les médias publics et pas de moral dans les médias indépendants. Vous êtes tous concernés, les gars, il s'agit de votre gagne-pain ou de votre bonus. Moi, je ne me serais pas excusé car de la manière dont les choses se passent vous êtes pires que Ntweno.


Mpangula pense
que les critiques contre les médias publics sont justifiées. Il dit qu'il a arrêté depuis 6 mois de s'informer par les médias contrôlés par l'Etat :

J'ai arrêté d'écouter la ZNBC & la radio du gvt., des institutions contrôlées par l'Etat. Je suis devenu plus avisé et je n'ai rien perdu.

Le blog Speaking Times conseille aux internautes Zambiens d'être objectifs et accepte les excuses:

Je ne vois pas de raison  – pourquoi nous devrions nous réjouir des insultes, soyons objectifs dans les débats ou sur nos blogs… Les excuses de Mme Mumbi devraient être appréciées mais les gens ne devraient pas s'excuser seulement lorsque des problèmes entravent leur chemin, elle aurait dû apporter des clarifications plus tôt. Les journalistes sont revenus au travail, cet incident est clos.

Cet incident pourrait-il servir de point de rupture pour les journalistes des médias contrôlés par l'Etat pour prouver qu'ils sont vraiment indépendants du contrôle gouvernemental pour faire des reportages qui intéressent tous les Zambiens?

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