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Conflit frontalier entre le Costa Rica et le Nicaragua

Mise à jour du 6 novembre : après publication de ce billet en espagnol, l'agence AFP et d'autres sources ont annoncé qu'un représentant du Nicaragua “s'est appuyé sur la carte en ligne de Google Map de la région frontalière, durant un interview avec le journal costaricain La Nacion, pour justifier le raid dans ce territoire frontalier.” Global Voices a publié cette brève à ce sujet.

[Les liens sont en espagnol, sauf mention contraire] Ce qui a débuté comme un simple nettoyage ou dragage du fleuve San Juan, lequel est la frontière naturelle entre le Costa Rica et le Nicaragua, a débouché sur un conflit diplomatique et militaire.

Río San Juan. Photo sur Flickr de Guillermo A. Durán, sous licence Creative Commons

Le gouvernement du Nicaragua a décidé d'entamer des travaux de dragage sur le fleuve  San Juan pour  faciliter la navigation des bateaux de grande taille. Jusque-là, il n'existait aucun problème, puisque le fleuve lui appartient. Mais au bout de quelques jours de travaux, le gouvernement du Costa Rica s'est rendu compte que les limons extraits du fleuve s'étaient déposés en territoire costaricain. Suite à sa réclamation, le Nicaragua a indiqué que tout ceci n'était qu'une erreur et que cela ne se reproduirait pas, mais le problème ne faisait que commencer.

Le Ier novembre, La Nación a annoncé : “Le Gouvernement confirme l'incursion de l'Armée du Nicaragua  sur le territoire national”

le Gouvernement a confirmé cet après-midi l'incursion des troupes de l'armée du Nicaragua en territoire costaricain, en particulier dans l'île Calero, située dans la zone frontalière, à l'embouchure des fleuves San Juan et Colorado.

“Ceci est une atteinte à la souveraineté nationale, on ne peut l'interpréter autrement,” [José María Tijerino, Ministre en charge de la Sécurité.]

Le Costa Rica a convoqué pour cette raison le conseil permanent de l’Organisation des États Américains (OEA), où il présentera les preuves correspondantes, avec des photographies, des vidéos et des témoignages des riverains de la zone. Le Ministre Tijerino  a déclaré que :

“Le Costa Rica, qui n'a pas d'armée, compte sur les voies diplomatiques pour éviter une confrontation qui ne ferait qu'aggraver la situation.”

Cette problématique va bien au-delà, puisqu'elle pourrait déclencher une augmentation des problèmes liés aux immigrants. Près de 600 000 Nicaraguayens, sans papiers dans leur grande majorité, vivent au Costa Rica, et ce n'est un secret pour personne que la xénophobie y est très présente, phénomène que ce problème frontalier pourrait aggraver.

Dean Cornito dans La Suiza Centroamericana écrit :
Tout autre pays latino-américain qui aurait souffert de la violation de son territoire serait déjà en guerre avec son voisin. Et c'est exactement ce que veut Daniel Ortega, qui à chaque fois qu'il a un problème interne, cherche à détourner l'attention publique en créant un conflit externe artificiel.

Selon des commentaires exprimés dans divers blogs, les Costaricains en sont arrivés à voir ce type de problèmes comme une situation totalement normale. On y dit qu'à chaque fois que le Nicaragua se trouve en période électorale, son président cherche à détourner l'attention vers d'autres événements, et qu'ainsi les problèmes internes ne sont pas mis en relief et ne coûtent pas de votes au gouvernement en place. A ce propos, El infierno en Costa Rica écrit :

Une des traditions les plus enracinées dans la culture politique nicaraguayenne ces dernières décennies, c'est qu'à l'approche des élections, on doit provoquer un différend avec le Costa Rica, de préférence au moyen du fleuve San Juan ; et le précédent fut provoqué pour laver l'image du gouvernement en place, laquelle est entachée de corruption, d'incapacité à résoudre les problèmes, entre autres choses [..]

Plusieurs blogueurs estiment que c'est le moment de garder son sang-froid et prendre les meilleures décisions afin qu'aucun des deux pays ne soit touché. Entre les deux pays voisins, la coopération mutuelle est indispensable. Le Costa Rica et le  Nicaragua sont des partenaires commerciaux et ce type de problèmes touche les exportations de manière réciproque ; de nombreux emplois sont en jeu.

Julio Córdoba de Ciencia Ficción con Julio Córdoba pense que :

En tant que représentant de notre pays, le ministre doit promouvoir la paix comme valeur supérieure et le Droit comme unique arme pour résoudre le conflit et il doit laisser aux autres l'apologie de la guerre, une valeur qui ne fait pas partie de la vision costaricaine.
C'est clairement un sentiment généralisé au Costa Rica, le seul pays sans armée du continent depuis 1948. L'option d’ un conflit armé avec le  Nicaragua n'est pas un sujet de discussion, puisque le Costa Rica n'a pas de quoi l'affronter.
H3dicho écrit :

Les dirigeants du Nicaragua sont les plus barbares de la région, et pourvu qu'ils puissent détourner l'attention de leurs problèmes internes, peu leur importe de mettre en péril les vies des Costaricains et des Nicaraguayens.  […]

Heureusement, mieux vaut tard que jamais, et avant une nouvelle incursion de l'armée nicaraguayenne à notre frontière, notre gouvernement sollicite l'intervention de l'OEA, en pays pacifique que nous sommes. […]

Nous devons nous opposer aux autorités nicaraguayennes avec une réelle fermeté, sans reculer, mais avec diplomatie, sans jamais utiliser les armes contre un pays frère.

Pour empêcher qu'une situation comme celle-ci n'affecte nos relations commerciales réciproques, et pour qu'elle ne frappe pas dans le même temps les Nicaraguayens qui résident au Costa Rica, les autorités se sont adressées aux instances internationales afin de résoudre ce conflit de la meilleure manière possible.

Dean Córnito dans La Suiza Centroamericana souligne:

En définitive, il est mieux de tolérer une violation de notre souveraineté pendant quelques semaines jusqu'à ce que l'instance inter-américaine agisse en faveur du Costa Rica, que de nous lancer dans une guerre absurde et inutile pour nous. Nos dirigeants ont bien raison de procéder avec prudence.

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