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Egypte : un utilisateur de Facebook jugé en cour martiale

Capture d'écran de la page Facebook.

[Liens en arabe et en anglais] De nombreux utilisateurs égyptiens de Facebook sont surpris et scandalisés par la traduction devant un tribunal militaire de l'un d'entre eux ; Ahmad Hassan Bassiouny, est l’ un des 2,4 millions d'Égyptiens sur Facebook ; pour avoir créé un groupe sur ce réseau social, il est accusé de “publication de secrets militaires sur Internet”, et traduit devant un tribunal militaire.

Le groupe créé par Bassiouny porte le nom de Administration du recrutement militaire et de la mobilisation, du nom de l'autorité militaire qui reçoit les soldats et les orientent. Il faut préciser que le service militaire est obligatoire pour les hommes en Egypte. Cependant, ils peuvent en être exemptés ou l'effectuer plus tard sous certaines conditions et dans certains cas, mais quelle que soit sa situation, tout Égyptien doit établir son statut militaire auprès de cette administration.

Le groupe comprend des informations sur les conditions  du service militaire, les documents nécessaires pour le recrutement, les dates d'admission, les délais et autres formalités. Toutes ces informations sont disponibles dans la presse et certaines sont déjà en ligne. Bassiouny a seulement essayé de faciliter la vie à ses copains en réunissant toutes ces informations sur une page. Le groupe compte maintenant environ 1 800 membres. Il est précisé clairement que le groupe est “officieux et fait par un volontaire”.

Quand le fondateur du groupe a été accusé, des membres du groupe ont diffusé la nouvelle, ce qui a généré des commentaires indignés. Les mêmes réactions ont été enregistrées auprès des associations égyptiennes de défense des droits humains, surtout quand on sait  que Bassiouny avait été décrit comme un modèle pour la jeunesse de son pays par la radio nationale, pour avoir créé un tel groupe.

Le Réseau arabe de défense des droits humains (ANHRI), le Centre pour le droit Hisham Mubarak et l'Association pour la liberté de penser et d'expression (Association for Freedom of Thought and Expression) créé par le collectif créé pour défendre de Bassiouny,  ont tous condamné son inculpation :

C'est une grosse erreur que de traduire devant une cour martiale un jeune qui a l'amour de son pays. Nous ne voyons pas le moindre délit dont on peut accuser ce jeune homme. Son action n'est due qu'à sa bonne volonté et s'il a fait une erreur en prenant cette initiative, les cours martiales ne sont pas la bonne manière de réagir à la création d'un groupe sur Facebook.

Dans sa déclaration, le collectif  soutient que ce n'est pas la première fois qu'un Égyptien comparait en cour martiale en Egypte pour ses écrits en ligne, et souligne l'importance des manifestations de solidarité dans de tels cas:

Ahmed Hassan Bassiouny n'est pas le premier militant à devoir comparaitre devant un tribunal militaire. En mars 2010, Ahmed Mostafa a aussi été traduit devant une cour  martiale pour ses écrits sur Internet. Immédiatement après, et grâce à la pression des associations pour les droits humains, le gouvernement a suspendu la procédure pour ne pas ruiner la carrière du jeune homme.

La solidarité s'exprime aussi sur Twitter, particulièrement parce que Bassiouny a été jugé la même semaine que Michael Nabil, un auteur du groupe Facebook contre le service militaire obligatoire, qui a été relaxé. C'est ce qui  conduit Gue3bara a se demander :

Gue3bara_tweet.jpg

Comment travaille l'armée ? Au cours de la même semaine Nabil a été relaxé tandis que Baddiouny est condamné ?

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