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Wikileaks : Leçons sur les technologies et la transparence

Le “Cablegate” (révélations de Wikileaks) est partout. On peut trouver des articles à ce sujet dans pratiquement n'importe quel site d'informations en ligne ou journal dans le monde, le voir à travers les liens partagés sur les sites de médias sociaux, suivre le hashtag (mot clé)  #cablegate sur Twitter, parcourir des dizaines de blogs, en entendre parler à la radio. La publication par Wikileaks de plus de 250 000 télégrammes d'ambassades des États-Unis est actuellement l'un des sujets les plus chauds dans les médias et au sein des gouvernements : la technologie a réduit l'écart entre les citoyens et les informations gouvernementales complexes, et les internautes discutent activement à travers le monde entier de cette affaire.

Comme Geert Lovink et Patrice Riemens le soulignent dans leur article “«Dix thèses sur Wikileaks» [en anglais], la publication par l'organisation d'informations gouvernementales sensibles a utilisé la technologie pour capter l'attention de millions de personnes :

Wikileaks manages to capture that attention by way of spectacular information hacks where other parties, especially civil society groups and human rights organizations, are desperately struggling to get their message across. Wikileaks genially puts to use the ‘escape velocity’ of IT — using IT to leave IT behind and irrupt into the realm of real-world politics.

Wikileaks réussit à capter cette attention au moyen de spectaculaires piratages d'informations là où les autres parties, en particulier des groupes de la société civile et des organisations des droits de l'Homme, se battent désespérément pour faire passer leur message. Wikileaks utilise avec génie la «vitesse d'évasion» des technologies de l'information (TI), utilisant ces technologies pour les laisser à la traîne et faire irruption dans le domaine de la politique du monde réel.

Mais quels outils utilisent-ils pour capter et conserver l'attention du public et des médias et finalement dissiper l'opacité gouvernementale qu'il combattent ? Plus important encore, comment les citoyens peuvent-ils collaborer à cet appel innovant, en temps réel et concentré sur la diplomatie à rendre des comptes ?

Les médias traditionnels partenaires

Wikileaks a fourni à cinq grands médias — The Guardian [anglais], Le Monde [français], El País [espagnol], Der Spiegel [allemand], et le New York Times [anglais] — un accès en avant première aux dépêches diplomatiques américaines. En combinant une mise en ligne avec la publication par les médias traditionnels, Wikileaks – et d'autres organisations travaillant pour la transparence en ligne – sont en mesure d'atteindre un public plus large et de diffuser des informations dans différents formats et les moyens de communication. Les mises à jour constantes de Wikileaks sur Twitter ont même été abordées au cours d'une conférence de presse du Département d'Etat des Etats-Unis et plusieurs organisations internationales de médias qui leur ont fait référence.

Les outils de visualisation

La majorité des médias partenaires de Wikileaks et le site Cablegate utilisent des graphiques faciles à comprendre pour communiquer les données d'une manière plus complète. Information Aesthetics a un tour d'horizon des techniques de visualisation différentes. Fast Company a adopté une approche légèrement différente, construisant un «Wordle»[outil de visualisations des thèmes principaux] à partir des dépêches.

Cablegate Wordle

Cablegate Wordle, via Fast Company

Crowdsourcing [information collaborative]

Cablegate propose à n'importe quel utilisateur, n'importe où dans le monde, le moyen de naviguer facilement et de localiser n'importe quel télégramme possédant un intérêt pour eux et de tirer leurs propres conclusions. Wikileaks invite les utilisateurs à rechercher des événements s'étant produits dans leur propre pays. Ils peuvent, par exemple, vérifier les dates clés d'événements pertinents pour voir s'ils peuvent trouver des télégrammes y faisant référence, puis partager leurs analyses et leurs résultats en utilisant les outils du Web 2.0. Il s'agit essentiellement d'une responsabilité portée par les masses, «crowdsourcée» (assemblée à partir de multiples sources), par n'importe qui, n'importe où dans le monde. D'autres organisations en profitent, encourageant les citoyens du Net à «mettre les mains dans le cambouis» et fouiller dans les télégrammes à la recherche d'information pertinente : le blog «Non édité» du National Security Archive a publié [en anglais] un guide sur la façon de lire les documents du Département d'État et une liste des acronymes couramment utilisés dans les télégrammes.

Wikileaks encourage les internautes à partager leurs trouvailles :

Pick out interesting events and tell others about them. Use twitter, reddit, mail whatever suits your audience best. For twitter or other social networking services please use the #cablegate or unique reference ID (e.g. #66BUENOSAIRES2481) as hash tags.

Choisissez des événements intéressants et faites passer le mot. Utilisez Twitter, Reddit, les emails, ce qui convient le mieux à votre lectorat. Pour Twitter ou d'autres réseaux sociaux, utilisez s'il vous plaît utiliser l'identifiant de référence #cablegate ou des références uniques (par exemple # 66BUENOSAIRES2481) comme mots clés (hashtags).

Peut-être assistons-nous à un changement d'époque, où les voix des citoyens remplaceront le chuchotement des secrets derrière des portes closes et les relations étrangères passeront à une diplomatie plus ouverte. Peut-être pas. Quoi qu'il en soit, après cette publication, le monde aura un nouveau modèle à suivre.

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