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Wikileaks et l'Afrique : Les USA s'intéressent donc tant que ça à l'Afrique ?

[Liens en anglais et français] Des blogueurs de l'Afrique réagissent aux documents mis en ligne la semaine dernière par WikiLeaks (Cablegate), qui a publié des communications secrètes entre le Département d'état des États-Unis et ses ambassades de par le monde. Les documents font références à certains pays africains ainsi qu'à leurs leaders.

Life is Savage fait le point sur les références aux documents sur l'Afrique du Sud :

J'ai lancé une recherche sur internet et voici un résumé de ce qui ressort jusqu'à présent, à propos de l'Afrique du Sud, dans les documents Wikileaks:

* Winnie Madikizela-Mandela a aidé des officiels américains à établir le contact avec Madiba  (Nelson Mandela)
* Nelson Mandela a été critiqué sur son opposition à l'invasion de l'Irak par les États-Unis
* Le CNA (Congrès National Africain) a coopéré avec les services d'espionnage des USA et a donné des informations confidentielles avant les élections de 1994
* Le discours de De Klerk ,qui a changé la face de l'Afrique du sud et a contribué à la libération de Mandela, a été planifié
* Nelson Mandela était “furieux” quand un conseiller haut placé l'a empêché de rencontrer  Margaret Thatcher
* Le ministre sud-africain des Relations Extérieures a traité Robert Mugabe de “vieux fou”.Pour l'instant, c'est tout, mais il ne s'agit que d'une partie des 250 000 documents qui ont été publiés, alors on attend la suite. J'actualiserai (la liste) quand d'autres informations sur l'Afrique du sud seront divulguées. Si vous avez des nouveautés sur l'Afrique du sud, laissez un commentaire.

Sarah Onyango, une étudiante en communication du Cap, Afrique du sud, aimerait savoir si George Bush avait dénigré Nelson Mandela :

Tandis que j'écris, les gouvernements mentionnés et concernés par les fuites sont occupés à donner des instructions à leurs médias  sur la nécessité de publier les fuites de manière responsable, en accord avec la défense de la sécurité nationale. Une critique de George Bush contre Mandela ne m'apparait pas immédiatement comme nocive, mais, elle est bien sûr capable de provoquer un petit embarras diplomatique.
Il est donc décevant de voir que la transparence et le respect de la presse qui sont sans cesse sans cesse prêchés aux gouvernements non-occidentaux soient ainsi foulés aux pieds, dans ce cas précis. Ironiquement, les mêmes arguments  – ou devrait-on dire “prétextes” – qui sont si familiers à nos régions du monde pas si “démocratiques”, sont utilisés. Je me demande bien qui est en train d'apprendre des choses sur qui ?

La raison pour laquelle les nouveaux médias, dont Wikileaks et ses semblables, ainsi qu'une pléthore de blogs qui peuplent le web, sont chaque jour plus puissants, est qu'ils sont moins facilement muselés et poussés à “suivre la ligne”.  Les vieux médias reflètent le niveau standard d'hypocrisie du gouvernement, avec des mensonges, des reniements et des tromperies.

L'intrigue se complique, mais la question reste… Nous avons besoin de savoir si George Bush a réellement dénigré Mandela! La vérité sera libératrice!

Un blogueur pose une question sur MyWeku : “Les USA s'intéressent-ils donc tant que ça à l'Afrique ?”

Hier, WikiLeaks a mis en ligne des documents diplomatiques américains. Les 250 000 “communications” de WikiLeaks font référence à l'Afrique ainsi qu'à ses leaders. Ils sont en train d'être examinés, dans l'espoir que surgisse la vision qu'ont les États-Unis de l'Afrique.  Les sujets considérés comme les plus chers aux Etasuniens incluent  “Darfour/Soudan” et – curieusement – huit pays de l'Afrique occidentale, dont le Burkina Faso, la Mauritanie et le Sénégal. Les États-Unis s'intéressent donc tant que ça à l'Afrique ?

Les pays africains et les leaders mentionnés dans les documents WikiLeaks qui ont fait les gros titres :

Les principaux événements africains cités par  WikiLeaks

*
Burundi: 16/04/09- Washington souhaite que les diplomates fassent parvenir les empreintes génétiques ainsi qu'un scan de l'iris des leaders africains de la région des grands lacs.

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Soudan: 16/04/09 – Washington inaugure un système d'espionnage dans les états du Sahara occidental

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Égypte: 02/10/08 – Le chef de l'espionnage égyptien promet de faire pression sur le Hamas

Liens vers les documents africains

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La libération de Mandela et ce qu'il pensait de De Klerk : Voir le document  90CAPETOWN97

*
Un regard sur les excentricités du leader de la Libye, Khadhafi : voir document 09TRIPOLI771

*
Le Président égyptien Moubarak est cité, disant : “les Britanniques étaient derrière “ce grand désordre”, et la pression des autres leaders africains était suffisamment molle pour que [le président du Zimbabwe] Mugabe fasse ce qu'il voulait.”: Voir document 08CAIRO1637

*
Washington souhaite que les diplomates fassent parvenir les empreintes génétiques ainsi qu'un scan de l'iris des leaders africains de la région des grands lacs: Voir document 09STATE37561

*
Washington inaugure un système d'espionnage dans les états du Sahara occidental: Voir document 09STATE37566

Certains blogueurs doutent malgré tout de l'authenticité des documents.  Maishinski traite le fondateur de WikiLeaks d’ “idiot utile”:

1. Les récents wiki-“leaks” (de l'anglais “fuites”) ne sont pas réellement des fuites, mais plutôt de la simple propagande des USA…
La situation est parfaite : qui n'aimerait pas lire des documents “confidentiels” / “secrets” – surtout émanant d'une source obsédée par le secret comme les USA ? C'est la nature humaine que d'être curieux – et encore plus en face de la boite de Pandore…Si j'étais les États-Unis et que je voulais influencer les perceptions/dynamiques politiques, je créerais tout simplement de faux documents confidentiels dont les contenus feraient sournoisement la promotion de mon agenda public/secret et je disposerais de quelqu'un qui les ferait apparaitre au grand jour (de manière inconsciente, de préférence) aux yeux du monde entier.

La majorité des gens serait disposée à croire les contenus sans remettre en questions leur authenticité/véracité – tout simplement parce que la source serait perçue comme opposante au système. De cette manière, des “vigiles” tel que le fondateur de Wikilieaks courent le risque de se transformer en porte-voix de la propagande impérialiste, autrement dit en “idiots utiles”.

Les documents font-ils partie d'un arsenal de guerre psychologique des États-Unis ?

3. Ce que l'on est en train de vivre est un changement dans la tactique des USA, de l'action directe à la guerre psychologique.
Ce n'est pas parce qu'on voit quelque chose d'écrit sur un bout de papier que c'est forcément vrai… Prenez votre pop-corn, détendez-vous et profitez du spectacle!

Citizen Kane trouve qu'il est difficile de faire le tri entre les faits de la fiction :

Attention ! Je rassemble encore les commentaires en provenance d'autres pays, mais il y a déjà des gens qui suggèrent que Wikileaks pourrait bien être “de la poudre aux yeux”, pour détourner l'attention générale des vraies questions.  Ils disent que si Wikileaks disposait, de fait, de toute ces informations sensibles nationales, le patron de Wikileaks aurait déjà été assassiné.Il est très compliqué de faire le  tri entre les faits et la fiction – par exemple, voyez depuis combien de temps cette histoire de réchauffement planétaire a été et est encore entretenue.

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