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Soudan : Joyeuses fêtes et paix sur le référendum

[liens en anglais] Aux termes de l'accord de Naivasha en 2005 entre le gouvernement central au Soudan et le sudiste Mouvement populaire de libération du Soudan, le Sud-Soudan tiendra un référendum le 9 janvier 2011 pour décider s'il restera ou non partie du Soudan. Abyei, une région à “statut administratif spécial” se prononcera par référendum séparé sur son appartenance au Sud Soudan.

Voici une revue des billets de blogs les plus récents sur ce référendum.

Bloguant au Sud Soudan, Maggie Fick souhaite aux Sud Soudanais un référendum dans la paix:

Je n'ai pas entendu beaucoup de chants de Noël cette année, mais il y a à l'évidence de la vivacité dans l'air dans la capitale du Sud Soudan en cette période de fêtes. C'est le référendum. Le vote d'indépendance du Sud est de plus en plus imminent ici chaque jour, sous beaucoup d'aspects.

Il y a l'horloge imposante et difficile à ne pas voir du compte à rebours sur l'un des ronds-points les plus trépidants de Juba. Il y a l'attirail massif en faveur de la séparation qui tapisse la ville (j'ai reçu hier un courriel d'un militant sécessionniste disant que “100.000 t-shirts, 100.000 casquettes, 100.000 drapeaux de papier et 200.000 affiches,” qu'il appelait “matériel de sensibilisation au référendum,” avaient été livrées depuis Nairobi par un mouvement de la société civile appelé ‘Compte à rebours du référendum du Sud Soudan 2011′ ; je publierai sous peu des photos des t-shirts etc.). Et au-delà des panneaux et t-shirts, il y a un sentiment envahissant d'excitation, d'anticipation, et d'incertitude chez les habitants de Juba, des conducteurs est-africains de moto-taxis que je connais, aux sudistes ordinaires qui travaillent dans les marchés, les écoles et les cliniques, en passant par les travailleurs humanitaires, les diplomates et les journalistes… le référendum est le sujet de conversation incontournable, mais étant donné son énorme incidence internationale et son impact même encore plus grand ici au Sud Soudan, comment parler de quoi que ce soit d'autre ?

Dans “Du Caire à Camberra et au Kansas : les Sud Soudanais disent “Référendum Oyay”” elle discute de la décision de permettre aux Sud Soudanais de voter dans huit pays du monde :

Non loin de ma ville, à Seattle, Etat de Washington, il y a un centre d'inscription des votants 608 Maynard Ave. S., ouvert de 9 à 18 heures du lundi au samedi et de 12 à 17 heures le dimanche. Mais non, mes voisins Washingtoniens ne se préparent pas à participer à un quelconque vote sur une initiative locale. Le centre d'inscription est destiné aux Sud Soudanais vivant dans l'Etat de Washington et qui veulent participer à la détermination de l'avenir de leur pays natal.

L'Organisation Internationale des Migrations des Nations Unies (IOM) organise “le Vote hors du pays” dans huit pays, en direction de la diaspora indiscutablement vaste du Sud Soudan (imaginez, de l'Australie à la Californie et au Royaume-Uni). Bravo à ceux qui ont mis cela sur pied.

Quel contraste étonnant que l'inscription des électeurs pendant la saison pluvieuse des fêtes de fin d'année à Seattle et en même temps, sous un arbre dans des villages dépourvus d'électricité dans divers coins du Sud Soudan. Mais c'est cela : le vote d'auto-détermination du Sud est historique, et sa portée sera considérable, non seulement à l'intérieur des frontières du Soudan et à son voisinage immédiat dans la région, mais partout dans le monde, où les Sud Soudanais ont la chance d'exercer un droit obtenu de haute lutte.

Laura Heaton décrit le travail de l'”identificateur” pendant le scrutin :

Comme dans la plupart des élections à travers le monde, les futurs votants au référendum du Sud Soudan ont eu à produire une forme d'identification pour vérifier qu'ils étaient en droit de s'inscrire pour le vote de janvier. Dans une région longtemps en proie à la guerre, où les gens ont souvent été déplacés et les pouvoirs et capacités de l'Etat minimaux, on pourrait s'attendre à des difficultés pour la vérification des électeurs du Sud Soudan.

Pourtant, fait remarquable, vérifier l'identité des Sud Soudanais pour le référendum du 9 janvier pourrait s'avérer un des éléments les plus aisés des opérations, grâce à des femmes comme Catherine Paul…

A chaque guichet d'inscription, deux aînés de la collectivité ont été sélectionnés pour servir d'identificateurs. Si quelqu'un venait s'inscrire sans avoir de pièce d'identité, le rôle de l'identificateur était de vérifier qu'il était celui qu'il disait et remplissait les critères pour voter. A la question s'il y avait eu un cas où elle ne connaissait pas une personne, Catherine secoua la tête. “Jamais.”

Alex Thurston écrit, dans “Soudan : nouveaux problèmes à Abyei”:

Il y a trois jours, j'écrivais sur les craintes de retour à la guerre civile au Soudan. je fixais deux domaines de difficultés : la rhétorique ambivalente du parti du Congrès National (NCP) au pouvoir sur son acceptation des résultats d'un référendum imminent sur l'indépendance du Sud Soudan, et la tension permanente à Abyei, une région frontalière dont le référendum particulier vient d'être reporté. La rhétorique du NCP semble s'être assouplie – un conseiller du Président Omar al Bashir, Nafie Ali Nafie, a fait hier une déclaration sur le (grand) référendum qui paraissait être “la première reconnaissance par l'élite nordiste que le sud allait probablement faire sécession après un référendum imminent” – mais la situation à Abyei reste chaotique. Des problèmes à Abyei, autant de problèmes pour le Soudan.

Les rapatriés à Abyei : un passé nié et un avenir incertain :

Des milliers de personnes ont plié bagage et regagné Abyei, le petit espace entre le Nord et le Sud devenu le talon d'Achille de l'accord de Naivasha. Certains sont venus dans l'espoir d'un avenir meilleur, mais c'est une extrême déception qui les attend. Abyei n'est riche qu'en pétrole mais pauvre de tout le reste.

Ashoul Paul est une veuve de 55 ans que je rencontre alors qu'elle aide ses fils à décharger leurs affaires du gros camion qui les a transportés à Abyei. Malgré son âge, elle a très bon moral, et s'active comme une fille de vingt ans. Ses enfants et petit-enfants m'ont entouré en me demandant de les photographier à côté des bagages, tandis qu'Ashoul entonnait un chant traditionnel Dinka parlant de mal du pays, selon les interprètes qui m'accompagnaient.

Ashoul raconte comment elle est venue de Wadi Halfa, grâce au programme de rapatriement volontaire. Elle travaillait dans la batellerie. Son mari est mort, la laissant avec huit garçons et filles. Elle a trimé pour les élever seule, grâce à son travail sans relâche. “Je suis maintenant dans mon pays natal, que j'ai quitté petite fille. Je vais cultiver notre terre, et mes fils aînés m'aideront à élever leurs frères et soeurs plus jeunes. Je n'ai pas peur de l'avenir”, ajoute-t-elle.

De quel côté tombera le Sud Kordofan si le Sud Soudan fait sécession ? : Sud Kordofan : le calme politique prévaut

Au final, l'approche du référendum et ses conséquences attendues de division du pays en deux moitiés mettent chacun en alerte maximale et sous forte pression, sans parler de l'Etat de démarcation du Sud Kordofan, qui se trouve exactement sur la ligne de feu entre le Nord et le Sud.

Les deux Etats du Nil Bleu et du Sud Kordofan ont rejoint l'Armée de Libération du peuple du Soudan (SPLA) pendant la guerre civile. Le CPA [NdT : l'Accord de paix global] a assigné le mécanisme de “Consultation populaire” aux deux Etats comme un compromis approprié à leur statut d'Etats de démarcation.

A voir les détails de la “Consultation populaire” selon le texte du CPA, il est clair qu'elle porte à diverses interprétations, commençant par le droit à l'auto-détermination selon la vision du SPLM et se terminant en une réduction à un simple mécanisme de plainte. Il n'en est pas moins indiscutable que ses procédures sont longues et complexes, et passent à travers plusieurs institutions et niveaux avant d'atteindre la forme finale, même si elles sont régies par des délais définis précisément et ne dépassant pas trois mois au total.

En conclusion, vous pouvez suivre à partir du 3 janvier 2011 le site Sudan Vote Monitor pour des informations an temps réel sur le référendum :

L'objectif de Sudan Vote Monitor (‘Surveillance du scrutin au Soudan’) est de soutenir le contrôle et le suivi indépendants des opérations du référendum par les organisations de la société civile, les média et le public en général. Sudan Vote Monitor recevra des informations par SMS, courriels et par son site internet. Toutes les informations seront cartographiées par nos bénévoles et mises en ligne sur notre site en temps réel. Nous produirons aussi un billet de blog quotidien reprenant les informations reçues.

Début : lundi 3 janvier 2011

En ce moment, nous sommes occupés à garantir un numéro abrégé, c'est-à-dire un numéro de téléphone à 4 chiffres auquel on peut envoyer des SMS. Dès que nous l'aurons, nous le diffuserons aussi largement que possible, pour que quiconque puisse nous envoyer une information sur leur vécu du référendum.

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