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Asie du Sud : Rétrospective 2010 par les médias citoyens

On ne peut ignorer la région de l'Asie du Sud car avec près de vingt-trois pour cent de la population mondiale, les événements en cette région exercent un énorme impact sur le système international. Global Voices a couvert certains de ces événements du point de vue du journalisme citoyen. Revoyons les articles les plus lus en 2010 en provenance de cette région.

Liberté d'expression et censure :

La blogosphère pakistanaise entama un très vaste débat sur la création d'une page Facebook appelant à la réalisation de caricatures du prophète Mahomet le 20 mai. La situation empira lorsque la Cour suprême de Lahore interdit brutalement le domaine entier de Facebook et les internautes protestèrent contre cette interdiction générale. Le gouvernement revint ensuite sur sa décision et promit de contrôler les sites internet grand public incluant Google, You Tube, Facebook, Hotmail lesquels pouvaient mettre en ligne un contenu blasphématoire inacceptable pour les musulmans.

Au même moment, le Bangladesh interdit aussi temporairement Facebook. La déclaration officielle mentionna que le site avait été bloqué pour avoir abrité des contenus anti-religieux et pornographiques. Mais certains blogueurs eurent l'impression que l'interdiction fut imposée principalement parce que des caricatures du Premier Ministre et du chef de l'opposition (des femmes toutes deux) furent partagées par des utilisateurs.

Droits de l'Homme :

En Inde, il y eut huit meurtres et vingt attaques graves contre des militants du droit à l'Information (RTI) l'année dernière. Amit Jethwa, un éminent écologiste et militant du droit à l'Information (RTI), fut abattu par deux hommes armés non identifiés en juillet après qu'il eut intenté un procès dans l'intérêt général auprès de la Cour Suprême du Gujarat et dénoncé un membre du parlement.

Le droit de l'internet indien fut sujet à controverse en raison de son mauvais usage. Un fonctionnaire du Kerala fut arrêté pour avoir envoyé par mail à quelques amis une plaisanterie relative à la débâcle électorale du parti dirigeant.

Mob-lynching in front of police

Passage à tabac de deux jeunes garçons sous les yeux de la police et d'une foule enthousiaste. Capture d'écran d'une vidéo YouTube

Les Pakistanais furent en état de choc lorsque des informations ainsi qu'une  vidéo concernant le lynchage brutal par la foule de deux jeunes frères furent diffusées dans la presse locale le 22 août 2010.  Le viol collectif d'une infirmière stagiaire au Centre médical universitaire de Jinnah (JPMC) déclencha aussi de larges protestations.

La loi sur le blasphème au Pakistan fut critiquée et remise en question par des militants des droits de l'Homme car elle avait été plus souvent utilisée comme un outil pour répandre la violence et semer la peur, en particulier au sein des minorités. Le cas de Aasia Bibi, une chrétienne qui fut condamnée à mort pour blasphème, est un exemple de cette manipulation de la loi.

Au Sri Lanka, Sarath Fonseka, le candidat de l'opposition en compétition avec le Président en exercice, Mahinda Rajapaksa, à la sixième élection présidentielle fut arrêté par la police militaire et  plus tard emprisonné.

Après de nombreuses protestations, les ouvriers bangalais du prêt-à-porter obtinrent une hausse significative des salaires minimums.

Terrorisme:

Image courtesy http://twitpic.com/photos/abhi_bol

Image : courtesy http://twitpic.com/photos/abhi_bol

Après les attaques de Mumbai en 2008, l'Inde essuya une lourde attaque terroriste en février 2010 lorsque l'explosion d'une bombe dans un restaurant prisé par les touristes dans la ville de Pune, dans le Maharashtra, un  Etat de l'ouest de l'Inde  fit 9 morts et 57 blessés.

Tandis que le Pakistan fut secoué par de nombreux attentats suicides et attaques terroristes en 2010.

Toutefois, ce que nous constatâmes de positif c'est que beaucoup de blogueurs pakistanais rejetèrent cette haine religieuse.

Catastrophes :

Inondations au Pakistan, le 2 août 2010. Photo sur Flickr de Globovisión. CC BY-NC

2010 fut une année particulièrement mauvaise pour le Pakistan en terme de catastrophes. Le Pakistan fit face à ses pires inondations depuis 80 ans, car en juillet-août de fortes pluies de moussons provoquèrent la grave inondation des plaines côtières de l'Indus, Khyber Pakhtunkhwa, Sindh, le bas Punjab et de parties du Baloutchistan. Les inondations firent plus de 2000 victimes et environ 20 millions de personnes, un dixième de la population du Pakistan, furent touchées, la plupart d'entre elles devenant sans-abri. La réponse du gouvernement pour s'attaquer à cette situation fut largement critiquée.

Au contraire, il fut réconfortant de voir des gens ordinaires, en particulier beaucoup de jeunes du Pakistan se déplacer dans les zones sinistrées pour aider les victimes. Et encore plus d‘internautes pakistanais  furent au premier plan car ils rendirent  leurs actions visibles par le biais de blogs en direct, de Twitter, d'images et de vidéos. Plusieurs auteurs de Global Voices vivant au Pakistan parmi lesquels  Awab Alvi, Faisal Kapadia, Sana Saleem et Salman Latif firent des reportages en direct du terrain.

View of #Islamabad crash site

Photo du site de la catastrophe aérienne d'Islamabad depuis un toit. Image sur Twitpic de Rezhasan

En juillet, le Pakistan subit sa pire catastrophe aérienne lorsqu'un vol d'une compagnie privée en provenance de Karachi s'écrasa  dans les collines de  Margalla à Islamabad, faisant 152 morts. En mai, un avion d'Express Air India s'écrasa à Mangalore, dans le Sud de l'Inde, tuant la plupart des passagers et les internautes furent scandalisés par le fait que la courte piste d'aviation était trop dangereuse pour de plus grands avions.

L'Inde eut sa part de catastrophes pétrolières car en août, un porte-container entra en collision avec un autre navire maritime près de la côte de  Mumbai provoquant une énorme marée noire qui menaça la flore et la faune des plages avoisinantes.

Politique :

2010 fut une année mouvementée pour le Népal dans l'arène politique. En février, des groupes monarchistes qui réclamaient la restauration d'une monarchie constitutionnelle ont fait de la capitale une ville morte. En mai, les maoïstes qui sont en force au Parlement, lancèrent une grève générale illimitée nationale exigeant que la dissolution de l'actuel gouvernement. Le gouvernement succomba à la pression et le Premier Ministre Madhab Kumar Nepal démissionna le 30 juin 2010. Le Népal s'enfonça alors dans une situation marquée par l'absence de leadership car cinq tours d'élection au Parlement échouèrent à faire émerger un net vainqueur comme ce fut le cas pour le Premier Ministre en août. En fin d'année, on ne voyait toujours pas la fin de cette impasse politique.

Mohamed Nasheed, Président des Maldives. Photo avec l'autorisation de Presidency of Maldives Photostream, CC BY

En juin, tout le cabinet du gouvernement des Maldives présenta sa démission au Président Mohamed Nasheed, au motif que son travail était gravement entravé par un Parlement dirigé par l'opposition. Des blogueurs fournirent de judicieux avis sur la manière de résoudre cette crise.

Après trois ans de répit, le Hartal, une forme de grève sud-asiatique, revint au Bangladesh car  l'alliance d'opposition descendit dans la rue pour faire pression sur le gouvernement et obtenir la satisfaction de ses revendications en 11 points.

Des protestations au Cachemire tournèrent à la violence dès juin après que les forces de sécurité eurent tué un certain nombre de jeunes. Lorsque le gouvernement du Jammu et Cachemire interdit le service SMS pour arrêter le flux de nouvelles et de rumeurs, de nombreux organes d'information utilisèrent Facebook pour atteindre les internautes. La blogosphère indienne discuta des possibilités de réconciliation et de paix.

Le Président en exercice du Sri Lanka Mahinda Rajapaksa avança l'élection présidentielle prévue en 2011 vraisemblablement  pour exploiter son immense popularité après avoir battu les Tigres Tamouls l'année dernière. Avec le candidat de l'opposition Sarath Fonseka derrière les barreaux et suite à un faible taux de participation, la victoire de Rajapaksa était prévisible.

Sports :

Le stade Jawaharlal Nehru à New Delhi, théâtre des Jeux du Commonwealth à Delhi. Photo sur Flickr de seaview99. CC BY-NC-SA

Cette année, l'Inde accueillit les Jeux du Commonwealth pour la première fois et son plan de mettre en valeur son nouveau statut de puissance mondiale fut gâché par la critique et la controverse. Finalement, l'Inde mena à bien les Jeux.

Des femmes bhoutanaises créèrent des remous avec leur premier mouvement féministe lorsqu'elles prirent part au sport traditionnellement dominé par les hommes, le Khuru (jeu de fléchettes).

2010 fut une année riche en événements pour la région de l'Asie du Sud. Restez à l'écoute en 2011 de l'information vue à travers les yeux des internautes. Si vous voulez contribuer à élargir notre couverture au travers des blogosphères multilingues de cette région, veuillez nous contacter.

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