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Françafrique : financement de partis politiques français par les dirigeants africains

Le 30 décembre 2010, des révélations ont été faites par le quotidien espagnol El Pais, extraites des télégrammes diplomatiques américains obtenus via “Wikileaks” concernant 30 millions d’euros qu’auraient détournés l’ancien Président du Gabon, Omar Bongo (décédé en juin 2009, laissant le pouvoir à son fils) qui aurait servi entre autres, au financement de partis politiques français et à l’enrichissement personnel de dirigeants gabonais. Selon un article du 30 décembre que publie le blog grioo.com :

« Une partie des financements illicites aux partis politiques français serait allée soutenir Nicolas Sarkozy lui-même. L’argent était réparti entre la gauche et la droite (notamment Jacques Chirac). C’est un Haut fonctionnaire de la BEAC qui aurait révélé ces informations à Janet Garvey, l’ex-ambassadrice des Etats-Unis au Cameroun, selon le journal espagnol. »

Graffiti sur un mur par Ophelia Noor sur Flickr CC license NC-SA 2.0

Ces révélations ont été relayées et commentées par de nombreux médias francophones de France, du Canada et d’Afrique. Les démentis et déclarations gênées ont plu de partout. Dans une déclaration rapportée depuis Libreville par l’AFP et publiée par avmaroc.com, le secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG, majorité) Faustin Boukoubi à l'issue d'une conférence de presse consacrée au bilan de l'année, a déclaré :

“Ce qui est gênant, c'est que ça diffame, ça diffame des personnes, ça diffame des familles, mais c'est dans l'air du temps, on aime désormais raconter, ébruiter des choses sans preuves”.

En France, soit l’UMP, le parti de la majorité présidentielle et le parti socialiste ont démenti ces accusations rapporte Antoine Ganne sur le blog afrik.com.

Ces révélations confirment cependant, des rumeurs persistantes sur le copinage entre dirigeants français et potentats locaux sur le dos des Africains. La chaine de télévision France24 a rappelé le 30 décembre 2010 que :

l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing avait spectaculairement rompu le silence entourant habituellement ce sujet, en affirmant que le président gabonais avait financé en 1981 la campagne présidentielle de Jacques Chirac. L'intéressé avait dénoncé des propos “dénués de tout fondement” et ne relevant que “d'une médiocre polémique”.

Bongo n’est pas seul à etre soupçonné d'avoir joué les grands rôles dans la Françafrique. Les visages hideux qu’ont attribue à celle-ci sont nombreux.

Lors de son voyage à Brazzaville, le Président Sarkozy aurait dit selon Grégoire Eyadema, sur le blog cellulefrancafrique.org, dans ‘’Sarko au Congo Brazzaville Merci Sassou, le pompier pyromane’’ :

« Les Congolais ont la fortune à portée de main et pourtant, ils restent pauvres ; pardonnez-moi si cela vous choque, mais comment ne pas être attristé par un tel gâchis ? » … Quel sursaut de lucidité et de clairvoyance !!! Pourtant il n’a pas évoqué cela lors de ses interventions officielles, pas plus que le décès le décès très suspect du militant Bruno Ossebi.

Ce journaliste et militant avait eu le tort de intéresser de trop près aux « biens mal acquis », au point de se constituer partie civile aux cotés de Transparency International dont voici l’histoire racontée par ses amis qui en ont tiré une pièce de théâtre :

« Mais le 21 Janvier 2009, un mystérieux incendie à ravagé sa maison à Brazzaville.

Malgré ses blessures, la perte de sa femme, de ses deux filles brûlées vives, il se rétablissait et s’était remis à écrire. Alors, la veille de son rapatriement en France pour y être soigné, le journaliste a été achevé sur son lit d’hôpital.

Son domicile a été rasé moins de quatorze heures après l'incendie alors qu'aucune expertise n'avait été pratiquée sur les lieux du sinistre. Le corps de Bruno Ossebi n'a fait l'objet d'aucune autopsie. Tous les éléments qui auraient permis de comprendre ce qui s'est passé dans les nuits du 20 janvier et du 1er février ont donc été effacés. «

AKRAM464 présente plusieurs vidéos sur Youtube qui dénoncent les pillages des ressources du Congo dont celle – ci, intutlée ‘’DENIS SASSOU NGUESSO LA HONTE DE L'AFRIQUE /MANDAT D ARRET

Au Cameroun, MANOLAP commente sur le blog camer.be les dépenses de vacances du Président Biya, intitulé ‘’France – Cameroun : Biens mal acquis, les vacances en France à 1 million d'euros de Paul BIYA au journal de France 3’’ :

‘’peut-il être ainsi donc un homme comme tout le monde? non!en revanche il a droit à des vacances de tous ses rêves.avec son argent à lui c'est mieux.or il s'agit ici de l'argent du peuple camerounais. 360.000 euros par jour de location d'avion qui attend au sol. 1 million d'euros pour l'hotel. quel homme qui gagne normalement sa vie fait ça? même bill gate ne le fait pas.paul biya, fossoyeur de notre pays dehors! »

Dorothée Ndoumbè cite M. Issa Tchiroma Bakary, porte-parole du gouvernement camerounais sur afrik.com sur les accusations au Président Biya :

« Une campagne de dénigrement, de calomnie, de diffamation, d’accusation attentatoire à l’honneur de la nation et à son chef ! »

Cependant, selon camer.be, réunis le 1er août (2010) en assemblée générale, à Bamenda:

‘’les membres d’un réseau d’une quarantaine d’organisations de la société civile, la Cameroon alliance of voluntary organizations for development (Cavod), demandent au chef de l’Etat de faire taire toute polémique en déclarant ses biens et les sources de leur acquisition. ‘’

La capacité de manipulation en leur faveur des potentats est énorme. Ainsi, au Congo, Michel OGANDAGA nous signale sur le blog zenga-mambu.com une initiative singulière de la Fédération congolaise des droits de l'homme (Fécodho) auprès de la Cour de justice des communautés européennes :

En leurs qualités respectives de président et de secrétaire général de la Fecodho (Cephas Germain Ewangui et Me Thomas Djolani), les deux requérants s'adresseront aux dirigeants européens de l'institution « au nom et pour le compte du président Denis Sassou N'Guesso et de son entourage » mis en cause par l'ONG française Transparency International.

Pour ces deux responsables de la FECODHO :

« Dès l’instant où il est impossible de juger, en France, un détournement de biens publics qui s’est passé à l’étranger et commis par des étrangers on ne peut pas juger le recel en France. »

Ils défendent, donc, leur client, le Président Sassou Guessou, non pas en cherchant à démontrer son innocence, mais en demandant à la Cour de justice de l'Union européenne, d'annuler l'arrêt rendu par la Cour de cassation française. Ce qui le mettrait au dessus de la loi, comme personne ne pourrait le juger dans son pays.

Au Cameroun des manifestations de rue en faveur de M. Biya ont été organisées nous signale Le Messager sur le blog camer.be.

L’année 2010 avait commencé par des appels à la mobilisation contre la Françafrique aussi bien sur le continent qu’en France, pour dénoncer les 50 ans de pillages des ressources du continent, avec l’organisation de plusieurs activités notamment : l’organisation d’une course contre la Françafrique, de conférences – débats, manifestations de rues et projection de films.

Le blog afrique2010.fr, l’association survie écrit pour résumer cette triste histoire :

Après la proclamation de l’indépendance des anciennes colonies françaises d’Afrique, des réseaux politiques et économiques ont assuré la continuité du pillage du continent africain, au profit notamment des hommes de pouvoir en France, en plaçant des dictateurs corrompus à la tête des États nouvellement indépendants. 50 ans après, et malgré les discours de rupture, la Françafrique est toujours d’actualité…

Ces révélations ne font que confirmer des pratiques connues depuis des decennies.  Il est important de continuer à  faire connaitre les faits et diffuser les informations sur ce copinage  entre les dirigeants de l'ancienne métropole et les potentats locaux.

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