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Egypte : les recherches continuent pour retrouver le blogueur Kareem Amer

Les recherches continuent pour retrouver  le blogueur égyptien Abdulkareem Nabeel Sulaiman, connu sous le pseudonyme Kareem Amer, qui a disparu après avoir quitté la place Tahrir au Caire le 7 février dernier.

Kareem, qui a passé quatre ans en prison pour un billet publié sur son blog, avait été libéré [en français] le 15 novembre 2010. Son arrestation d'alors et son procès pour “insultes à l'islam et au président Hosni Moubarak”, de même que les mauvais traitements subis en prison, avait soulevé l'indignation au niveau international et ses soutiens craignent qu'il puisse avoir à nouveau été arrêté.

Les internautes égyptiens rapportent qu'il a été arrêté avec le réalisateur Samir Eshra sur le pont Kasr El Nil, et toutes les tentatives pour reprendre  contact avec eux a échoué.

Reporters sans frontières a annoncé ces arrestations et demandé leur libération :

Reporters sans frontières a appris que le blogueur Kareem Amer aurait été arrêté, dans la soirée du 6 février au Caire, en compagnie du réalisateur Samir Eshra. Ils auraient été interpellés par la police militaire sur le pont Kasr El-Nil, alors qu’ils quittaient la place Tahrir. L’organisation appelle à leur libération immédiate.

Kareem Amer doit sa notoriété en Egypte à ses critiques virulentes envers le régime. Reporters sans frontières craint que les autorités ne profitent de l’occasion pour le renvoyer durablement en prison.

Reporters sans frontières s’inquiète des représailles possibles contre les journalistes, blogueurs et fixeurs locaux, alors que les médias internationaux quittent progressivement le pays. L’organisation appelle à la plus grande vigilance et somme les autorités de mettre fin à cette campagne d’intimidation contre les professionnels de l’information qui tentent de couvrir les événements en Egypte.

Bikya Masr a quelques informations :

Des collègues ont dit l'avoir vu aux manifestations sur la place Tahrir au Caire, mais alors qu'il rentrait chez lui après la manifestation, il semble avoir été retenu par la police et on n'a plus eu aucune nouvelle de lui depuis.

Dalia Ziada,  une blogueuse très connue qui blogue sur la politique en Egypte, a dit à  Bikya Masr qu'Amer  “rentrait chez lui cette nuit. Il était accompagné par un autre ami, Samir. Les deux ont disparu.”

Elle dit aussi que des proche de Kareem affirment qu'il a été enlevé près de l'entrée du pont Kasr el-Nil, même si Bikya Masr doit encore avoir confirmation de ces informations sur un kidnapping.

Voici quelques réactions sur Twitter, depuis le jour de sa disparition à aujourd'hui :

Le blogueur Abdul Kareem Nabeel Suleiman Amer est TOUJOURS introuvable. Merci de passer l'information, comme nous l'avons fait pour Wael @Ghonim #Jan25

@jmayton @SadekHM @cvirus @Ghonim son nom complet est Abdul Kareem Nabeel Suleiman Amer, pas seulement Kareem Amer.

waelabbas :le blogueur Karim Amer et le realisateur Samir Eshra ont été arrêtés

@JustAmira Kareem Amer a disparu hier vers  11h30 PM sur Kasr El Nil avec le réalisateur  Samir Eshra #Jan25 #Egypt

@SamirEshra Samir a disparu depuis la nuit dernière @ 23h30, près du pont kasr el nil avec   kareem amer, sur la route du retour

@waelabbas les deux téléphones de Kareem Amer sont éteints !

Salamander si quelqu'un voit kareem amer sur la place #tahrir faites nous signe s'il vous plait  #jan25 #tahrir #egypt

@Ghonim est libre à nouveau, mais d'autres sont toujours introuvables. Parmi eux, le blogueur Abdul Kareem Nabeel Suleiman Amer #jan25 #egypt

La disparition de Kareem Amer semble faire partie d'une stratégie du régime égyptien pour réprimer et bloquer l'information sur les manifestations, aujourd'hui dans leur seizième journée consécutive.

Selon Reporters sans frontières, “Chaque journaliste sur place semble avoir été victime d’un incident.”

Voici un panorama des abus recensé contre la presse :

Reporters sans frontières publie un décompte des exactions contre les journalistes et la presse depuis le début des violences principalement place Tahrir, au Caire, le mercredi 2 février 2011. Ce premier bilan, loin d’être définitif tant la liste des incidents s’allonge et tant il est difficile d’avoir un état des lieux cohérent de la situation, rend déjà compte de l’incroyable envergure de la campagne de haine lancée contre la presse internationale.

Peu de rédactions ont été épargnées. Chaque journaliste sur place semble avoir été victime d’un incident. Certains ont tenu à garder à l’anonymat par peur des représailles.

Quelques chiffres de ce bilan :

1 journaliste mort : Ahmed Mohammed Mahmoud d’Al-Ahram

Journalistes attaqués mais pas détenus : 79
Journalistes détenus pendant au moins deux heures : 76
Journalistes dont nous restons sans nouvelles : 1
Cas d’équipements détruits ou de bureaux attaqués : 25
Les médias les plus ciblés : Al-Jazeera avec 3 reporters attaqués and 4 détenus (libérés) + bureaux détruits.
Nationalités les plus visées : US (29 dont une équipe de Voice of America), France (18), Pologne (9), Qatar (7 – tous d’Al-Jazeera).

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