Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Cameroun : La coupure de l'accès à Twitter par SMS fait bouillir les internautes

La Journée Internationale des Femmes de 2011 laissera au Cameroun un souvenir mêlé de technologie. Bouba Kaele, un cadre marketing pour le Cameroun de la compagnie sud-africaine de télécoms MTN a annoncé sur le réseau social Twitter que le gouvernement camerounais avait coupé l'accès à Twitter par SMS  pour les clients de MTN :

Selon Edouard Tamba sur son blog, les clients ont été informés par un SMS de MTN Cameroun disant :

Cher client, pour des raisons indépendantes de notre volonté, l’accès au 8711 est désormais suspendu. Merci de votre compréhension

Contacté sur Twitter sur les raisons de cette coupure, le directeur général de l'Information de MTN, @GeorgesMpoudi répondit :

Nous n'avons pas d'autre commentaire que “raisons de sécurité” sur instructions du gouvernement pour la suspension de SMS Tweets.

La nouvelle a provoqué la colère des internautes camerounais, et un mot-clé a aussitôt été créé par @Kasbig : La surprise des internautes s'explique : après tout, c'est à Douala, au Cameroun, qu'a été organisée le 5 mars 2011 la conférence 9ideas. L'événement centré sur les technologies était sponsorisé, entre autres, par MTN, et l'espace était offert aux innovateurs africains et camerounais pour présenter leurs idées en faveur du développement du continent. Le thème de la censure d'Internet avait été abordé à cette occasion, comme l'explique @champico : Le portail camerounais Mboablog a mis en ligne sur sa chaîne Youtube une vidéo de la conférence 9ideas, et @mambenanje fulmine :

suis tellement en colère… contre @MTNCAMEROUN qui a suspendu mon service #smstweet au n° 8711… j'ai vraiment besoin que ça soit rétabli

@etumnamboa est encore plus amer : Pour beaucoup, les “raisons de sécurité” mentionnées par les autorités sont en rapport avec les récents soulèvements et révolutions qui ont lieu à travers l'Afrique depuis le début de l'année. Cette agitation a aussi touché le Cameroun, bien que dans une moindre mesure que ses homologues africains, le 23 février 2011. C'est l'opinion partagée par @mambenanje:

@seunosewa @webtrendsng je suppose que la récente activité sur twitter à propos d'une grève manquée de février a amené le gouvernement à interdire ce #smstweet

Mais pour le blogueur Dibussi Tande, le gouvernement camerounais a tout faux :

A l'évidence, le gouvernement a échoué à retenir la leçon de l'Afrique du Nord. (…) C'est l'information obtenue via les téléphones mobiles, les SMS et courriels ordinaires qui ont abouti sur Twitter et non les tweets en temps réel des activistes sur le terrain. Interdire le n° abrégé de Twitter ne va donc guère changer l'équilibre des pouvoirs en ligne.

Les internautes camerounais n'en sont pas moins pleins de ressources. Le blogueur Djia Think a publié un article sur “OpenMesh, l'arme ultime pour garder notre liberté de communication”  qui présente le projet OpenMesh :

C’est dans l’optique de lutter contre ces coups portés à la liberté de communication que Shervin Pishevar proposait le 27 Février 2011, le projet OpenMesh qui consiste à former un réseau maillé, où les hommes joueront le rôle des routeurs Internet

1 commentaire

  • […] jours, une première dans le pays. D’autres États tels la République démocratique du Congo, le Cameroun et le Kazahstan ont suivi cette voie, en période d’élections, de troubles ou même en […]

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site