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Gabon : Deux Présidents rivaux, l'un accusé de détournements

Ce billet fait partie de notre dossier Gabon 2011.

Après s'être réfugié pendant un mois dans les bureaux du Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD) à Libreville, au Gabon, le président auto-proclamé André Mba Obame et son gouvernement ont finalement quitté les lieux le 27 février. Un accord a été obtenu avec le gouvernement officiel du Président Ali Bongo grâce à la médiation de l'ONU, sans mettre fin au mouvement pour le changement au Gabon. L'agitation est continuelle depuis le 25 janvier, jour de la prestation de serment du président non-officiel Mba Obame.

Les ennuis de M. Bongo avec la Banque Mondiale

Alors que la lutte pour le pouvoir continue, Ali Bongo se retrouve  accusé d'”abus d'actions à des fins de profit personnel” pendant son mandat de président du conseil de direction de l'Office des Ports et Rades du Gabon (OPRAG). L'homme d'affaires français Jacques Dupuydauby a porté plainte contre lui le 22 février devant l'International Center for Settlement of Investment Disputes (ICSID – Centre International d'Arbitrage des litiges d'investissement) de la Banque Mondiale. Selon l'hebdomadaire ‘Jeune Afrique’, les marchés passés par Ali Bongo concernant deux ports gabonais sont réexaminés (voir A bas le masque).

(M. Dupuydauby est un rival historique d'un autre homme d'affaires français spécialisé dans le commerce maritime, Vincent Bolloré, ami personnel du président, qui a pris position en faveur de M. Bongo.)

En France, Bruno Ben Moubamba, un homme politique gabonais nommé ministre des affaires étrangères du gouvernement officieux, a a tenu un rassemblement le 7 mars devant l'hôtel particulier parisien à 150 millions d'euros d'Ali Bongo. Dans son discours devant la propriété, située dans les beaux quartiers de la capitale, il a exhorté le gouvernement français à mettre fin à sa tolérance pour les dictateurs africains comme Bongo. Le 3 mars, M. Moubamba a publié une vidéo de lui-même, où il s'interrogeait sur la provenance des fonds utilisés pour l'achat de cette coûteuse propriété :

Ali Bongo a-t-il utilisé les fonds de l'OPRAG pour ses propres intérêts, par exemple pour acquérir ce “palais” à Paris : Pozzo di Borgo?

L'ICSID avait déjà jugé en mai que le gouvernement du Président Ali Bongo devait verser 240 millions d'euros à un consortium belge dans un procès pour fraude dans des contrats de chemin de fer.

Ce nouveau litige commercial intervient dans un contexte déjà défavorable pour Ali Bongo.

Trêve incertaine alors que M. Mba Obame quitte le PNUD

Dès le lendemain du retrait de M. Mba Obame de l'immeuble du PNUD, le gouvernement Bongo annonçait que tous les membres du gouvernement officieux seraient bientôt face à la “justice”. Selon un billet de Camarade sur le site internet Koaci, certains ont déjà été convoqués par les services de renseignement gabonais pour interrogatoire.

A la sortie de M. Mba Obame du bâtiment du PNUD, nombre de ses partisans ont réagi en ligne avec ironie et soupçon. LVDPG (‘La voix du peuple gabonais‘) a été une de ces plates-formes où les internautes ont fait part de leurs préocupations. Certains, comme ‘Le Début‘ subodorent un marché entre Ali Bongo et André Mba Obame :

Transparence oblige, il y a forcément une contre-partie, c'est la logique des négociations et du prix à payer pour sortir d'une termitière!!! AH POLITIQUE QUAND TU TIENS!!!
Alors on attend le véritable compte rendu.

Des suspicions comme celle-ci n'ont été que renforcées par l'absence de toute déclaration officielle de M. Mba Obame depuis sa sortie du siège du PNUD. Les rumeurs diplomatiques dont se fait l'écho le billet de Camarade sur Koaci.com semblent confirmer cette théorie :

Une source interne au PNUD-Gabon a également affirmé que la sortie d’exil du gouvernement Mba Obame n’est qu’une première étape du processus de décrispation du climat politique gabonais. [Ce] qui expliquerait l’annulation de la déclaration envisagée par les exilés le jour de leur sortie du PNUD.

Pour d'autres, comme @chrisseminarist sur Twitter, M. Mba Obame est un stratège qui a mis fin à son exil afin de poursuivre la lutte révolutionnaire :

@chrisseminarist (March 1): André Mba Obame continue le combat pour être reconnu président du Gabon

Révolution droit devant

Malgré l’incapacité alléguée de l'opposition gabonaise à conduire un mouvement révolutionnaire, Charlie M. écrit sur son blog, ‘Le Gabon Enervant‘ sa conviction qu'une révolution adviendra dans le pays, quoi que fassent les politiciens :

Au Gabon il est clair pour tout observateur averti, que si les tenants du pouvoir n’apprennent pas à servir leurs peuples avec justice et dignité, et non tout le folklore qu’ils font en ce moment, le Gabon aura sa révolution, tôt ou tard. C’est inévitable.

Ce billet fait partie de notre dossier Gabon 2011.

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