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Gabon : Reprise de l'activité pétrolière et réinvestissement

Ce lundi 8 Avril, les employés du secteur pétrolier ont repris le travail après que le porte-parole de l’ONEP (Organisation Nationale des employés du Pétrole) Arnauld Engandji annonce à l’AFP que “les demandes ont été satisfaites. Nous ne voulons pas créer une situation de chaos ». Rappelons que l’ONEP qui a entre 4000 et 5000 membres, a lancé une grève pour obtenir des nouvelles règles sur l’emploi d’étrangers dans le secteur, qu’ils « accusent de prendre la place des gabonais ». La grève a coûté 131 millions de dollars (en) américains aux entreprises pétrolières et au gouvernement.

Peu après l’annonce du retour au travail(en), Total Gabon annonce qu’il « va débloquer 20 milliards de francs CFA pour financer les travaux de réhabilitation de l’aéroport de Port-Gentil, par le biais de la Provision pour investissement diversifié (PID), selon les termes d’une convention signée récemment entre la compagnie pétrolière et le gouvernement gabonais. »

Benoit Thelliez sur le blog afrique-espoir explique les détails du plan de réhabilitation:

Il s’agira dans un premier temps de rallonger la piste afin d’adapter sa capacité d’accueil à des gros porteurs tels le Boeing 777, puis de reconstruire totalement l’aérogare après que l’actuelle aura été totalement rasée. La première phase devrait durer très peu de temps comme l’explique Jean-Philippe Magnan, directeur général de Total Gabon, qui compte bien voir « le premier vol commercial (international, Ndlr) avant la fin 2011 ». Au final, le nouvel aéroport qui sera également doté d’un pavillon présidentiel devrait être livré au cours de l’année 2012.

Thelliez ajoute:

La PID existe au Gabon depuis 1974, et a été gérée en premier lieu par la French International Bank of Africa. Cet argent est issu de la rente minière, « proportionnellement à leur [les entreprises pétrolières] chiffre d’affaires et en franchise d’impôts. Le montant de cette provision est déterminé chaque année suivant un accord entre les autorités administratives de tutelles et les sociétés pétrolières, en fonction des investissements décidés. Il ne peut théoriquement excéder 10 % du chiffre d’affaires réel de la société. “
Ces fonds sont mis de côté par les sociétés pétrolières « pour financer des investissements à caractère économique, social ou éducatif qui peuvent leur être demandés par le gouvernement. »

Cette initiative arrive à point nommé, dans un contexte où la production de pétrole n’est plus ce qu’elle était, et que l’état doit relancer les investissements dans les autres secteurs de l’économie.
Stéphane Ballong explique:

Il faut dire que la production pétrolière du Gabon stagne depuis quelques années. De 371000 barils par jour (b/j) en 1997, elle a progressivement baissé pour s’établir à 243000 b/j en 2007. Depuis, elle tourne autour de 250 000 b/j, selon les statistiques officielles. À défaut d’une découverte majeure qui permettrait de relancer significativement le secteur, les mots d’ordre du secteur pétrolier gabonais restent pour l’heure la mise en valeur des champs marginaux et l’utilisation de nouvelles technologies pour accroître la production des champs matures.

Cette rente pétrolière a souvent profité plus aux campagnes éléctorales à l'étranger qu’ au Gabon. Ainsi les révélations de Wikileaks confirme une systématisation de la corruption dans les systèmes financiers gabonais.

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