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Zimbabwe : les blogueurs parlent de l'après Mugabe

Le Zimbabwe est un pays où les allusions publiques à la santé du Président Mugabe ou à un avenir sans lui peuvent vous amener tout droit en prison. Les blogs sont le seul espace où ce sujet “sensible” peut être abordé par les Zimbabwéens. Le blogueur Upenyu Makoni-Muchemwa de la plateforme Kubatana s'interroge sur l'héritage de Mugabe:

Ce qu'il laissera, seul le temps le dira. Est-ce que la réforme foncière était juste une manœuvre politique pour calmer la rébellion des anciens combattants ? Ou faisait-elle partie d'un plan plus large pour rendre sa dignité à la majorité noire dépossédée ? Connaissant plusieurs anciens combattants de sa génération, je suis accoutumé à leur hostilité envers les blancs.  Et comment en aurait-il été autrement, quand ils ont grandi dans un monde où les noirs avaient moins de valeur que le bétail ? Mais cela veut-il dire que lui et sa génération ne peuvent plus fonctionner dans une époque où la race est un critère de plus en plus dépassé de discrimination ? Plus important, ses idées sont-elles moins pertinentes aujourd'hui que quand le mouvement nationaliste a commencé ? Je crois qu'il est l'un des derniers grands nationalistes d'Afrique australe, alors, quand son temps viendra, quel est le futur du mouvement nationaliste ? Est-ce qu'il a d'ailleurs un futur tout court, ou est-ce qu'il se perdra dans homogénéisation proposée par la mondialisation  ?

Robert Mugabe at Zimbabwe's Independence Day celebrations 2009, Harare. Image by Zimbo Zimbo, copyright Demotix (17/04/2009).

Robert Mugabe aux cérémonies du Jour de l'Indépendance 2009, à Harare. Photo de Zimbo Zimbo, copyright Demotix (17/04/2009).

Un article titré “Oui, Mugabe doit pouvoir rentrer chez lui et se reposer” publié par Newsday a provoqué des commentaires qui n'auraient pas pu être exprimés à voix haute dans les transports en commun, ou tout autre endroit public où “quelqu'un” peut être à l'écoute.  Bobby Fortune a écrit dans la section des commentaires :

Le (parti) Zanu PF et son recours appuyé à la violence politique, à la menace et  la cooptation remonte à la très longue histoire du vieil homme au pouvoir. Être resté trop longtemps a aussi provoqué l'émergence d'un nombre important et malsain d'opportunistes dans les rangs du zanu pf, comme les chiyangwas, chombos, obert mpofus etc, qui, dans des circonstances normales, n'aurait pas pu obtenir tant d'influence sur les ressources naturelles, parce que tout ce qu'ils connaissent, c'est la rapacité, et encore la rapacité.

Bobby Fortune (de toute évidence, un alias) n'en avait pas encore fini :

Old Bob doit prendre le taureau par les cornes et faire ce qui est bon pour le pays, et aussi pour le parti qu'il prétend tant aimer. Cela ne comprend pas rester au pouvoir un seul jour de plus. Il doit arrêter d'être l'otage d'intérêts évidents et obscènes de quelques bandes de rapaces pas patriotes au zanu pf.”

qopheni qopheni écrit :

Oh, ça suffit, Bob devrait se retirer et son successeur devrait ratifier l'accord de La Haye et l'obliger à faire face à ses crimes.

Matemai Idhara répond :

Si vous voulez que Bob s'en aille, alors, battez-le à son propre jeu, durant un scrutin. Je suis sûr que nous aussi, nous pouvons nous entendre sur des histoires de fraudes.  Sinon, ces histoires sont un peu  “démodées”. Je suppose qu'elles remplissent les pages, parce qu'il n'y a d'autre à raconter.

C'est le genre de commentaires que les autorités essaient depuis longtemps d'étouffer, à travers différentes lois, mais c'est cet espace (les blogs) qui est devenu le plus important “marché d'idées”, en dépit d’un rapport récent et très sévère de Freedom House, qui place le Zimbabwe parmi les pays qui continuent à censurer les communications sur Internet.

Les blogueurs ont continué à parler du président pendant les fêtes de Paques, surtout après l'attaque de Mugabe contre les évêques catholiques, pour se demander à quel jeu politique jouait le président “avec son créateur.”

C'est ce que demande Clifford Chitupa Mashiri:

Les attaques récentes de Mugabe contre les évêques catholiques sont très dérangeantes, au moment où les chrétiens du monde entier célébraient la mort et la résurrection de Jésus Christ. Ce qui est encore plus inquiétant, ce sont les bruits qui courent sur des menaces contre les Anglicans au  Zimbabwe…Enfin, que Mugabe déshérite l'église catholique, dans laquelle il est né il y a 87 ans, et accuse les évêques d'être des menteurs et des marionnettes de l'Occident est juste incroyable. Si on se souvient que ce sont des prêtres qui se sont occupés de lui quand il était jeune, puis quand il était prisonnier politique, et durant la guerre de libération, Mugabe devra bientot s'excuser devant son créateur, comme il l'a fait devant les dirigeants de la SADC.

C'est ce genre de commentaires qui rendent les blogueurs du Zimbabwe  uniques : les journaux ne pourraient pas les publier. Sur Twitter aussi, quelques Zimbabwéens de la diaspora partagent la même franchise. Un bon exemple est Sideny Stubbs, qui a publié le tweet suivant.

Ce que  Donald Trump et Robert ont en commun, c'est qu'ils balancent ce genre de merde, en espérant qu'elle va coller.

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