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Les blogueurs de Global Voices : Milton Ramírez, auteur et traducteur

(Cet entretien est paru le 29 mars sur Global Voices en Espagnol)

Milton Ramírez [en espagnol] est l'un des plus anciens collaborateurs latino-américains de Global Voices et Global Voices en español. D'abord réticent à être interviewé, il a finalement consenti à cette petite conversation où il nous parle de ses activités variées, toujours liées à son pays natal, l'Equateur, et à la technologie informatique.

Bonjour, Milton. A quoi ressemble la vie d'un Equatorien à New York ?

Comme pour tous ceux qui ont voulu venir aux Etats-Unis, New York est une destination à laquelle aspire tout un chacun, et les Equatoriens ne font pas exception. Le coeur battant équatorien est dans Queens, et sa présence est si marquée qu'une extension d'une des plus prestigieuses universités équatoriennes, Universidad Técnica Particular de Loja [en espagnol] s'y trouve. Que fait au juste un Equatorien ? Les métiers sont très variés et vont de la fourniture de services comme le nettoyage, la maintenance et le bâtiment, à des emplois dans l'administration, des activités dans les média et, évidemment, les associations caritatives et les arts.

Vous êtes professeur. Parlez-nous de votre travail.

J'ai été professeur quelque temps quand je vivais en Equateur. Mais ce n'est pas la seule chose que j'ai faite ou réalisée. J'ai été commercial sur la moitié de la planète et j'ai aussi dû pratiquer toutes sortes d'activités ici, à part enseigner les maths et l'espagnol dans le New Jersey à Saint Mary High School.

Mon travail a toujours consisté à enseigner, comme le montre ma formation. J'ai su lier ce savoir-faire, par exemple, à la gestion des ventes et des ressources humaines ainsi qu'au contrôle de qualité. Mais j'ai été formé à détester l'informatique à l'école et à la considérer comme impérialiste. Jusqu'à ce jour, je n'arrive toujours pas à chasser complètement cette idée.

Comment avez-vous découvert Global Voices et décidé d'y participer ?

Parmi les activités que j'ai évoquées, une que j'ai à peine mentionnée est la tenue d'un blog. J'en avais un en espagnol à l'époque, et comme toujours, j'étais à l'affût de ce qui se passait en Equateur, par intérêt ou nostalgie. C'est ainsi que j'ai soudain commencé à écrire sur les blogs équatoriens [en espagnol]. Un jour, je surfais sur Google et comme n'importe quel blogueur, j'ai été rempli d'une énorme satisfaction lorsque j'ai trouvé dans un blog en anglais un lien vers le mien. C'était sur Global Voices Online (GVO).

Quelques jours ont passé et j'ai reçu un e-mail de David Sasaki, après lui avoir écrit à propos du lien vers mon blog, m'invitant à écrire pour GVO. Je ne m'y attendais pas, mais à ma surprise, mon travail devait être en anglais et bien que ne me sentant pas prêt, j'ai fait le saut et ai écrit sur l’Union des blogueurs hispaniques [en anglais], qui n'existe plus aujourd'hui. Et depuis, ç'a toujours été un pur plaisir de contribuer à GVO.

Milton Ramírez

Milton Ramírez

Vous êtes parmi les rares à être à la fois auteur et traducteur. Comment avez-vous été amené à faire les deux pour GV?

J'aimerais pouvoir dire que j'y arrive parfaitement, mais, ce qui est plus important, je le fais par responsabilité ; parce qu'écrire me permet de faire connaître l'existence de l'Equateur au reste du monde, non que le pays n'ait pas de bons journalistes, mais plutôt parce que les articles en anglais sont surtout écrits par des étrangers qui n'offrent pas toujours des sources fiables.

Pour moi, les traductions ont été une façon d'apprendre. La première fois que j'ai terminé une traduction (non professionnelle), ça m'a paru simple et amusant. Mais en même temps, cela m'a donné une opportunité d'apprendre sur d'autres cultures. Je suis donc très sélectif quand je choisis un sujet à traduire.

Parlez-nous de votre blog personnel et des autres sites auxquels vous participez.

Bloguer semble à beaucoup une activité d'oisifs. Pour moi, c'est une forme d'expression de mes idées et de partage de ce qui m'intéresse avec ceux qui naviguent sur la Toile. J'ai eu toute une collection de blogs, mais en ce moment, il y a Voces Lojanas [en espagnol], où j'écris sur les événements de la province et ville de Loja, où je suis né. Puis il y a Spanish Readers Blog [en espagnol] pour être un pont entre ce qui se passe dans la zone de trois états sur la côte des Etats-Unis et l'Equateur, et ensuite, le blog que je tiens depuis des années, Education & Tech [en anglais], où j'écris, ou essaie d'écrire, mes doutes et diatribes contre l'enseignement et l'informatique immergée dans ce domaine.

Il y a moins d'un an, j'ai débuté une collaboration comme éditeur associé d'un blog prestigieux consacré à la technologie : geeksroom.com [en espagnol]. Et tout dernièrement, j'ai été invité à elportalvoz.com [en espagnol] du réseau ATEI. Les invitations à écrire pour d'autres sites ont aussi varié, mais je devrais désormais me concentrer sur quelques-uns, car je n'écris qu'à temps partiel.

Comment voyez-vous la dynamique de la technologie appliquée à l'enseignement, notamment dans le cadre latino-américain ?

J'aimerais avoir suffisamment de bases pour pouvoir exprimer mon opinion sur ce qui se passe en Amérique Latine. Malheureusement, mon savoir est étroitement lié à mon environnement, les Etats-Unis. Cela ne me dispense pas pour autant d'émettre mes propres critiques sur ce que je sais de l'enseignement dans le reste du monde.

Historiquement, en Amérique Latine, un des pays qui s'est distingué dans le domaine éducatif est l'Argentine, et ceux qui en veulent un premier exemple n'ont qu'à lire Tiscar Lara, Rosa María Torres ou Diego Leal [liens en espagnol].

Pourtant, malgré de nombreux efforts, nos pays n'ont pas réussi à se libérer de l'UNESCO et des surplus de l'Alliance pour le Progrès. On continue à glorifier deux instruments comme la panacée pour toutes les difficultés avec l'informatique dans nos écoles : le projecteur et le PowerPoint.

Nos éducateurs croient toujours que la technologie est quelque chose qui nous est imposé par l'empire –les Etats-Unis. Rien ne pourrait être plus loin de la réalité. Si la technologie et le programme sont le moyen, ce sont les éducateurs qui sont appelés à effectuer cette synchronisation. Et dans un monde de haute technologie, c'est un péché pour les écoles primaires et secondaires, tout comme les universités, de ne pas se tenir à jour en la matière.

Le problème de tout cela, c'est les fonds, et avec la crise qui atteint tous les coins du globe, la mise en oeuvre de la technologie de pointe dans ces centres est extrêmement limitée sinon totalement absente.

A propos de Loja, qu'est-ce qui vous manque le plus de chez vous ?

Beaucoup de choses : ma famille, mes amis, et ces contacts universitaires qui n'existent qu'à Loja. Les chiffres sont relatifs, mais si on les compare au flux économique équatorien et latino-américain, il y a trois ans le tourisme universitaire de la ville de Loja s'élevait à ni plus ni moins de 7 millions de dollars US et ceci a sûrement changé aujourd'hui.

Cette petite ville du sud de l'Equateur a le privilège d'être un berceau d'écrivains et d'artistes, parmi lesquels aussi des musiciens émérites. Ceci est dû aux différents centres d'enseignement de niveau supérieur, comme l'UTPL précitée, l'Université Nationale de Loja et le Conservatoire de musique Salvador Bustamante Celi. Cette conjonction de bien parler et d'esprit progressiste des gens de Loja rend la ville attractive non seulement pour les Equatoriens, mais aussi pour les étrangers qui ont décidé d'y venir étudier.

A part écrire sur l'Equateur, la technologie et l'enseignement, quels sont les autres sujets qui vous intéressent ?

Je n'avais jamais même rêvé d'écrire, je n'aimais même pas le faire quand j'étais étudiant. Mais je n'ai pas non plus publié de livre. Il y a très peu de gens qui ont pu rendre la technique d'écriture rentable, et par conséquent, je ne le fais qu'à mes moments de loisir.

Dans le temps qui me reste, j'aime lire beaucoup, sous la forme traditionnelle des livres imprimés. Le droit m'intéresse aussi beaucoup et je voulais devenir avocat comme deuxième métier, un objectif inaccessible. Je travaille aussi et étudie seul la gestion. Je n'ai pas encore d'entreprise, prospère et installée, mais depuis très jeune, j'ai été commercial et j'aime servir les gens (contre paiement). Qui sait ce que je deviendrai dans les relations entre ceux qui cherchent à faire des affaires entre leur pays et les Etats-Unis, avec toutes ces lois.

Qu'aimeriez-vous ajouter ?

Une anecdote datant de mes premiers temps à New York. Mon anglais était celui que j'avais appris à Bernardo Valdivieso — un lycée légendaire à Loja. J'entendais souvent “good night” (‘bonne nuit’), et un soir, j'arrivai sur mon lieu de travail intérimaire en répétant ces mots. Sur quoi, les Américains à qui je parlais se regardaient et souriaient, ce qui m'a fait me demander si quelque chose n'allait pas. Evidemment, c'est une formule d'adieu que j'utilisais comme salutation, alors que l'expression correcte à dire était “good evening” (“bonsoir”). Maintenant je ne commets plus de telles horreurs.

Merci, Milton.

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