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La Thaïlande aura-t-elle une femme Premier ministre ?

Le Premier ministre thaïlandais sortant Abhisit Vejjajiva, du Parti Démocrate et Yingluck Shinawatra, du parti  Pheu Thai sont en lice pour le mandat de dirigeant de la Thaïlande au cours des prochaines élections législatives du 3 juillet prochain [liens en anglais ou en thaï].

Yingluck, qui est la sœur de l'ancien premier ministre limogé Thaksin Shinawatra, est devenue ces dernières semaines une candidate populaire et une rivale sérieuse de Vejjajiva, et pourrait devenir la première femme Premier ministre de la Thailande.

Quelles sont les réactions sur Internet à la candidature de Yingluck ? Andrew Walker,  sur le site  New Mandala, fait la liste des atouts de Yingluck.

Yingluck est une relève plus convaincante pour Thaksin que Samak. Et qu'elle soit plus agréable à regarder ne fait aucun doute..

Yingluck répond parfaitement à l'appel à un changement de génération que demandait Thaksin ; le fait qu'elle soit une femme souligne le défi qu'il lance aux modes traditionnels de gouvernement. Sa réussite dans le secteur financier illustre les aspirations que Thaksin cultivait ; et, plus important que tout, son nom de famille est Shinawatra.

En termes politiques, Yingluck, c'est Thaksin en robe.

The Lost Boy examine la candidature de Yingluck en la comparant aux autres dirigeantes politiques d'Asie.

Elle correspond au stéréotype des dirigeantes politiques asiatiques. Elle vient d'un milieu d'élite, elle a des qualités très féminines, elle est cultivée, elle pourrait être un vecteur de changement, les gens l'écouteront à cause de ses liens familiaux et elle sera probablement une dirigeante timide.

Saksith Saiyasombut n'est pas convaincu qu'elle puisse conquérir les électeurs indécis :

Ceux qui détestent Thaksin ne voteront pas pour le parti Pheu Thai de toute façon, et ceux qui l'admirent toujours voteront pour sa sœur, rien ne changera de ce côté-là. Ce qui est crucial, maintenant, c'est de voir si elle peut gagner le vote des indécis. Il va falloir attendre la campagne pour voir si Yingluck peut mener sa barque toute seule. Elle va avoir des opportunités pour faire ses preuves en tant que femme politique et pas simplement en tant que sœur de Thaksin.

On discute beaucoup, depuis un interview de Thaksin, du fait que Yingluck serait juste un clone de moindre qualité de son célèbre frère. Harrison George,  sur Prachatai, écrit :

Il a de toute évidence l'intention d'utiliser Yingluck comme un genre de robot qu'il peut manipuler à distance et donc gouverner de fait comme Premier ministre sans avoir été élu.

Mais l'auteur pense que Thaksin, en admettant publiquement que sa sœur était son ‘clone’, peut avoir été mal compris :

Ceci pourrait juste signifier que Thaksin connait aussi mal les lois de la génétique que les règles de la grammaire anglaise. On peut choisir de comprendre que Yingluck n'est pas une espèce de marionnette contrôlable à distance, mais juste une élève capable du style Thaksin en matière de gouvernance.

Quelle que soit la réponse, l'utilisation du mot ‘clone’ a généré beaucoup de commentaires dans les cercles politiques :

Les commentateurs politiques s'en donnent à cœur joie, ils suggèrent des clones possibles dans les milieux politiques, et font savoir qu'un peu de chirurgie esthétique pourrait aider, pour diminuer la ressemblance avec le modèle original.

Quel genre de candidate est Yingluck sur le terrain? Voici un avis sur Twitter.

@zllip: RT @terryfrd: Bon, Yingluck n'est pas une brillante oratrice, mais je suppose qu'elle n'a pas à l'être. Elle a de l'énergie, de la présence – sans parler de son nom.

Anek Sae-lao doute qu'une victoire du parti d'opposition Pheu Thai constituerait une avancée pour les droits humains en Thailande :

Il s'est demandé si les Chemises rouges et leurs sympathisants peuvent vraiment voir dans le parti Pheu Thai (PT) un parti qui pourraient soutenir les droits humains et l'état de droit. Je suis complètement d'accord avec lui, moi aussi, je me suis demandé si les membres des Chemises rouges sont naïfs au point de croire que le parti sera la solution à tous les problèmes.

C'est assez effrayant de voir que certains membres des Chemises rouges croient que si le PT gagne les élections, le parti partira en guerre contre l’ “amaat” (l'élite) et “l'establishment”.

Je doute que cela se passe ainsi. Yingluck n'est pas une activiste de gauche, pas plus que  Thaksin. Les deux viennent du milieu des affaires.

Les Chemises rouges mentionnées dans cet extrait sont les manifestants anti gouvernement qui se sont confrontés à la police l'an dernier à Bangkok.  Ils sont généralement considérés comme des supporters loyaux de Thaksin.

Comme dans les autres pays de nos jours, les politiciens thailandais utilisent beaucoup les  médias sociaux pour toucher un plus large public. Ils ont intégré Facebook, twitter, et des badges avec leur photo dans leur stratégie de campagne. Les hashtags (mots clés)  #thaielection et #THelection ont été créés pour suivre sur Twitter les tweets relatifs aux élections en Thailande.

Yingluck et Abhisit ont tous deux un compte Twitter.  Tweet Yourself Thai a fait une étude comparative des tweets des deux candidats. Jon Russell a publié deux billets sur l'utilisation d'Internet par Yingluck et Abhisit pour amplifier l'impact de leur campagne électorale.

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