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Cuba : des journalistes libérés de prison témoignent

Le Comité pour la Protection des Journalistes [en français], association à but non lucratif basée aux États-Unis, publie “Après le Printemps noir: histoires cubaines sur la prison et la liberté” [en anglais], un recueil de témoignages de quelques-uns des journalistes cubains libérés de prison. En mars 2003, 75 dissidents, journalistes pour la plupart, ont été arrêtés par le gouvernement cubain, lors de ce que certains appelèrent “le Printemps noir.” Après des mois de négociations, et avec la médiation de l'église catholique cubaine, tous les membres du ” groupe des 75″ ont été relâchés [en anglais].

Le journaliste Omar Ruiz Hernández [en anglais] a été récemment libéré de prison et s'est exilé en Espagne. Voici quelques extraits de son témoignage [en anglais], publié par le Comité pour la Protection des Journalistes :

Quand je me suis réveillé ce matin du 8 juillet 2010 dans la prison de Guamajal, dans la province de Villa Clara, j'étais loin de m'imaginer que, cinq jours plus tard, j'allais atterrir à l'aéroport international de Barajas en Espagne, en compagnie de cinq de mes camarades. […]

[…] Nous sommes arrivés à Madrid le 13 juillet vers midi, une date à laquelle les superstitieux seraient mal avisés de se marier ou de monter dans un avion. Quoiqu'il en soit, pour ceux d'entre nous qui venions d'atterrir à l'aéroport de Barajas, ce fut le plus beau des 2684  derniers jours de notre vie.

Nous avions laissé derrière nous notre terre natale, les amis proches qui nous avaient spirituellement accompagnés durant les sept années qu'a duré notre captivité, et que, au même titre que les membres de nos familles, nous ne reverrons peut-être jamais. Mais même si nous étions dans un autre pays, nous étions des hommes libres, et nous avions également laissé derrière nous sept années de cellules sombres, de vexations, d'humiliations, de malnutrition, de nuits sans sommeil et de chocs brutaux – tout ce que la prison peut avoir d'atroce, rendu encore plus terrible par le fait que nous étions là sans aucune justification.

Ruiz Hernández explique à quel point sa vie d'exilé est, elle aussi, difficile:

On nous a conduits dans un hôtel de la banlieue de Madrid, où, même si nous n'avions pas tout le confort qu'un établissement peut offrir, nous commencions à nous acclimater aux avancées technologiques de la vie moderne, qui nous étaient alors totalement inconnues. Les douches et les éviers avaient des robinets d'eau chaude et froide, les lumières des couloirs s'allumaient automatiquement dès que nous les empruntions, il y avait des distributeurs de café et de sodas, des téléphones mobiles et internet. En résumé, tout ce qui peut être réalisé par l'homme quand on ne bride pas sa liberté d'initiative.

Après une semaine passé à l'hôtel, où j'ai eu pour la première fois la possibilité de raconter au reste du monde les réalités du système carcéral cubain, ma famille et moi-même furent relogés près de Malaga, à environ 500 kilomètres au sud de Madrid, dans un centre de réfugiés géré par la Commission espagnole d'aide aux réfugiés. Nous y sommes toujours, avec des réfugiés originaires d'autres pays, et plus particulièrement du continent africain.

La vie ici n'est pas toujours facile ; vivre en communauté avec d'autres cultures et coutumes ne l'a jamais été. Mais même si nous n'avons pas à partager une salle à manger ou un patio, la vie en exil est rarement évidente. Vous serez au minimum perturbé par l'incertitude et l'appréhension qui vont de pair avec le fait d'être submergé dans les profondeurs de l'inconnu, dans un pays qui n'est pas le vôtre.

Finalement, il remercie Dieu de lui avoir donné l'opportunité d'être en Espagne, et fait l'éloge du système démocratique qui a été remis en question durant les récentes manifestations qui ont eu lieu en Espagne [en français] et dans d'autres pays à travers l'Europe [en français]:

Cet exil m'a donné la possibilité d'expérimenter sur place, au delà du confort qu'offre la vie moderne dans un pays développé, à quel point une nation démocratique peut être dynamique, quand les opinions peuvent diverger et quand le peuple peut, par les urnes, avoir le dernier mot.

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