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Egypte : L'héritage de Khaled Saïd toujours vivant

Ce billet fait partie de notre dossier spécial sur l’Egypte 2011.

(Billet d'origine publié en anglais le 7 juin)

La date du  6 juin 2010 a été peut-être un tournant pour beaucoup d'Egyptiens. Ce jour-là, un commerçant de 27 ans du nom de Khaled Saïd est mort dans des circonstances controversées dans le quartier Sidi Gaber d'Alexandrie après avoir été arrêté par la police égyptienne.

[Avertissement: IMAGE DIFFICILEMENT SOUTENABLE DANS LE  LIEN SUIVANT] Une photo de son cadavre défiguré apparue sur Internet a suscité la colère et les manifestations qui ont contribué, sept mois plus tard, à la chute du président Hosni Moubarak.

Maintenant (un an plus tard), ce qu'il a représenté est encore en vie. Des milliers d'Egyptiens ont manifesté dans toute l'Egypte non seulement pour commémorer le premier anniversaire de sa mort, mais pour exprimer leur colère face à ce qu'ils décrivent être de la brutalité policière et de la torture continues.

La frustration face aux exactions de la police a connu des niveaux inédits après plusieurs cas de rumeurs concernant des actes de tortures et d’exécutions commises par des membres de la police qui ont été signalés au cours des deux dernières semaines.

Et tandis que les Egyptiens ont afflué dans les rues pour participer à des rassemblements silencieux en mémoire de Khaled Saïd dans des villes comme Port-Saïd, Assouan et Assiout, les manifestants à Alexandrie et au Caire en particulier ont pris les choses différemment.

A Alexandrie, les manifestants se sont rassemblé devant la maison de Khaled Saïd scandant des slogans contre la police et exigeant une justice rapide et la peine maximale pour ses assassins.

En mémoire de Khaled Saïd, des artistes ont une nouvelle peinture murale sur la corniche d'Alexandrie offerte à la vue de tous.

Mais c'est au Caire que la manifestation a atteint un pic avec des centaines de manifestants juste aux portes du fameux et jadis craint ministère de l'Intérieur, chantant farouchement contre la police, la torture et même le ministre de l'Intérieur (MOI) Mansour El Eissawi lui-même.

Le blogueur et militant Hossam El Hamalawy a fourni des photos de la manifestation y compris celles du moment culminant où l'on peut voir des manifestants bomber des pochoirs de Khaled Saïd, conçus par l'artiste Hussam Shukrallah, partout sur les portes du ministère et les murs environnants.

Blogueurs, Tweeteurs et militants se sont précipités pour publier des photos de qu'ils ont décrit comme un moment «historique» pendant que le visage de Khaled Said recouvrait pratiquement tous les murs des portes du MOI.

La journaliste et blogueuse Sarah Carr a été parmi les premières à publier sur Twitter des photos concernant les pochoirs du ministère de l'Intérieur.

Elle dit:

@Sarahcarr: Wow Wow Wow , tags de Khaled Said sur le MOI. Fuck the police. http://yfrog.com/gy3sjfdj

Maintenant, pour certains, la manifestation a été un indicateur du chemin parcouru depuis la prise de cette photo.

Comme le dit la journaliste Rasha Azab :

En mémoire de Khaled Said, nous n'avons pas osé faire face au ministère de l'Intérieur l'an dernier et aujourd'hui, nous peignons son portrait sur les murs de ce même ministère que nous n'osions pas approcher. Gloire à Khaled et à tous les martyrs.

Mais pour d'autres, la lutte pour une  Egypte sans torture reste un défi, même après la révolution du 25 Janvier. Et comme les informations de violations des droits de l'homme à l'intérieur des postes de police égyptiens continuent de faire surface, la dynamique engendrée par l'héritage Khaled Saïd ne se fanera pas de sitôt.

Ce billet fait partie de notre dossier spécial sur l’Egypte 2011.

Crédit photo : Manifestation Anti-Torture devant le ministère de l'Intérieur pour le premier anniversaire de la mort de Khaled Saïd. L'image de Hossam el-Hamalawy, utilisée avec sa permission, montre les pochoirs de Khalid Said sur les murs du ministère.

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