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Ukraine : Le droit aux médicaments de substitution pour les toxicomanes

[Liens en ukrainien ou en anglais] Des Ukrainiens travaillant sur les programmes de réduction des risques (RDR) pour les toxicomanes débattent sur le web de sujets d'une importance vitale pour ceux qui vivent avec une toxicomanie. L'un des sujets abordés est le besoin d'un analgésique opiacé spécial quand un toxicomane se trouve dans un hôpital.

Un membre de l’Association of Substitution Treatment Advocates of Ukraine (Association de défense les traitements de substitution en Ukraine) rapporte sur son site web de nombreuses histoires racontant comment des toxicomanes ont dû quitter l'hôpital dans des conditions sanitaires déplorables, qu'ils n'avaient pas droit aux analgésiques qui auraient pu les aider à lutter contre le syndrome de sevrage. Quelques fois, une assistance médicale leur a même été niée.

Sergey a écrit :

Ира приехала в родильный дом счастливая, потому что малыша своего любит и ждёт его появления на свет. Роды были тяжёлые: кесарево сечение, потеря крови, слабость. Утром Ира просила вызвать нарколога, чтобы могли назначить обезболивающее. Нарколог приехал, написал в карточке диагноз и уехал. Врачи сказали, что потакать наркоманке никто не собирается. Хочет, пусть уходит, только напишет отказную на малыша…

Иру мы нашли в заброшенном доме, на 3-й день после родов. Она почти не вставала, плакала. Единственное, о чём Ира просила, чтобы мы не рассказали врачам, где она. Ира больше смерти боялась вернуться опять в больницу».

Ira est arrivée heureuse dans une maternité, elle aimait déjà son bébé qui devait naitre. L'accouchement a été difficile, après une césarienne et une hémorragie, elle était  très faible. Dans la matinée, Ira a demandé à voir un toxicologue pour avoir des analgésiques. Le docteur est arrivé, a fait son ordonnance sur un formulaire et s'en est allé. Les autres docteurs ont dit qu'ils n'allaient pas aider une toxicomane et qu'elle pouvait quitter l'hôpital quand elle le  voulait, mais qu'elle devait d'abord signer une décharge de responsabilités.
Nous avons rencontré Ira dans une maison délabrée trois jour après son accouchement. Elle ne pouvait pas se tenir debout et pleurait tout le temps. Sa seule demande était qu'on ne révèle pas aux docteurs où elle se trouvait. Ira avait peur de retourner à l'hôpital plus que de la mort.  

Sergey pense que l'histoire d'Ira est très représentative. Les docteurs ukrainiens, en général, ne prescrivent pas des analgésiques aux personnes qui en ont besoin. Pas seulement aux toxicomanes, mais aussi aux autres patients, même à ceux qui souffrent de cancer. Il écrit :

Таких случаев тысячи. Врачи не считают боль абстиненции медицинской болью. Люди страдают, а наша страна отчитывается об уменьшении объемов потребления опиоидных анальгетиков и ограничении их доступности для пациентов. По оценкам экспертов, в Украине соответствующее медикаментозное обезболивание получают лишь только около 20% онкобольных… тогда как по данным ВОЗ, 60% онкобольных страдают от хронической сильной боли.

Il y a des milliers d'histoires semblables à celle-ci. Les docteurs ne considèrent pas le syndrome de sevrage   comme une pathologie médicale. Les gens souffrent, mais notre pays a décrété une réduction du niveau de consommation des analgésiques opiacés et une restriction de leur disponibilité. Selon les évaluations des experts, des analgésiques appropriés sont prescrits seulement à 20 pour cent des patients… mais selon des estimations de l'OMS, environ 60 pour cent des patients malades de cancer souffrent de douleurs chroniques aiguës.

Analgésiques. Image sur Flickr de Amit Patel. CC BY-NC-ND 2.0.

Sergey pense qu'au lieu d'élaborer une politique pour l'usage médical des analgésiques opiacés, les politiques ukrainiens devraient d'abord appliquer les accords internationaux dans le domaine de la santé publique comme la Single Convention on Narcotic Drugs (Convention unique sur les narcotiques) de 1961, qui confirme que l'usage d'analgésiques dans un traitement médical ‘est toujours nécessaire pour le soulagement des douleurs et de la souffrance’, et a autorisé les gouvernements à assurer leur disponibilité pour des usages médicaux. Sergey juge que l'absence des soins nécessaires lorsque les patients en ont besoin est intolérable. Il a écrit :

Нехватку обезволивающих средств нельзя ни объяснить, ни оправдать.
Я не могу оправдать поступки врачей. Даже когда они объясняют, что боятся милиции. Что всё по розовым бланкам, и они не хотят садиться в тюрьму.
Гадать, причина – страх, следствие – жестокость или наоборот, бесперспективно. […]

Чтобы выйти из тупика, надо чиновников Государственной службы по контролю над наркотиками и врач, который отказал выписать обезболивающее, привести и оставить на одну ночь в палате или квартире, где кричит человек от боли. Потом ещё на одну ночь.

Может тогда позиция нашего государства по наркотикам, которую принято называть – наркополитика, изменится в сторону решения реальных проблем.

Je ne peux pas expliquer ni justifier l'absence d'analgésiques. Je ne peux pas trouver d'excuses à ces docteurs. Même lorsqu'ils tentent de se justifier, ils ont peur de la police. Tout ce qui doit être imprimé sur les formulaires ‘roses’ est sous contrôle de la police et ils ne veulent pas finir en prison. Il n'y a pas de raison d'avancer des hypothèses sur ce qui pourrait aboutir à quoi. Est-ce que c'est la peur qui aboutit à la cruauté ou bien le contraire ?
Pour trouver la réponse, il faudrait faire passer une nuit entière à un fonctionnaire du Service de contrôle des narcotiques avec un docteur qui refuse de prescrire un analgésique à une personne qui crie de douleur et leur demander d'y repasser une seconde nuit.
Il se pourrait qu'après cela la position de notre agent de l'état sur la drogue, qui est souvent appelée Narcopolitique, aura changé,  vers la solution des vrais problèmes.

Sergey pense que forcer le gouvernement ukrainien à respecter les conventions internationales qu'il a signées est l'un des objectifs principaux de l’Association of Substitution Therapy Advocates et elle a déjà entrepris des actions dans ce sens en rappelant au gouvernement ses engagements internationaux, en recueillant des témoignages et en fournissant une liste d'abus durant des campagnes de mobilisation.

Sergey conclut :

Два из 14 неотъемлемых прав пациента – это:

¨ право на доступность медицинских услуг, которые он/она требует по состоянию здоровья. Медицинские службы должны гарантировать равный доступ для всех без дискриминации по признакам финансовых ресурсов, места проживания, вида заболевания или времени обращения за помощью;

¨ право избегать страдания и боли на каждом этапе заболевания.

Теперь мы не только об этом знаем, но и успешно пользуемся своими правами. Только мы в самом начале пути.

Deux des 14 droits fondamentaux des patients sont : 

Le droit à l'accès aux services médicaux nécessaires pour leur  santé. Les services de santé devraient fournir un accès égal à chacun, sans discriminations découlant de l'état financier, du lieu de résidence, de la nature de la maladie ou des soins requis.

Le droit d'éviter toute souffrance et douleur à chaque étape de la maladie.

Maintenant, nous sommes non seulement informés, mais nous sommes également en mesure de lutter pour nos droits. Mais nous savons que beaucoup de choses restent à faire encore dans le futur.

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