[liens en portugais]
La vie est de plus en plus chère pour tout le monde. Les prix des produits alimentaires de base sont élevés et le prix du pétrole continue de grimper. Au Mozambique, l’une des mesures proposées par le Gouvernement pour atténuer l’impact des hausses du coût de la vie des Mozambicains a généré une controverse chez les citoyens.La Prime au panier de produits alimentaires de première nécessité avait pour but de
a) Assegurar o acesso do agregado familiar a alimentos básicos;
b) Contribuir para manutenção de uma alimentação saudável e equilibrada;
c) Proteger a capacidade de compra do indivíduo e agregado familiar contra eventuais aumentos de preços dos alimentos;
d) Contribuir para estabilidade económica do agregado familiar de baixa renda;
e) Contribuir para estabilidade social do país
a) Garantir aux ménages l’accès aux produits alimentaires de base
b) Contribuer à une alimentation continue, saine et équilibrée
c) Protéger le pouvoir d’achat des particuliers et des ménages contre d’éventuelles hausses des prix alimentaires
d) Contribuer à la stabilité économique des ménages à bas revenus
e) Contribuer à la stabilité sociale du pays
La proposition du Gouvernement du Président Armando Guebuza devait prendre effet en juin, mais contre toutes attentes, elle a été annulée le 16 juin. Citant le Premier Ministre, le blogueur Carlos Serra a écrit “le pays est stable et comme tel, il n’a pas besoin de ce panier. Ce qui reste à être connu c’est la raison pour laquelle le Gouvernement a présenté cette proposition en mars.”
Ces dernières semaines, de nombreux sceptiques et quelques partisans ont fait publiquement connaître leurs opinions sur cette proposition dans la blogosphère et les réseaux sociaux.
Panier de produits alimentaires de première nécessité et égalité
Dans une série de vidéos d’opinions publiques sur Youtube, les critères d’éligibilité ont été remis en question, ce qui a conduit certains à croire au caractère discriminatoire de la prime vu que le Manuel d’utilisation indiquait qu’elle s’adressait aux:
Camadas Sociais de Baixa Renda (que vivem nos municípios de Pemba, Lichinga, Nampula, Quelimane, Tete, Chimoio, Beira, Inhambane, Xai-Xai, Matola e Maputo e tem rendimento individual igual ou inferior a 2.500,00Mts (cerca de 83 USD) por mês ou o rendimento per-capita do agregado familiar inferior ou igual a 840,00Mts(cerca de 28 USD))
Le manque de clarté et d’informations sur la portée sociale de l’initiative a été fortement critiqué.
Le journaliste Cremild Maculuve, qui est sceptique quant aux “critères d’éligibilité des bénéficiaires”, a décrit sur son mur Facebook ceux qui, d’après lui, devraient en bénéficier.
a cesta básica só poderá ser dada (…) aos que têm um emprego formal. Cenário mais sombrio, mas não descartável é que esta cinja-se aos funcionários públicos, o que, à partida – se olharmos para o número de funcionários públicos e multiplicarmos pelo número dos que beneficiam directamente dos seus rendimentos – excluirá perto de 90 por cento da população moçambicana.
Dans une autre note sur Facebook, le journaliste Matias de Jesus Junior s’est aussi interrogé sur le groupe ciblé par les mesures proposées pour alléger le coût élevé de la vie.
acredito que aqui estão a abrir um fosso imaginável, isto porque a mesma é socialmente injusta ou descriminatória. Afinal quem é o povo moçambicano, é somente o funcionário público ou também aquele desempregado, privado e o informal
Je crois qu’ils sont en train d’opérer ici une évidente division car la mesure est socialement injuste et discriminatoire. Alors qui sont au final les Mozambicains, est-ce que ce sont seulement les fonctionnaires ou est-ce que ce sont aussi les chômeurs, les salariés du privé ou les travailleurs au noir?
Plusieurs citoyens ont cité dans des vidéos d’opinions publiques des groupes spécifiques qui n’ont pas droit à ce panier de produits alimentaires de première nécessité tels Moises, un fonctionnaire de l’Education, qui soutient que le panier ne profite pas aux professeurs, et Anacleto, un étudiant lequel, bien qu’il croit que le” panier de produits alimentaires de première nécessité soit une bonne idée” fait remarquer qu’il ne faut pas ignorer les nombreux “commerçants informels” qui ne seraient pas inclus.
Dans un commentaire au journal Jornal @ Verdade, Vasco Muarauane, un citoyen mozambicain, a rappelé l’Article 35 de la Constitution, qui se réfère au principe d’égalité des droits pour tous les citoyens. Muarauane a ajouté que le “panier” serait institué par un “décret faisant force de loi”, au mépris de l’Article 35, vu qu’il est estimé que plus de 70% de la population du Mozambique vivant dans les zones rurales ne seraient pas concernés par le panier de produits alimentaires de première nécessité.
Une récente hausse des salaires susceptible d’empêcher beaucoup d’accéder à ce panier a aussi été mentionnée. Dans une vidéo d’opinion publique, Alzira Esperança, une salariée d’une entreprise privée, affirme que “le panier est une excuse pour calmer les gens” car une récente augmentation de salaire de 2400 (plafond du panier) à 2600 meticais empêcherait beaucoup de personnes d’y accéder
Isilda s’est interrogée aussi sur ces mêmes sommes dans une vidéo d’opinion publique. Elle est convaincue que la différence entre ceux qui gagnent 2400 et 2600 est minime et qu’ils connaissent les mêmes difficultés.
Le blogueur Jonathan McCharty a résumé la réalité du panier ainsi :
Hoje podemos julgar, com certeza absoluta que, em toda a cronologia dos eventos, os anúncios feitos à volta da “Cesta Básica” tiveram sempre “a carroça à frente dos bois”!! Em nenhum momento houve um “critério de elegibilidade” definido!! Em nenhum momento houve um “plano de atribuição da cesta básica” traçado!! Em nenhum momento se sabia o que, de facto, se iria fazer!!
Le contexte de la crise
En 2008, après que les hausses du prix du pain et du carburant aient généré des troubles, le Gouvernement de Guebuza avait décidé de geler les prix du carburant et de subventionner le prix du blé de sorte que les stations essence reflètent pour les Mozambicains le coût réel et que le prix du pain soit maintenu. En septembre 2010, les troubles ont empiré pour les mêmes raisons d’où leur nom d’ “émeutes du pain” [en].
Les conclusions de nombreux économistes ont été admises par le Gouvernement en avril 2011 et par le Ministre de la Planification et du Développement, Aiuba Cuereneia, lequel a affirmé que “le Gouvernement n’a pas la capacité de maintenir à long terme les mesures qui sont en place depuis 2008 pour maîtriser le coût de la vie, celui-ci étant déterminé par la crise alimentaire et la crise financière mondiale.” Le panier de produits alimentaires de première nécessité a été l’aboutissement de cette conclusion par le Gouvernement, étant donné qu’il est inefficace d’augmenter les salaires des travailleurs car ceci pourrait générer des hausses de prix et laminer le pouvoir d’achat.
Le Fonds monétaire international, via son représentant au Mozambique Victor Lledó, a fait le briefing suivant:
A cesta básica tenta atender a linha do sistema de protecção social básica, mas ao nosso ver e de vários parceiros ainda carece de refinamento e quiçá repensar a sua estrutura básica, dado alguns factores que podem comprometer a sua implementação e seus objectivos
Le Professeur Manuel de Araújo, qui ne croit pas aux subventions pour alléger les augmentations du coût de la vie, en appelle au besoin d’une profonde réflexion sur l’impact de leur adoption.
Não quero aqui dizer que todo e qualquer subsidio e mau e que portanto não deve ser equacionado! Quero apenas chamar a atenção sobre as implicações e quiçá as distorções que os subsidios podem trazer a economia se não forem adequadamente equacionados!
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