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Mexique : Réactions après les élections de l'état de Mexico

Les habitants de l'état mexicain de Mexico se sont rendus aux urnes le 03 juillet 2011 pour élire leur prochain Gouverneur, qui succédera à Enrique Peña. Selon les premières informations officielles [en espagnol], le vainqueur a été Eruviel Ávila [en espagnol], du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), et la coalition « Unis pour toi », qui a obtenu 62,54 % des voix.

Comme nous l'avions anticipé dans un précédent billet [en espagnol], les opinions exprimées dans les médias citoyens sur ce sujet sont variées et énergiques.  Le jour du vote, par exemple, le blogueur, universitaire et analyste John M. Ackerman [en espagnol] avertissait que l'élection serait marquée par l'abstention, tout en donnant son avis sur la publication de sondages (discutables selon lui) indiquant que Ávila était favori :

En el Estado de México, la campaña de Eruviel Ávila apuesta precisamente a la abstención. Por ejemplo, la reiterada divulgación de encuestas que supuestamente reflejan un margen de victoria de más de 30 puntos porcentuales de Ávila sobre Alejandro Encinas y Luis Felipe Bravo Mena tiene precisamente el fin de desalentar la participación al convencer al ciudadano de que el resultado ya estaría determinado y que no importa si vota o no. El candidato del Partido Revolucionario Institucional (PRI) sabe muy bien que cuando se eleva la tasa de participación es mucho más difícil “dirigir” los resultados por medio del voto corporativo, el acarreo y la compra y coacción.

Dans l'État de Mexico, la campagne de Eruviel Ávila parie précisément sur l'abstention. Par exemple, la publication réitérée de sondages qui soi-disant indiqueraient une victoire avec une marge de plus de 30 points de Ávila sur Alejandro Encinas et Luis Felipe Bravo Mena a précisément pour but de décourager la participation en convainquant le citoyen que le résultat serait déjà joué et que d'aller voter ou pas n'a pas d'importance. Le candidat du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) sait très bien que lorsque le taux de participation augmente, il est beaucoup plus difficile d'« orienter » les résultats au moyen du vote corporatif, du ramassage et du transport d'électeurs, de l'achat de voix et de pressions.

Eruviel Ávila, le nouveau Gouverneur de l'État de Mexico. 03 juillet 2011. Photo de l'utilisateur de Flickr Eruviel Ávila (CC BY-NC-SA 2.0)

Alberto Aguirre M. [en espagnol], pour le blog Revoluciones México, donne également son avis au sujet de l'abstention, et explique ce qu'ont été selon lui les raisons du succès du PRI :

Paradojas del regreso del viejo PRI: ¿cómo explicar que en una jornada electoral pasada por agua y con baja participación -sólo cuatro de cada 10 ciudadanos del Estado de México inscritos en el padrón de votantes- Eruviel Ávila haya conseguido 2.4 millones de votos? En territorio mexiquense, el padrón crece año con año, pero la ciudadanía se aleja cada vez más de las urnas. Habrá quienes atribuyan a la buena reputación del priísta Enrique Peña Nieto, al innegable acuerdo popular con su desempeño como gobernante, esta victoria calificada como histórica. Otros pensarán que la centena de alcaldes se plegaron al proyecto 2012 y acataron las instrucciones del secretario general de gobierno, Luis Miranda, de cumplir con las metas del plan electoral que desplegó el PRI mexiquense, bajo la conducción del diputado federal Luis Videgaray. Pero las proyecciones de quienes idearon el programa de “redes humanas” era conseguir 3.4 millones de votos…

Paradoxes du retour du vieux PRI : comment expliquer qu'à l'occasion d'une journée d'élection pluvieuse et avec une faible participation – seulement quatre citoyens sur dix inscrits sur la liste électorale de l'État de Mexico – Eruviel Ávila ait obtenu 2,4 millions de votes ? Sur le territoire de l'état de Mexico, la liste électorale s'allonge année après année, mais les citoyens s'éloignent toujours plus des urnes. Il y en aura qui attribueront à la bonne réputation du PRIiste Enrique Peña Nieto, à l'indéniable approbation populaire de son travail de gouverneur, cette victoire qualifiée d'historique. D'autres penseront que la centaine de maires s'est pliée au projet 2012 et a observé les instructions du secrétaire général du gouvernement [de l'état de Mexico], Luis Miranda, de respecter les objectifs du plan électoral mis au point par le PRI de l'état de Mexico, sous la conduite du député fédéral Luis Videgaray. Mais les projections de ceux qui ont conçu le programme de « réseaux humains » était d'obtenir 3,4 millions de votes…

Cependant à la différence d'Ackerman, ce blogueur ne remet pas en cause la véracité des sondages, et ne qualifie pas les tendances qu'ils indiquent de « supposées » :

Es pertinente indicar que también ganaron los encuestadores, porque recuperan la capacidad para prever escenarios. Y quedan exhibidos los candidatos y los dirigentes políticos que los descalificaban.

Il convient de reconnaître que les sondeurs ont également gagné, parce qu'ils ont recouvré la capacité de prévoir les événements. Et les candidats et dirigeants politiques qui les disqualifiaient se retrouvent exposés.

Malgré l'abstentionnisme, quelques utilisateurs prolixes de réseaux sociaux, comme le juriste Miguel Carbonell (@MiguelCarbonell) ont encouragé à aller voter [en espagnol] :

La participación ciudadana es la columna vertebral de toda democracia. Tenemos un compromiso con México, que nos necesita como nunca.

La participation citoyenne est la colonne vertébrale de toute démocratie. Nous avons un engagement envers le Mexique, qui a plus que jamais besoin de nous.

Dans le même esprit, le Dr. Carbonell ajoutait [en espagnol] :

Ninguna democracia puede sobrevivir sin participación democrática. Votar es un derecho y una obligación cívica.

Aucune démocratie ne peut survivre sans participation démocratique. Voter est un droit et une obligation civique.

Dans un  autre ordre d'idées, pour El Ciudadano X, auteur du blog México en Descomposición [en espagnol], le résultat n'a pas été surprenant :

No ocurrió nada que no se esperara, el PRI con su candidato Eruviel Avila aplastó brutalmente a sus oponentes con el 64 de la preferencia electoral según encuesta de salida.

Rien d'inattendu ne s'est produit, le PRI, avec son candidat Eruviel Ávila, a brutalement écrasé ses adversaires avec 64 % des voix selon le sondage sortie des urnes.

En outre, en commentant les conséquences du résultat de cette élection, El Ciudadano X donne également son avis sur l'avenir à moyen terme du gouverneur actuel de l'état fédéré en question :

Muchas cosas se pueden deducir de estos resultados, pero definitivamente la primera de ellas, es la muestra de poder que ha dado Enrique Peña Nieto, actual Gobernador del Estado de México y quien se perfila como el candidato del PRI a la presidencia de la república, tras estos resultados, no queda duda que es quien ocupará esa posición y que no hay nadie capaz de hacerle sombra, empezando por Manlio Fabio Beltrones.

On peut conclure beaucoup de choses de ces résultats, mais la conclusion assurément la plus importante, c'est la démonstration de son pouvoir qu'a faite Enrique Peña Nieto, l'actuel Gouverneur de l'État de Mexico, qui se profile comme le candidat du PRI à la présidence de la république ; après ces résultats, il ne fait aucun doute qu'il est celui qui occupera ce poste et qu'il n'y a personne qui puisse lui faire de l'ombre, à commencer par Manlio Fabio Beltrones.

Un des candidats qui ne sont pas arrivés en tête a utilisé les réseaux sociaux pour envoyer son message après l'élection. Luis Felipe Bravo (@LF_BravoMena) du Parti Action Nationale disqualifie [en espagnol] le processus électoral, loin de reconnaître la défaite :

Fuimos testigos de un proceso claramente inéquitativo. Que refleja la amenaza presente del autoritarismo en el EDOMEX.

Nous avons été les témoins d'un processus clairement inéquitable. Qui reflète la menace présente de l'autoritarisme dans l'État de Mexico.

Le chroniqueur Leo Zuckerman (@leozuckermann) remarque [en espagnol], à propos des candidats qui disqualifient les processus électoraux lorqu'ils ne gagnent pas :

Me chocan los malos perdedores: “Si ganan, bien. Si pierden, cochinero” en http://t.co/q49od3t. Saludos.

Les mauvais perdants me choquent : « S'ils gagnent, tout va bien. S'ils perdent, magouille » sur http://t.co/q49od3t [en espagnol]. Salut.

Bien qu'il ait ensuite clarifié [en espagnol] sa déclaration :

Yo no digo q la elección en Edomex haya sido limpia. Simplemente: los q dicen q hubo “cochinero” q lo prueben. Y vayan a los tribunales. (sic)

Je ne dis pas que l'élection dans l'État de Mexico a été propre. Simplement : ceux qui disent qu'il y a eu « magouille » qu'ils le prouvent. Et qu'ils aillent devant les tribunaux.

De son côté, Corajecivil, pour le blog Mexicanos al Grito [en espagnol], souligne la crise de crédibilité que traverse le système politique mexicain :

La realidad es muy diferente, sin embargo… no se habla de un partido fuerte que recupera el espacio perdido. Se habla de la total falta de credibilidad en el marco político, ya no se habla de PAN, PRI, PRD, etc. Se habla de la clase política como aquélla que no encuentra soluciones ni respuestas para las problemáticas políticas, sociales y económicas del país.

Un país que se encuentra en guerra no únicamente por los errores de la derecha panista, sino también por la omisión del PRI y del PRD por defender los derechos de una sociedad civil indefensa.

La réalité est très différente, toutefois… On ne parle pas d'un parti fort qui récupère l'espace perdu. On parle du manque total de crédibilité dans le domaine politique, on ne parle plus du PAN, du PRI, du PRD, etc. On parle de la classe politique comme de celle qui ne trouve pas de solutions ni de réponses aux problèmes politiques, sociaux et économiques du pays.

Un pays qui se trouve en guerre pas seulement à cause des erreurs de la droite du PAN, mais aussi de l'oubli de la part du PRI et du PRD de défendre les droits d'une société civile sans défense.

C'est de cette façon, en s'exprimant dans le pluralisme, que la blogosphère mexicaine réagit à l'élection locale de l'État de Mexico, tandis que les réseaux sociaux servent de lieu de débat non seulement au grand public, mais aussi aux acteurs de l'Histoire récente, dans le cas présent aux universitaires et aux candidats eux-mêmes.

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