Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Arménie : Les minorités sexuelles se heurtent encore à des discriminations

(Billet d'origine publié le 26 juin 2011)

D’après les résultats d’une récente étude révolutionnaire du Conseil de l’Europe (CoE) relative à la situation de ses pays membres, les lesbiennes, homosexuels, bisexuels, et transsexuels doivent toujours faire face à des discriminations en Arménie et dans une grande partie du Caucase du Sud. En plus d’être le dernier Etat membre à décriminaliser l’homosexualité masculine, l’Arménie – qui a rejoint le CoE en 2001 – ne reconnaît ni le mariage ou l’union civile entre personnes du même sexe, ni l’adoption par des parents appartenant à une communauté sexuelle minoritaire rapporte le blog Unzipped: Gay Armenia. [en anglais comme tous les liens de ce billet].

Dans certains Etats membres, le fait d’être homosexuel(le) est considéré comme une « trahison » des valeurs et de l’unité nationales. Ce type d’arguments peut s’expliquer par une définition de la nation ou de l’état comme garant de l’homogénéité de la nation. Un représentant des autorités expliquait, par exemple, qu’en Arménie l’homosexualité est souvent considérée comme déloyale envers les valeurs traditionnelles du peuple arménien.

Les pays voisins de l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie n’obtiennent pas, eux non plus, de meilleurs résultats selon le rapport du CoE. Lorsqu’il s’agit d’avoir des voisins homosexuels, si l’on en croit deux enquêtes dont la méthodologie n’a pas été révélée, la Turquie et l’Arménie répondent à l’unisson à 87 % des personnes interrogées qu’ils n’en veulent pas. En Géorgie le chiffre est de 84 %. Coup de projecteur sur un incident datant de 2009 au sujet des droits des minorités sexuelles en Azerbaïdjan :

Au cours de l’année 2009, en Azerbaïdjan, la police a procédé à des descentes dans des bars fréquentés par les minorités sexuelles et a arrêté près de 50 personnes. La police aurait mis en cellule les protagonistes et les aurait menacés de révéler publiquement leur orientation sexuelle s’ils ne payaient pas un pot de vin. Un documentaire dans lequel plusieurs personnes témoignent de leur expérience malheureuse montre également ces épisodes de chantage.

Même si l’Arménie n’a pas à s’enorgueillir de sa dernière place dans le tableau de la dépénalisation de l’homosexualité masculine, il y a toutefois un espoir dans l’avancée des droits des autres minorités sexuelles selon Unzipped :

Soyons les premiers parmi les pays de l’ère post-soviétique à mettre en œuvre des changements législatifs et sociaux en faveur de l’égalité et des droits de l’homme pour tous. Illusoire ? Peut-être. Mais personne ne peut me priver de mes rêves. Surtout lorsqu’ils sont réalisables.

Au début de juin, Public In Need of Information and Knowledge (PINK) a signé un mémorandum historique sur la protection des droits des minorités sexuelles avec le médiateur des droits de l’homme en Arménie, rapporte l'ONG sur son blog. Tandis qu’Istanbul célèbre sa 19ème semaine des fiertés, avec notamment un défilé très attendu, le blog Le Retour in 3 Parts préconise la raison pour laquelle Erevan a besoin d’une manifestation similaire :

A Erevan, j’ai rencontré des gens hétéros fréquentant les homos, qui étaient tolérants (autant que je déteste ce mot), qui défendaient des droits équivalents pour tous. Ces personnes se battraient contre l’injustice sous toutes ses formes et si quelqu’un essayait de s’en prendre physiquement à une autre personne à cause de son homosexualité, en l’espace d’une seconde ils se lèveraient en masse afin de la défendre.
Mais trop souvent je trouve que cette “tolérance” a une limite, une frontière qui ne peut pas être dépassée. Parfois cette limite traite d’homos élevant ou adoptant des gamins, parfois de mariage homosexuel ou parfois juste simplement de faire son coming-out. Et il y a alors une disparité lorsque des hommes et des femmes (et ne parlons même pas de la disparité entre le moment de l’acceptation de la préférence sexuelle et celui de l’acceptation de l’identité sexuelle) : trop souvent à Erevan (et ailleurs aussi j’en suis convaincu) je rencontre des types qui me disent franchement qu’ils n’ont aucun problème avec les lesbiennes mais le fait de penser à deux hommes ayant une relation sexuelle est dégoûtant (զզվելի) et contraire à la nature (բնական չի).
[…]
Pour en revenir au titre de ce billet, les raisons pour lesquelles Erevan a besoin d’une marche des fiertés : même les gens bien intentionnés, tolérants, même les défenseurs et activistes des droits de l’homme, même ceux qui seront à nos côtés et qui seront nos alliés et nos défenseurs — même ces groupes de personne ne réalisent pas ce que signifie être un homo et vivre dans cette société, pourquoi nous avons besoin d’être un espace de revendication et pourquoi même si un homme est tolérant, au fond de lui il pense qu’être homosexuel est contraire à la nature, que les homos ne devraient pas élever d'enfants, que nous ne devrions pas nous marier ou aller à l’église, et que tout serait réellement bien mieux si nous n’existions pas en compliquant son monde.

47 Etats sont membres du Conseil de l'Europe et tous sont signataires de la Convention Européenne sur les Droits de l’Homme, un traité international élaboré en 1950 auquel lequel tous les Etats membres sont parties.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français

Non merci, je veux accéder au site