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Venezuela : 200 ans d'indépendance

Le  Venezuela s'est associé durant la semaine du 5 juillet à la célébration du bicentenaire de l'indépendance d'avec l'Espagne et à la profonde réflexion qui a eu lieu dans la majorité des pays d'Amérique latine. L'histoire du pays, dont le récit démarre à l'arrivée des conquistadors espagnols est de nouveau remise en question deux cent ans après avec l'apparition de l'idée de nation issue de la révolution française et de l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique du Nord.

Sur Internet, nombreux sont ceux qui y ont participé, ont fait part de leurs félicitations, ont publié des lignes exprimant leur joie et ont diffusé des vidéos des danses, des défilés et des concerts prises par les médias traditionnels. Cependant, les opinions politiques continuent d'être partagées et beaucoup de blogueurs ont saisi l'occasion du bicentenaire pour partager des réflexions sur l'histoire et l'identité.

Beaucoup se réjouissent de fêter 200 ans d'histoire nationale dans ce processus de changements et de remises en question soutenues par les initiatives du gouvernement d'Hugo Chávez. Toutefois, d'autres, dans le même temps, déplorent que les antécédents historiques, encore opaques et peu explorés, perdurent dans la vie sociale et politique en des circonstances qui ne manquent pas d'être très difficiles pour le pays tout entier.

Dans l'article relatif à l'Histoire du Venezuela sur Wikipedia, il est possible d'en savoir plus sur le contexte.

Défilé du bicentenaire à Caracas, le 3 juillet 2011. Photo Camilo Delgado Castilla, copyright Demotix.

Dans son billet intitulé “El Bicentenario impropio” (Le bicentenaire inapproprié) [en espagnol, comme les liens suivants], Corvo Mecanique mène une réflexion et retrace les significations historiques que revêt le 5 juillet. Il indique qu'à cette date, a été prononcée une déclaration d'indépendance, expression d'”une volonté d'indépendance” qui doit être profondément analysée, loin des consignes nationalistes irrationnelles :

La independencia de Venezuela, el comienzo del nacimiento de este país, fue un parto apresurado. Si se quiere, fue el primer gran movimiento esnobista de las élites de esta región. Ser una colonia era algo ya, en los 1800, demodé para las finas pretensiones y gustos románticos de las clases educadas (…) Pero así sucedieron las cosas, Venezuela se cortó el cordón umbilical. Nació a pesar de una gestación impropia, nació de las palabras, de los impulsos franceses, de las constituciones estadounidenses, de la ambición de un hijo de españoles, de la indiferencia indígena (…)La historia se encargaría de hacérnoslo cobrar…

L'indépendance du Venezuela qui marque la naissance de ce pays s'est avérée être un accouchement opéré à la hâte. Si vous voulez, ce fut le premier grand mouvement de snobisme des élites de cette région. Etre une colonie était déjà quelque chose de démodé dans les années 1800 pour les prétentions raffinées et les goûts romantiques des classes éduquées. (…) Mais les choses se sont passées ainsi, le Venezuela a coupé le cordon ombilical. Il est né  malgré une gestation inadéquate, il est né des mots, des élans français, des constitutions des Etats-Unis, de l'ambition d'un descendant d'Espagnols, de l'indifférence autochtone (…) L'histoire allait se charger de nous le faire payer…

Le texte se poursuit :

¿Qué es ser venezolano? He allí la pregunta más grande, la más difícil, la más importante ante este bicentenario. (…) Todavía somos un amasijo en plena formación, falta mucho para responder. Somos una suerte de Roma caída, que busca nuevos senderos y organizaciones culturales. Sin embargo, la claridad es menester cuando se describe lo que no somos. No podemos hallar identidad nacional en lo sincrético; no podemos enorgullecernos de ser una mezcla de razas y credos, por ejemplo. Tampoco podemos hallar identidad en lo que no hemos elegido, pues ni las “mujeres bellas”, ni los parajes hermosos, ni nuestros recursos naturales son un constructo de un esfuerzo nacional.

Qu'est-ce qu'être Vénézuélien? C'est là la plus grande, la plus difficile, la plus importante question face à ce bicentenaire. (…) Nous sommes encore un agrégat en pleine formation, il m'est difficile d'y répondre. Nous ressemblons à Rome qui a connu la chute, qui cherche de nouveaux sentiers et des organisations culturelles. Cependant, la clarté est nécessaire lorsque l'on décrit ce que nous sommes. Nous ne pouvons trouver d'identité nationale dans le syncrétisme ; nous ne pouvons nous enorgueillir d'être un mélange de races et de croyances, par exemple. Nous ne pouvons trouver non plus d'identité en ce que nous n'avons pas choisi car ni les “belles femmes”, ni les beaux oiseaux ni nos ressources naturelles ne sont la résultante d'un effort national.

JDR dans son bog, El Discurso del Oeste (le discours de l'Occident), montre les désastres qu'a engendré la guerre d'Indépendance, ses causes et les aspects dont on discute très peu :

Así, poco después del 5 de julio de 1811 asistimos al conocido holocausto en el cual dos porciones del mismo pueblo se despedazaron mutuamente defendiendo u hostilizando en contra de ideas, propuestas o nociones de las cuales no sabía un carajo: ni los “realistas” pobres habían visto nunca a ningún maldito rey y por lo tanto no tenían que profesarle ningún afecto, ni los “patriotas” pobres sabían qué cosa era eso de “patria”, “nación” ni “república”, como no fuera algo que le interesaba mucho al patrón y por lo tanto había que defenderlo o salir a buscarlo.

Pero los próceres de la independencia nunca serán llamados realistas; sólo los pobres insurrectos, los pobres manipulados, los pobres en rebelión, hemos merecido desde siempre las peores acusaciones e insultos. Historia patria no es historia del pueblo: esta es oscura y narrada en voz baja; la otra es celebrada y glorificada con pompa y escándalo.

Ainsi, peu après le 5 juillet 1811, nous  assistons à l'holocauste bien connu lors duquel deux parties du même peuple se sont  entredéchirées pour défendre ou combattre des idées, des propositions ou des notions dont on ne savait rien: ni les pauvres “réalistes”n'avaient jamais vu un quelconque maudit roi et c'est pourquoi ils ne devaient pas lui vouer de quelconque affection, ni les pauvres “patriotes” ne savaient ce qu'étaient la “patrie”, “la nation” ou “la république”, vu que ce n'était pas quelque chose qui intéressait beaucoup leur maître et c'est pourquoi il fallait les défendre ou se mettre à leur recherche.

Mais les héros de l'indépendance ne seront jamais appelés des réalistes; seuls nous les pauvres insurgés, les pauvres manipulés, les pauvres rebelles, avons mérité depuis toujours les pires accusations et insultes. L'histoire de la patrie n'est pas l'histoire du peuple: celle-ci est obscure et contée à voix basse; l'autre est célébrée et glorifiée avec pompe et tapage.

Dans les blogs Venezuela en el Ojo del Huracán (Le Venezuela dans l'oeil de l'ouragan) et Se Habla Venezolano (On parle vénézuelien), on discute de la confusion survenue après le diagnostic de cancer du Président Hugo Chávez et ce, après des semaines de silence tout autant que de cette vision entre la célébration du bicentenaire de l'Indépendance et les problèmes auxquels le pays fait face. Les deux blogueurs discutent de la dépendance idéologique du Venezuela vis-à-vis de Cuba et de la célébration d'une indépendance qui s'avère douteuse :

Para nosotros los ciudadanos venezolanos no hubo ni el más mínimo gesto de respeto por parte ni del Presidente, ni de las autoridades a quienes les compete informar al pueblo venezolano, cual era el estado de salud que lo mantenía silencioso y gobernando desde Cuba, situación que se mantiene después de casi tres semanas fuera del país.

Pour nous, citoyens vénézueliens, il n'y a pas eu le plus minime geste de respect que ce soit de la part du Président ou des autorités qui se devaient d'informer le peuple vénézuelien de son état de santé , lequel le contraignait à garder le silence et à gouverner le pays depuis Cuba, une situation qui durait depuis près de trois semaines qu'il avait quitté le Venezuela.

¿Qué independencia de qué están celebrando los Chavistas? ¿La subordinación a Cuba? ¿El desembarco de funcionarios militares cubanos por Puerto Cabello antes de ayer? . ¿La violación de las instituciones Venezolanas con la contratación de cubanos para los puestos claves?

Quelle indépendance les Chavistes sont-ils en train de célébrer? Célèbrent-ils la subordination à Cuba ? Le débarquement de fonctionnaires militaires cubains à Puerto Cabello avant-hier ? La violation des institutions vénézueliennes avec l'embauche de Cubains à des postes clés ?

Pour sa part, Gabriel García, dans son blog Si no Estoy ahí es que no Fui indique avec quelque peu d'humour ce qui lui a paru important dans cette célébration, ce qui n'a pas exclu par ailleurs quelques idées mordantes :

Todo esto pasó en el Paseo Los Próceres (el Sam Bodromo venezolano) parecía carnaval con carrosas,corografias,papelillo y vendedores de cotufas por todos lados (pero quede mal! no dio tiempo para la samba y las garotas D:).Describieron todo lo que tenían los jugueticos (nada mas le falto decir que tipo de gasolina utilizan los tanques u.u), les soy sicero!? creo que estaban haciendo una exhibición para vender esos juegues (…)

Tout ce qui s'est passé sur l'Avenue des Héros (le sambodrome vénézuelien) [note de la traductrice: lieu destiné au défilé de samba] ressemblait à un carnaval avec des carrosses, des chorégraphies, des confettis et des vendeurs de pop-corm (mais je n'en suis pas revenu! Pas le temps pour la samba ni les danseuses! D:). Ils ont décrit toutes les joujoux (il ne manquait plus qu'ils nous disent quel type de carburant les tanks utilisent u.u), honnêtement !? Je croyais qu'ils étaient en train de faire une exposition pour les vendre  (…)

Pour répondre à de nombreuses critiques, Carlos Sánchez a souligné les points qui ont fait de ce 5 juillet une fête significative et une raison de s'unir pour les Vénézueliens :

Aunque algunos venezolanos se sintieron excluidos de las celebraciones del Bicentenario de Venezuela hay que evaluar el porque quizás los prejuicios hicieron que ellos mismos se auto- excluyeran de las actividades.

El gobierno venezolano desarrolló desde el 2010 distintas actividades que con estrategias comunicacionales crearon expectativas en la población venezolana que celebraron hoy el dia de la Indenpendencia de Venezuela.

Leyendo en las redes sociales, algunos solo criticaron las actividades realizadas para el Bicentenario porque quizás se sentían excluidos o simplemente por ser “opositores” al gobierno actual y quizás sintieron que tenían que contrariar las celebraciones, pero esto a quien beneficia?

Sin duda alguna que a nadie beneficia, porque quizás se crean mayores resentimientos en los venezolanos; serian estrategias comunicacionales mal enfocadas que solo presentaban las celebraciones a un sector de la población que apoya al gobierno?

Bien que quelques Vénézueliens se soient sentis exclus des célébrations du bicentenaire du Venezuela, il faut peut-être évaluer la raison pour laquelle  ils se sont par eux-mêmes exclus des festivités en raison de leurs préjugés.

Le gouvernement vénézuelien a développé depuis 2010 diverses animations, lesquelles par le biais de stratégies de communication, ont créé des attentes chez les Vénézueliens qui ont célébré le jour de l'Indépendance du Venezuela.

De ma lecture sur les réseaux sociaux, j'ai eu le sentiment que certains ont seulement critiqué les festivités organisées pour le Bicentenaire parce qu'ils se sont peut-être sentis exclus ou tout simplement pour “s'opposer” au gouvernement actuel ou peut-être encore parce qu'ils ont ressenti le besoin d'entraver les célébrations, mais à qui cela bénéficie-t-il?

Sans aucun doute, cela ne bénéficie à personne, parce qu'il se peut qu'on crée de plus grands ressentiments chez les Vénézueliens ; cela viendrait-il de stratégies de communications incorrectes qui n'auraient présenté les célébrations qu'à une fraction de  population partisane du gouvernement ?

De manière générale, le temps du bicentenaire est conçu comme un temps de bilans. Il faut analyser le passé  pour connaître les événements depuis 1811 et pour comprendre ce qui s'est passé à partir de la naissance de la république.

Finalement, il est un aspect de la discussion qui attire l'attention : ainsi qu'en témoignent les twits, les vidéos partagées et diffusées sur internet et les commentaires généraux, c'est  la participation des orchestres de jeunes qui a été l'élément qui a le plus ému et réconcilié  les diverses opinions. Si quelque chose est parvenu à demeurer clair dans ce contexte de contradictions et de confusions liées à l'identité, cela a été la force et le sens que portaient en elles toutes ces autres expressions de la vie sociale et culturelle du Venezuela.

Vous pouvez voir une bonne  partie du concert via ce lien.

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