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Bahreïn : Liliane Khalil, une nouvelle imposture ou une opération de propagande ?

[Liens en anglais] Le 2 août 2011, le blogueur et doctorant britannique Marc Owen Jones (@marcowenjones) a relaté dans un billet son enquête sur l'identité de la (supposée) journaliste arabo-américaine Liliane Khalil (@Liliane_Khalil).

Marc Owen Jones a suivi toutes les traces de sa présence sur les réseaux sociaux et a découvert  qu'elle avait inventé de toutes pièces les événements auxquels elle prétend avoir participé, les interviews qu'elle dit avoir réalisées et les personnes qu'elle dit avoir rencontrées. Elle prétendait aussi avoir travaillé pour la chaine CNN à Atlanta et comme journaliste pour le journal turc Sabah, qui a démenti et dit ne pas la connaitre.  Trois articles qu'elle disait avoir écrits pour Sabah étaient en fait deux articles de l'agence Reuters, qu'elle avait recopiés.

Avatar de Liliane Khalil sur son compte Twitter

Marc Owen Jones a également tenté d'analyser la relation entre Liliane Khalil et le gouvernement de Bahreïn, d'autant plus qu'elle était supposée avoir été la correspondante aux États-Unis du journal Bahrain Independent (une publication proche du pouvoir et qui a mystérieusement disparu).

En ligne, Liliane Khalil a soutenu tous les soulèvements dans les pays arabes mais pas  celui du printemps dernier à Bahreïn, derrière lesquels elle voyait la main de l'Iran. Si bien que les lecteurs ont commencé à se demander s'il s'agissait d'un agent du gouvernement de Bahreïn ou d'une nouvelle imposture concoctée en Occident, comme  ce fut le cas pour le blog  A Gay Girl in Damascus [en français] dont l'auteur s'est révélé être un professeur américain d'une quarantaine d'années.

Pour l'instant, Liliane Khalil n'a pas répondu de manière circonstanciée aux allégations de Marc Owen Jones mais a promis sur Twitter, le 5 août, de le faire bientôt.

@Liliane_Khalil : Je crois comprendre que les “découvertes” de Jones à mon sujet intéressent un certain nombre de gens. Je me ferai un plaisir de répondre à ses questions.

Qui se cache derrière Liliane Khalil ?

Le blogueur de Bahreïn Mohamed Al Maskati (@emoodz) fait partie de ceux qui estiment que le cas Liliane Khalil pourrait illustrer la manière dont le régime de Bahreïn se sert des médias pour protéger son image. Parlant du gouvernement de Bahreïn, il écrit :

@emoodz : Je peux comprendre qu'on puisse déformer des faits. Je peux admettre qu'on invente des informations. Mais créer de toutes pièces des personnes pour défendre le gouvernement, c'est placer la barre particulièrement bas.

La journaliste égyptienne Mona Eltahawy (@monaeltahawy) a également réagi aux révélations sur la possible imposture Liliane Khalil en déclarant :

@monaeltahawy : J'étais stupéfaite et en colère quand Liliane Khalil s'en est prise violemment à @NABEELRAJAB. Et maintenant, il semble qu'elle n'existe pas ?

Bikya Masr, un site d'informations basé en Egypte, a également commenté le cas Khalil puisqu'elle y avait publié des articles. Joseph Mayton a publié un billet intitulé “Ce que nous savons de Liliane Khalil”. Il déclare qu'ils ont commencé à avoir des soupçons sur Liliane Khalil quand son compte sur la plateforme de blogs Tumblr a été fermé, même si elle disait avoir été victime d'un piratage, et quand ils n'ont pas reçu les interviews du candidat à la présidentielle égyptienne Mohammed El Baradei [en français], entre autres personnalités, que Liliane Khalil leur avait promises. Joseph Mayton termine son billet par ces mots :

De toute évidence, Liliane Khalil s'est servi de beaucoup de gens et d'organisations au cours de ces dernières années, et cette façon de faire passer son message est particulière triste et amorale.

Plus tard, Mayton (@jmayton) a publié ce message sur Twitter :

@jmayton : Maintenant, Lililane Khalil (qui qu'elle soit) menace de me faire un procès à cause de cet article : http://t.co/eS6eA1O

Le directeur du magazine en ligne Foreign Policy, Blake Houndshell (@blakehounshell), s'est quant à lui moqué de la capacité de Liliane Khalil à parler arabe :

@blakehounshell : Si cette Liliane Khalil est arabophone, alors je suis la reine de Saba http://t.co/GfWyOxz

Le journaliste du Guardian, Brian Whitaker, évoque également le cas Liliane Khalil sur son blog, Al-Bab :

Elle est supposée faire des reportages depuis plus de dix ans mais il existe peu d'informations la concernant sur Internet (et encore moins maintenant puisque certaines d'entre elles viennent d'être effacées), et on trouve peu de traces d'articles publiés par elle.

Chan'ad (@chanadbh), un blogueur réputé qui traite souvent de l'actualité de Bahreïn, a publié plusieurs tweets évoquant l'affaire Khalil. Dans l'un d'entre eux, il s'interrogeait :

@chanadbh : Je suis surpris par le nombre de gens qui semblent choqués que #LilianeKhalil soit une imposture. Personne n'utilise Google ?

Jillian C. York (@jilliancyork), activiste américaine, auteur pour Global Voices, a aussi commenté avec ironie l'imposture Liliane Khalil :

@jilliancyork : Comme ça, nous voilà avec un nouveau cas d'imposture en la personne de #lilianekhalil. Je présume qu'il est temps que je vous révèle que je suis un chat âgé de 6 ans qui erre dans les rues de Marrakech.

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