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L'accord d'échange de réfugiés entre la Malaisie et l'Australie sur la sellette

[Liens en anglais] L'accord d'échange de réfugiés entre la Malaisie et l'Australie signé le 25 juillet 2011 vient d'être suspendu par la Haute Cour d'Australie après avoir été sous un feu roulant de critiques. Aux termes de l'accord, les 800 prochains réfugiés à arriver en Australie devaient être envoyés en Malaisie, et en retour l'Australie en admettrait 4.000 provenant de Malaisie dans les quatre années à venir. La Cour a fixé au 22 août une audience de contestation juridique de l'échange.

Aliran, une ONG malaisienne, écrit sur son blog :

La Malaisie ne garantit pas la protection des droits humains, ni à propres ressortissants, ni aux demandeurs d'asile en règle, pas plus qu'aux réfugiés ou migrants quels qu'ils soient dans ce pays, comme l'ont révélé les récents événements… Aliran est consternée que les exigences les plus élémentaires de la protection des réfugiés, et en particulier les droits humains fondamentaux de tous les réfugiés, ne figurent pas dans l'accord d'échange demandeurs d'asile contre réfugiés entre l'Australie et la Malaisie signé le 25 juillet 2011 – malgré le fait que la Malaisie n'est pas partie à la Convention sur les Réfugiés de 1951.

La femme politique d'opposition Teresa Kok a elle aussi critiqué l'accord, et a été citée par Malaysia Today (un portail d'information en ligne malaisien) disant que “la contrepartie financière (320 millions de dollars US) inclue dans l'accord est déplacée”.

Jay Fletcher, qui écrit sur Green Left, commente :

L'accord entre l'Australie et la Malaisie d’ “échange” de réfugiés, signé à Kuala Lumpur le 25 juillet, va plus loin dans la persécution des gens qui ont fui la guerre et la terreur et ont un droit international à chercher asile en Australie.

Le gouvernement australien a déclaré que le plan visait à attaquer le “business model des passeurs”. Mais ce n'est en réalité rien d'autre qu'un accord de trafic d'êtres humains au prix fort entre deux gouvernements dont la discrimination est notoire contre les réfugiés.

Try Me-lah a écrit sur LoyarBurok :

C'est précisément à cause de la peur nourrie dans leurs pays d'origine que les réfugiés cherchent abri ailleurs, et, en retour, les pays qu'ils fuient sont supposés respecter le traitement défini dans la Convention. Par conséquent, la protection et l'éducation pour les réfugiés, en particulier les enfants, restent un élément important de la Convention et c'est sous ces aspects que nous pouvons échouer au test selon les critères des Nations Unies puisque nous n'avons toujours pas ratifié la Convention. De même, l'Australie paraît se dérober à sa charge plutôt que la partager. Cela donne au reste du monde l'impression que ni l'Australie ni la Malaisie n'ont signé cet accord pour le bien-être de ces personnes, mais que cela touche quelque chose de plus large : le rang économique et politique.

Les droits humains semblent être l'aspect qui fait l'objet du plus de pression. Sur The Conversation, Gregore Lopez a écrit :

Les préoccupations exprimées par les mouvements internationaux de défense des droits de l'homme sont justifiées. L'histoire des droits humains en Malaisie est tout simplement atroce, en dépit du fait que la Malaisie est une économie au revenu de classe moyenne avec l'ambition de devenir d'ici 2020 une économie à haut revenu.

La question a cependant été laissée sous le boisseau en Malaisie- les médias généraux n'ont pas publié d'articles sur le sujet, qui n'apparaît que rarement aussi sur les médias internet. Quant aux médias sociaux, l'affaire ne semble pas non plus avoir retenu l'attention des Malaisiens.

The Sydney Morning Herald rapporte :

Après une audience par moments hargneuse à Canberra, le juge Ken Hayne a déclaré que les projets du gouvernement d'envoyer tous les boat-people en Malaisie soulevaient des “questions sérieuses” qui doivent être examinées en formation plénière par les juges de la cour sous quinzaine. Une contestation frontale se monte contre le projet malaisien. Seize demandeurs d'asile sur l'île Christmas, représentés par les avocats David Manne et Debbie Mortimer, SC [NdT : Senior Counsel, des avocats de rang supérieur, spécialisés dans les affaires difficiles], veulent défendre devant la Haute Cour en formation plénière que la protection qui leur est due  – et requise en vertu du Migration Act australien – ne serait pas disponible en Malaisie.

L'image de la vignette provient de la page twitpic de @presstvmobile. Photo de réfugiés manifestant contre l'expulsion en Malaisie.

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