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Mexique: dans les pas de Javier Sicilia

Ce billet fait partie de notre dossier central en anglais sur la Guerre contre la drogue au Mexique.

Le militant Javier Sicilia, leader du Mouvement pour la paix dans la justice et la dignité [en espagnol, comme tous les liens de ce billet sauf mention contraire] continue ses actions, au travers de débats avec des membres de l’exécutif et des parlementaires, mais aussi en manifestant de manière pacifique.

Ses initiatives ont suscité, comme prévu, des réactions variées sur Internet.

Manuel Robles, qui écrit pour le blog Experto de la Nada (l'Expert En Néant), analyse les réactions de ceux qui ont déploré la rencontre entre le président Felipe Calderón et Sicilia, le 23 juin, affichant leur dégoût et leur déception.

Me imagino que quienes critican el rumbo que ha tomado el Movimiento esperaban un asalto al Castillo de Chapultepec, con un Sicilia empuñando un libro de versos y una plumilla entre los dientes al grito de “¡Que no quede uno vivo!” lidereando con su embestida el apaciguamiento de la ira popular degollando funcionarios federales. De otra manera no me explico la decepción que les causó un acto cívico.

Je crois que ceux qui critiquent la tournure prise par le Mouvement s'imaginaient un assaut sur le palais Chapultepec, à la tête duquel Sicilia agitant un recueil de poèmes et la plume en bouche, crierait “Pas de prisonniers !”, chargeant tout en décapitant des fonctionnaires fédéraux, afin d'apaiser l'ire populaire. A part cela je ne vois pas comment expliquer qu'un geste de civisme puisse susciter la déception.
Talks between the President and the Movement. Image by Flickr user Gobierno Federal (CC BY-NC-SA 2.0).

Pourparlers entre le Président et le Mouvement. Image du Gobierno Federal (CC BY-NC-SA 2.0) sur Flickr.

En sus, Robles dévoile son opinion sur la rencontre:

No soy historiador, más bien soy un Experto de Nada, pero me parece que el intercambio que tuvo verificativo entre representantes de la sociedad civil sin partido político y sin bandera electoral, con el titular del Poder Ejecutivo y miembros de su gabinete en un acto público no tiene precedentes en el país, sobre todo en su carácter de denuncia de viva voz, en donde cupieron las réplicas a los funcionarios públicos. Tal vez me equivoque, ya habrá quien me enmiende la plana, pero no me cabe la menor duda de que ha sido un evento histórico.

Je ne suis pas un historien, juste un Expert En Néant, mais il me semble que l'on a assisté à un échange entre des représentants de la société civile, sans l’intermédiaire d'un parti ou d'une alliance électorale d'un côté ; et le détenteur du pouvoir exécutif et des membres de son cabinet, de l'autre, avec une mise en scène jamais vue et surtout avec une dénonciation de vive voix, où des personnalités politiques publiques ont été mises devant le fait accompli. Je me trompe peut-être, je vois que déjà certains veulent me remettre à ma place, mais je n'ai aucun doute qu'il s'agissait d'un événement historique.

Quelques semaines après avoir rencontré le Président, Sicilia accompagné d'autres membres du Mouvement ont débattu avec des dépositaires du pouvoir législatif. La discussion a porté entre autres sujets sur une “réforme constitutionnelle” que discute aussi la “chambre basse”. A ce propos, le blogueur et analyste John Ackerman a qualifié la position de Sicilia d'orgueilleuse, caractéristique d'une manifestation de mépris total de Sicilia pour le système démocratique.

Javier Sicilia y el pequeño grupo de jóvenes que el miércoles pasado asistió a la Comisión Permanente pecan de soberbia: “No venimos a pedirles, sino a exigirles que aprueben la reforma política. Si tienen que convocar a un periodo extraordinario o trabajar horas extras es su problema: la aprueban, es un mandato ciudadano… Apruébenla como se las mandó el Senado”. Los manifestantes demuestran un preocupante desconocimiento de los procesos democráticos al erigirse en representantes de un inexistente mandato ciudadano y exigir que en lugar de discutir las reformas los diputados se comporten como meros levantadedos.

Javier Sicilia et son petit groupe de jeunes, qui sont allés devant la Commission Permanente mercredi dernier sont coupables du péché d'orgueil. “Nous ne venons pas demander mais exiger qu'ils approuvent la réforme constitutionnelle. S'ils doivent pour cela convoquer des sessions extraordinaires, c'est leur problème : faire passer la réforme est un devoir civique pour eux. Qu'ils l'approuvent comme ils l'ont ordonné au Sénat.” Les protestataires ont tenté de manière inquiétante de faire dévier le processus démocratique en s'érigeant les représentants d'un fallacieux “sens du devoir civique” pour exiger qu'au lieu que les députés discutent les réformes, ils se conduisent comme de simples portes-plumes.

Cette “réforme constitutionnelle” n'est pas la seule composante de l'agenda législatif défendu par le Mouvement de Sicilia. Les discussions sur une modification de la Loi sur la Sécurité Nationale (rapportées par Global Voices [en anglais]) ont suscité des réactions de Sicilia, exposées par Jenaro Villamil :

El tiempo del cachondeo y los testimonios ha terminado. Ahora inicia la verdadera negociación entre el movimiento ciudadano encabezado por Javier Sicilia y los legisladores en torno a una de las leyes más polémicas: la Ley de Seguridad Nacional. Invisibles, pero presentes, también están en el proceso los representantes de las Fuerzas Armadas (Ejército y Marina), los asesores de Calderón en su “guerra” y el silencio que pesa de 50 mil muertos en una estrategia polémica.

Las palabras fueron duras por parte de Javier Sicilia: “traidores”, “nos han dado la espalda”, “no se puede negociar con quienes no hablan con la verdad”. Estas fueron las frases más difundidas por los medios y que cayeron como bomba después que los integrantes de la Comisión de Gobernación, presidida por el diputado panista Javier Corral, aprobaron en lo general una minuta proveniente del Senado, que fue discutida durante meses y “congelada” en la Cámara de Diputados.

Le temps des plaisanteries et des témoignages est terminé. C'est maintenant que commencent les véritables négociations entre le mouvement citoyen avec à sa tête Javier Sicilia et le législateur ; sur une des lois les plus controversées: la Loi sur la Sécurité Nationale. Des représentants des forces armées (l'Armée de terre et la Marine), sont invisibles mais présents, avec les consultants de Calderon dans sa “guerre” et le poids des 50 000 personnes mortes dans une lutte controversée.

Les mots de Javier Sicilia ont été durs: “traîtres”, “ils nous ont tourné le dos”, “nous ne pouvons pas négocier avec des gens qui ne disent pas la vérité”. Ce sont ces mots qui ont principalement été repris par les médias et qui ont explosé comme des bombes après que les membres de la Commission Gouvernementale avec à sa tête le Paniste (membre du PAN) et représentant du gouvernement Javier Corral, eurent approuvé le projet de loi en provenance du Sénat -débattu pendant des mois puis “gelé” à la Chambre des Représentants.

Javier Sicilia, photo Pepe Rivera on Flickr (CC BY-NC-SA 2.0)

La manifestation la plus récente promue par le Mouvement pour la Paix dans la Justice et la Dignité a été la marche du 14 août 2011. A cette occasion, le portail Pateando Piedras (“Pierres de Gué”) a souligné que le Mouvement semble affaibli et a posé la question de savoir si Sicilia sera entendu :

No fueron muchos, apenas unos centenares, pero esta vez frente al senado Javier Sicilia recapituló el infierno y la gloria del Movimiento por la Paz con Justicia y Diginidad y puso en el centro del debate la cuestión del debate legislativo sobre la Ley de Seguridad Nacional, prueba de fuego para su agrupación cívica. En resumen, habrá diálogo si la voluntad de trabajar sin albazos ni trampas se concreta y se escuchan otras propuestas para una Ley de Seguridad Ciudadana y Humana.

El reto está planteado, el movimiento debilitado en las calles y la gran capacidad de interlocución de Javier Sicilia con los poderes del estado ha sido convertida en un reto de claridad y juego limpio por el propio poeta doliente.

Son, pues, horas de definición.

¿Le harán caso esta vez o se concretará el albazo?

Ils n'étaient pas beaucoup, quelques centaines, mais cette fois-ci Javier Sicilia a rallumé la flamme et la gloire du Mouvement pour la paix dans la justice et la dignité, et a mis l'accent sur la Loi sur la Sécurité Nationale en débat, un sujet brûlant pour son mouvement civique. Finalement, on négociera s'il y a vraiment volonté d'aller au delà de modifications à la marge, sans tromperie, et si les autres propositions concernant une Loi Citoyenne pour la Sécurité sont entendues.

Le pari a été tenu, le mouvement s'est dispersé dans les rues, et la combinaison entre la compétence et le charisme de Javier Sicilia et le pouvoir de l'Etat ont été décrits par le poète triste en personne comme une opportunité de clarté et d'équité.

On se situe donc, par conséquent, à un moment crucial.

Tiendront-ils leurs promesses ou bien passeront-ils outre?

Dans la même veine, le  blogueur Sopitas donne quelques informations sur la prochaine initiative du mouvement :

Esta marcha fue particularmente triste, no sólo por los testimonios de las víctimas, sino también porque esta manifestación tuvo una cantidad muy reducida de asistentes. Quizá no apoyen a Javier Sicilia o cualquiera de los movimientos contra la militarización, corrupción o violencia, pero es importante que la gente sepa y esté conciente (sic) de lo que está sucediendo en el país, principalmente que dejemos de ser una sociedad indiferente a la situación en la que vivimos.

La marcha concluyó con una invitación a toda la gente para que asistan a la Caravana del Sur, la cual partirá la segunda semana de septiembre y llegará hasta Guatemala, con el objetivo de recopilar las historias y consolar a todas las víctimas del sur de nuestro país y nuestros vecinos centroamericanos.

Cette marche était particulièrement triste, pas à cause des témoignages des victimes, mais du fait du nombre si réduit de participants. Peut-être que les gens ne soutiennent pas Javier Sicilia ou n'importe quel autre mouvement contre un gouvernement militaire, la corruption ou la violence, mais il est important qu'ils sachent ou qu'ils soient conscients [sic] de ce qu'il se passe dans le pays, à savoir que nous avons cessé d'être indifférents à la situation dans laquelle nous vivons.

La marche s'est achevée par une invitation à venir participer à la Caravana del Sur (la Caravane du Sud), qui à partir de la deuxième semaine de septembre ira jusqu'au Guatemala dans le but de collecter les histoires de victimes et d'offrir du réconfort aux habitants du sud du pays et aux voisins centraméricains.

Les activités de l'ex-poète et journaliste Javier Sicilia et de l'organisation qu'il dirige sont commentées et suivies sur Internet par les analystes et les blogueurs. Les réactions suscitées sont contrastées mais leur dénominateur commun est l'espoir que la situation au Mexique change pour le bien de tous.

Ce billet fait partie de notre dossier central en anglais sur la Guerre contre la drogue au Mexique.

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